Aucune acceptation de la carte biométrique ne sera faite par le Kolektif 17 Mars. Pour montrer son refus d’utiliser cette carte, son combat continuera l’année prochaine à travers plusieurs rencontres. Selon les statistiques de la Mauritius National Identity Card (MNIC), plus d’un million de Mauriciens ont déjà pris possession de leur carte biométrique.

« Nous continuons de maintenir notre position à ce jour. Alors qu’il existe des failles dans notre système d’administration et notre secteur de la technologie encore inefficient, on se demande si la carte biométrique est fiable », avance Jeff Lingaya, membre du Kolektif 17 Mars au Mauricien. Selon lui, les récents cas de falsification de carte biométrique donnent raison au collectif d’avoir alerté la population sur la possibilité d’usurpation d’identité. Avec l’entrée des lecteurs de carte pour bientôt, Jeff Lingaya ne cache pas sa crainte sur la probabilité de “hacking” qui pourra se produire par des personnes malintentionnées.

Pour lui, si cela s’avère, la population s’expose à de graves dangers. De plus, les entreprises privées qui pourront utiliser des SAM Cards pour vérifier les empreintes digitales font encore tiquer le collectif. « Pourrons-nous faire confiance aux gens qui auront accès à nos empreintes ? Et si cette personne a de mauvaises intentions ? » se demande-t-il. Pour Jeff Lingaya, une fois que les Mauriciens intègrent la culture de présentation de leur carte biométrique pour une quelconque démarche, ils s’exposent à des risques d’usurpation d’identité.

Pour l’activiste, il est temps d’offrir la possibilité à ceux qui ne détiennent pas de carte biométrique de présenter des documents qui puissent prouver leur identité même si cela prend du temps. Jeff Lingaya regrette que certaines personnes ne détenant pas la carte biométrique « puissent être pénalisées » lors de leurs démarches à l’avenir. « Pourquoi ne pas utiliser le passeport comme une option  ? Il est vrai qu’il faut un système rigoureux pour connaître l’identité de la personne mais nous sommes contre la prise des empreintes », martèle-t-il.

Le Kolektif 17 Mars ne compte pas baisser les bras malgré le Data Protection Bill présenté à l’Assemblée nationale ce mois-ci. « Nous donnerons l’occasion au public de venir exprimer son refus de la nouvelle carte. Nous invitons également ceux ayant déjà leur carte mais qui le regrettent aujourd’hui », dit-il, estimant que la population devra prendre ses responsabilités si elle refuse de se mobiliser. Par ailleurs, parmi les points de combat figure un jugement étoffé des juges de la Cour suprême de l’Inde sur la carte biométrique “Aadhaar” en août dernier où ils avaient stipulé que les Indiens « ont un droit fondamental à la vie privée ».