CASSAM UTEEM: « La passation de pouvoir d’un père à son fils n’est digne que d’un régime dynastique »

Ancien président de la République, parlementaire, Lord-Maire et conseiller municipal, Cassam Uteem a dirigé un certain nombre de missions d’observation dans le cadre des élections à l’étranger. En 2014, il avait été nommé United Nations Secretary-General’s Special Envoy et Head of the United Nations Electoral Observation Mission au Burundi. En cette fin d’année, celui qui a jusqu’ici été le président ayant servi le plus longtemps le pays, soit de 1992 à 2002, a accepté de nous livrer son point de vue sur l’actualité politique et sociale. Interrogé quant au prochain départ de SAJ, il estime que « la passation de pouvoir d’un père à son fils n’est digne que d’un régime dynastique ». D’où, selon lui, la nécessité pour Pravind Jugnauth, une fois qu’il accédera au poste de Premier ministre, d’annoncer la date des élections générales. « Une fois réélu et la majorité obtenue, il aura sa légitimité de chef du gouvernement », dit-il. 
Vous avez rejoint le MMM en 1976 jusqu’à en devenir le Deputy Leader. Vous avez été Lord-Maire en 1986, conseiller à la mairie de Port-Louis et député durant 16 ans avant de devenir président de la République en 1992. Et, surtout, vous avez été le président ayant exercé le plus longtemps à Maurice. Quel regard portez-vous sur toutes ces années que vous avez vécues en tant que politicien ?
Commençons par le commencement si vous le voulez bien ! La politique s’est imposée à moi comme une suite logique, un prolongement de mon engagement au sein des organisations de jeunesse du début des années 60’. J’avais très tôt réalisé – bien avant la naissance en 1969 du MMM – que pour changer le statu quo et avoir une certaine emprise sur le devenir du pays et de la société, il fallait absolument passer par la politique. C’était en même temps, n’oublions pas, la période exaltante où le vent de la liberté qui soufflait sur l’ensemble du continent africain avait atteint nos rives, mettant aux prises les pros et les anti-indépendantistes dans une lutte fratricide sous les regards amusés de la puissance coloniale, qui avait hâte de se débarrasser de Maurice, après lui avoir soutiré l’archipel des Chagos. Mon choix politique m’amena à agir à l’ombre des pères de l’indépendance, dont je garde, non sans fierté, de précieux souvenirs. Et le 12 mars 1968 fut pour moi comme pour tant d’autres jeunes d’alors notre moment de gloire.
Mes autres années d’engagement politique, tant au niveau municipal que national, furent celles durant lesquelles, fidèles à la philosophie humaniste et à l’idéologie socialiste dite libertaire du MMM originel, nous entreprenions, avec courage et animé par un certain idéalisme d’une part, à gérer les affaires de la cité de manière différente, avec rigueur et dans le consensus et le dialogue avec toutes les parties concernées. Et d’autre part, à construire une société plus juste qui reposerait sur le respect des droits et de la dignité de l’homme, la méritocratie, la justice sociale et l’anti-communautarisme. Malgré quelques avancées importantes dans certains domaines, je ne puis prétendre que nous avons réussi dans cette noble entreprise qui fut la nôtre. Le pragmatisme et le réalisme eurent vite le dessus sur notre idéalisme « juvénile ».
Puis vint 1992 et l’accession du pays au statut de République. J’ai eu la chance et le bonheur, en tant que président de la République, d’occuper les hautes charges de l’État pendant une dizaine d’années. En même temps, ce qui est de mon point de vue bien plus important, je me suis attelé à poser les jalons pour une République qui répondrait mieux aux attentes et aux besoins de l’ensemble du peuple mauricien : une République de proximité, au-dessus de la mêlée et des clivages, qui rassemble et rassure; une République apaisée pour un peuple paisible.

Comment compareriez-vous les années où vous étiez politiquement actif et le monde politique actuel ?
Autrefois, et disons-le globalement, on faisait de la politique d’abord pour servir le pays et on se joignait au parti politique qui répondait le mieux à ses penchants et aspirations, et dont on épousait l’idéologie. L’argent jouait en ce temps-là un rôle marginal. Aujourd’hui, l’idéologie a une bien moindre importance et l’argent est roi, il est omniprésent. Pour participer à une élection avec l’espoir de se faire élire, il vous faut être millionnaire ou appartenir à un parti politique riche pouvant financer ou subventionner votre élection. Les agents politiques d’autrefois ou les militants, qui se portaient volontaires et se dévouaient de manière totalement désintéressée, sont devenus pour la plupart des « roder bout » et ne parlent que de fric, tandis que les candidats aux élections, eux, sont des vaches à lait ! Je dois ajouter que les politiciens eux-mêmes sont responsables de cette dérive. D’autre part, le flou idéologique caractérise nos partis politiques d’aujourd’hui. Il n’y a plus, comme autrefois, des lignes de démarcation nettes et claires entre les partis politiques. La droite, le centre ou la gauche se sont tous confondus et on ne sait plus qui est progressiste et qui est réactionnaire !
             
Vous parlez de manque d’idéologie de nos jours au sein des partis politiques. Votre fils est député. Lui prodiguez-vous parfois des conseils ?
Vous savez, auparavant, la voix des aînés était écoutée. Aujourd’hui, elle l’est moins. Je ne veux pas attribuer cela uniquement à mon fils. Mais nous avons assez souvent l’occasion de discuter de la chose politique. C’est ce que j’explique quand on me parle de dynastie. Ma réponse est celle-ci : dans la maison d’un politicien, la question tourne toujours autour de la politique et les enfants qui grandissent dans ce milieu s’intéressent automatiquement et se joignent à la politique, comme le fils d’un médecin choisirait la médecine comme profession… Il ne faut donc pas faire de cette question de dynastie une question nécessairement condamnable.
Cela dit, mon fils sait comme moi qu’aujourd’hui, l’idéologie n’a pas cette importance qu’elle avait autrefois. Lorsqu’il est entré en politique, il l’a fait dans une situation assez particulière, au lendemain de la mort de mon fils aîné, qui était impliqué dans la politique. Les partisans de celui-ci sont venus voir mon second fils pour lui demander de prendre la place de son frère. Il n’était pas particulièrement intéressé, ni moi d’ailleurs, parce qu’il avait ses priorités professionnelles. Mais la pression était très forte… Je lui ai donné deux conseils : je lui ai dit d’abord : « Si tu aimes la politique, il faut que tu aimes le peuple. Si tu n’as pas ce feu sacré, ne t’y joins pas. » Ensuite je lui ai dit : « Va demander la permission à ta femme. » Je dois dire qu’il ne se débrouille pas très mal… Il aime bien son rôle de parlementaire et il l’assume pleinement.

Et vous, à l’époque où vous aviez décidé de vous engager en politique, votre épouse avait-elle approuvé votre décision ?
Elle prenait en charge les enfants. Elle était la « ministre de l’intérieur »… Elle a sacrifié sa carrière professionnelle. Elle avait fait ses études d’éducatrice préscolaire à Paris et s’apprêtait à ouvrir son école lorsque j’ai été élu en 1976. Les enfants étaient encore en bas âge. Elle a décidé de ne pas aller de l’avant et de s’occuper des enfants. J'en profite aujourd’hui pour la remercier.

Que vous inspire l’actualité politique avec un remaniement ministériel à prévoir bientôt et un nouveau Premier ministre « in waiting », qui sera désigné sans passer par des élections ?
La cassure des alliances ou des coalitions des partis au pouvoir est monnaie courante chez nous. Même dans l’opposition il y a maintenant cassures et scissions. Donc, rien de surprenant qu’un partenaire, hier au pouvoir, se trouve aujourd’hui chef de l’opposition. C’est du archi-vu, comme dirait l’autre. Un remaniement ministériel s’impose donc. Nous ne pouvons qu’espérer que la chasse aux transfuges, qui déshonore la classe politique, n’ait pas lieu. Quant au Premier ministre « in waiting », je souhaite ardemment qu’il prenne les rênes du pays car tout le monde réalise que sir Anerood Jugnauth, qui n’est plus que l’ombre de lui-même, pour des raisons naturelles évidentes, n’arrive pas à contrôler ses troupes et, pourrait-on ajouter… vogue la galère. Qu’il se drape du manteau de « mentor minister » ou qu’il se retire, après avoir bien servi le pays, et laisse la place à Pravind Jugnauth pour constituer une nouvelle équipe dirigeante qui ferait montre de plus de cohésion, de discipline et d’efficience, et moins d’improvisation, afin de redonner confiance au monde des affaires et attirer les investisseurs étrangers !
La Constitution prévoit une telle éventualité. La Constitution prévoit que c’est le chef du parti qui contrôle la majorité qui serait appelé par la présidente de la République pour constituer un nouveau gouvernement. Il n’y a donc rien d’illégal à ce que Pravind Jugnauth devienne Premier ministre. Mais le fait demeure que c’est le fils du père. Et donc, non seulement pour Maurice, mais pour la communauté internationale, ce serait une passation de pouvoir d’un père à son fils… Et ce ne serait pas bon pour l’image de notre pays, ce serait une image de dynastie. Or, la dynastie démocratique n’existe pas. Ce que je suggère, pour que notre pays retrouve notre image de marque, c'est que Pravind Jugnauth, dès son accession à la primature, annonce la date des élections générales dans un délai raisonnable de six mois à un an, évitant ainsi de ternir l’image du pays. Une fois réélu et la majorité obtenue, il aura alors sa légitimité de chef du gouvernement.

C’est ce que vous auriez fait si vous étiez à la place de sir Anerood Jugnauth et que votre fils occupait celle de Pravind Jugnauth ?
Je l’aurais fait ! Si je n’arrivais plus à m’occuper convenablement de ma position de Premier ministre, je me retirerais. J’aurais conseillé à mon fils de le faire.

Y a-t-il des valeurs dans le monde politique que vous ne retrouvez plus aujourd’hui ?
Il faut se rappeler que le monde politique, ici comme partout ailleurs, n’est pas exempt d’intrigues, de chantages et de complots, souvent de trahisons. On brûle aujourd’hui ce qu’on adorait hier. Le peuple, lui non plus, n’a pas beaucoup changé. Déjà, Shakespeare disait du peuple qu’il était « fickle-minded », inconstant. Il l’est toujours ! Cela dit, on constate la disparition graduelle des valeurs « positives », qui caractérisaient le monde politique d’antan, notamment le service désintéressé, le devoir d’exemplarité des parlementaires, le respect de l’adversaire et des institutions, la morale publique...

En février 2002, vous vous résigniez en tant que président de la République parce que vous refusiez à consentir à un projet de loi sur l’antiterrorisme. Vous vous disiez alors d’avis que ce projet de loi constituerait une menace aux droits humains et à la liberté de l’individu. Le Parlement vient de voter un amendement à la PoTA et un amendement constitutionnel pour affermir la lutte contre le terrorisme. Le Premier ministre a justifié les amendements à ces deux textes de loi par le fait que 15 ans après la présentation du texte de loi initial, « the face of terrorism is evolving rapidly ». Qu’en pensez-vous ?
La POTA, votée à la va-vite en 2002, à l’instigation d’une puissance étrangère, est une loi scélérate en plus d’être antidémocratique, et donc anticonstitutionnelle. Des amendements pour durcir cette loi sont très mal venus et contribuent à semer la discorde dans un pays comme le nôtre. On ne consolide pas l’antidémocratique ! Le terrorisme a certes pris de l’ampleur dans le monde et nous devons le dénoncer sans cesse et le combattre par les moyens qui ne mettent pas en péril nos systèmes de valeurs. Il faut aussi situer les responsabilités dans cette recrudescence d’actes terroristes et savoir se dissocier de ceux ayant contribué à cette situation d’insécurité dans le monde entier. Le meilleur moyen de nous protéger et de protéger notre pays contre une attaque terroriste, c’est de dénoncer la présence d’une base militaire américaine sur notre territoire et de réclamer son démantèlement, au lieu de négocier pour obtenir des rentes. Dissocions-nous de toutes formes de terrorisme, y compris le terrorisme d’État.

L’ancien No 2 du gouvernement a sacrifié son poste, préférant ne pas souscrire au Prosecution Commission Bill qui, pour certains, constitue une menace à la séparation des pouvoirs. D’autres sont d’avis que le gouvernement cherche à tout prix à saboter les pouvoirs du DPP. Que pensez-vous de la démarche de XLD et d’une Prosecution Commission ?
La démarche de XLD est tout à son honneur. Par sa démission et son refus de donner son aval à l’institution d’une Prosecution Commission, il vient donner raison à tous ceux qui exprimaient des réserves sur cette commission, qui aurait pu être utilisée par le pouvoir pour mettre le DPP au pas. Le DPP doit certes, dans bien des cas, pour ne pas dire dans tous les cas majeurs, motiver ses décisions. Mais maintenant qu’elles sont sujettes aux « judicial reviews », je ne vois pas la pertinence d’une commission extrajudiciaire pour le faire. D’autre part, les raisons de l’application de la rétroactivité de ce projet de loi pour une période de 36 mois n’ont pas été expliquées ni comprises par l’ensemble de la population. Pour emprunter l’expression utilisée par le Premier ministre récemment, il y a anguille sous roche.
 
Vous avez été très engagé au niveau de l’ATD Quart-Monde, un mouvement de lutte contre la misère. Quel constat dressez-vous concernant la pauvreté actuellement à Maurice ?
Il y a encore malheureusement à Maurice des familles –  elles sont plusieurs milliers – qui ne mangent pas à leur faim et des enfants qui vont à l’école le ventre creux. Ce qui est inacceptable pour un pays qui a quand même connu un développement économique notable. L’inégalité sociale est criante tandis que la classe moyenne se rétrécit. Le Plan Marshall ainsi que l’initiative d’instaurer une allocation pour les familles dont les revenus ne dépassent pas un seuil minimal viendront sans doute alléger le fardeau fiscal de ces familles, qui vivent la grande pauvreté. Mais elles sont beaucoup plus nombreuses celles qui vivotent et réussissent à peine à joindre les deux bouts, vivant dans des conditions d’insalubrité déplorables, surtout dans les faubourgs des villes et dans des villages côtiers. Leur situation précaire est révoltante.
                                   
Que faudrait-il de plus pour mieux réussir dans le combat contre la pauvreté ?
Il faut d’abord faire prendre conscience à ceux concernés, notamment aux autorités politiques du pays, que le combat contre la pauvreté est un combat pour le respect des droits et de la dignité de l’homme. Il ne s’agit pas de charité. On pourrait à la rigueur faire appel au sens de la solidarité. Tout gouvernement doit, en priorité, œuvrer afin que le droit au travail, à une rémunération adéquate et à un logement décent devienne une réalité pour tous. Une politique sociale qui ne laisse personne de côté doit être de rigueur. Il faut améliorer les services de santé publique pour que l’on soit tous égaux face à la maladie, et réformer le système d’éducation pour le rendre davantage inclusif. L’échec scolaire perpétue le cycle de pauvreté et jette sur le pavé des enfants qui deviennent des proies faciles des trafiquants et se retrouvent souvent pris dans l’enfer de la drogue, avec les conséquences que nous savons, avant même de sortir de l’adolescence. Pour réussir les programmes de lutte contre la pauvreté, il faut impérativement impliquer ceux qui sont directement concernés, c’est-à-dire les pauvres eux-mêmes, dans leur conception et leur exécution. Ils peuvent être pauvres mais ils sont loin d’être des imbéciles et attendent d’être traités avec respect et dignité comme vous et moi.

Vous vous êtes aussi beaucoup engagé au niveau de la lutte contre la drogue. Ce fléau connaît aujourd’hui de l’ampleur avec les trafiquants opérant par voie maritime…
J’avais fait du combat contre le fléau de la drogue un de mes chevaux de bataille lorsque j’étais politiquement actif, car j’ai vu et vécu la détresse des familles des toxicomanes et la déchéance graduelle et souvent irréversible de nombreux amis pris dans l’engrenage de la drogue. Les trafiquants d’alors, comme ceux d’aujourd’hui, ont toujours trouvé les astuces pour se soustraire des mains de la justice et d’être en avance sur la force publique. Ils utilisent les moyens les plus sophistiqués pour déjouer la surveillance de nos plus fins limiers, sans compter leur capacité de corrompre les officiers les plus… incorruptibles. À part le cannabis ou la toute récente drogue synthétique « fait maison », les drogues sont toutes importées par voie aérienne ou maritime. Mais pendant qu’on est aux aguets à l’aéroport et au port, l’entrée de la drogue par voie maritime se fait tout simplement le long de nos côtes, non-surveillées et donc poreuses. Il fallait y penser bien avant ! Les autorités réalisent sans doute aujourd’hui l’ampleur qu’a prise ce trafic par voie maritime et agissent en conséquence, du moins je l’espère, en attendant le rapport de la commission sur la drogue présidée par le juge Lam Shang Leen.

Où se trouvent nos points de faiblesse en termes de lutte contre la drogue ?
Une vraie politique de lutte contre la drogue doit nécessairement comprendre ces trois aspects que sont la prévention, la réhabilitation et la répression. La prévention, c’est d’abord la sensibilisation aux méfaits de la drogue dès l’enfance, à l’école maternelle et au primaire, et à travers des programmes télévisuels ciblant en particulier les jeunes. Il nous faut également une politique de loisirs et de sport qui encourage nos jeunes à la participation et, avec la réforme de l’éducation en cours, dorénavant plus inclusive, espérons-le, créer un intérêt soutenu pour des activités extrascolaires et éviter l’oisiveté, mère de tous les vices, en éliminant du même coup le phénomène « d’enfants de rue ».
Nous avons des « unsung heroes » qui travaillent bénévolement pour la réhabilitation des victimes de la drogue. Ces travailleurs sociaux se démènent comme de beaux diables, souvent avec les moyens du bord, pour aider les toxicomanes à sortir et à se maintenir hors de l’enfer de la drogue et accompagner leurs familles, qui elles aussi vivent cet enfer. Les centres de réhabilitation et leur personnel, qui sont des médecins sociaux, demandent à être mieux considérés et traités. Sans eux, la société deviendrait invivable. J'en profite pour lancer un appel pressant aux autorités pour que ces Ong, qui font de la réhabilitation, reçoivent les moyens nécessaires afin de mener à bien leurs actions auprès des toxicomanes et leurs familles.
Quant à la répression, il y a lieu de renforcer davantage les lois contre les trafiquants de drogue et pour faciliter la saisie de leurs biens mal acquis. Un ministre de l’Intérieur à plein-temps aiderait sans nul doute à mieux traquer ces marchands de la mort, dont l’activité risque de décimer nos jeunes ou les rendre impotents.

Que vous inspire le sort des Chagossiens qui ont récemment vu leurs droits de retour refusés par les Anglais ?
« Might is still right ! Double standard ! Hypocrisy ! » Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire ces pseudo-défenseurs des droits humains, ces donneurs de leçons qui, eux, bafouent, sans vergogne et avec impunité, les droits fondamentaux d’un peuple déraciné et exilé de force : son droit de retour. Ce n’est plus seulement les Chagossiens qui les clament, mais l’ensemble de la population mauricienne, devant l’arrogance affichée par ceux coupables du morcellement de notre territoire et qui refusent péremptoirement de reconnaître notre souveraineté sur l’archipel des Chagos, qu’ils ont détaché au moment de notre indépendance. Si sir Anerood Jugnauth ne s’était pas laissé berner à New York par un Boris Johnson encore plus perfide que les autres, la Cour internationale de Justice aurait déjà été saisie de l’affaire Chagos. Mais il n’est jamais trop tard pour faire valoir ses droits légitimes !

Que faites-vous de votre temps libre aujourd’hui ?
Je n’en ai pas beaucoup vous savez. Je suis membre de plusieurs organisations internationales et je participe souvent à des conférences et des réunions qui demandent une certaine préparation et beaucoup de lectures et de réflexions. Je voyage beaucoup. Au niveau local, je siège au conseil d’administration de quelques fondations et Ong. Ce qui ne me laisse que peu de temps libre, que je passe avec plaisir en compagnie de mes petits-enfants, de qui j’apprends à mieux comprendre et maîtriser les réseaux sociaux et à découvrir leur monde, qui est si différent et si fascinant.

Pensez-vous faire un « come-back » politique un jour ?
Je ne suis pas cartomancien et je n’ai pas la compétence pour prédire ni prévoir l’avenir, encore moins le mien. Toutefois, à l’heure ou je vous parle, la réponse à votre question est « Non, je ne le pense pas ».