Cassiya et ses textes d'engagement social

Ce texte est une traduction de celui de Bhawna Atmaram paru, en anglais, dans la page Forum du Mauricien du 29 mai 2017.
Ce qui m’a poussé à cette traduction, avec la sympathique autorisation de Mademoiselle Atmaram, c’est le fait que dans son article elle fait très justement ressortir que Désiré François et Cassiya, ce n’est pas seulement un chanteur et des musiciens d’exception, des rythmes travaillés et de très belles mélodies. Ce qui est déjà beaucoup. Elle dit aux jeunes fans de Cassiya et rappelle à ceux d’entre les moins jeunes, qui l’auraient peut-être un peu oublié, que Cassiya c’est aussi des textes qui témoignent (et donc dénoncent) des problèmes qui affectent notre société et qui, par extension, nous affectent tous, bien que de différentes manières et plus ou moins directement. (Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de toxicomanes dans une famille que celle-ci ne serait pas concernée par ce fléau. Ce n’est pas parce que tel n’est pas directement victime de corruption qu’il ne serait pas affecté par cette « pathologie grave » de l’État-Nation dont il est, en tant que citoyen, partie constitutive).
Il y a de multiples manières de dire Merci ! Et cette modeste traduction, qui vise à rendre accessible à un plus grand nombre le bel article que leur consacre Bhawna Atmaram, est ma manière à moi de le leur dire.
Electrisant Cassiya !
C’est arrivé finalement. C’était très attendu. Je faisais partie de cette foule bourdonnante d’excitation qui attendait impatiemment le grand, l’immense show de ce groupe qui a marqué mon enfance. J’étais préparée pour une bouffée de nostalgie et d’émotions intenses. Et le concert très attendu de Désiré François et Cassiya pour marquer leurs vingt-cinq années de présence dans le paysage musical mauricien le 27 mai 2017 au Centre International Swami Vivekananda ne devait certainement pas décevoir. Ce concert à guichets fermés a été caractérisé par une explosion de purs talents et des sentiments authentiques, par une remarquable performance des artistes (chanteurs, musiciens et danseurs) et aussi par une formidable communion entre les interprètes et le public.
Durant un peu plus de trois heures, on s’est souvenu, on a chanté, on a voyagé dans différentes dimensions temporelles et spatiales et nos cœurs battaient à l’unisson pendant qu’on applaudissait et qu’on dansait.
Les fans de Cassiya ne se limitent pas à ceux qui aiment le rythme typiquement entraînant, addictif du séga mauricien. Un grand nombre de textes de leurs chansons traitent des sujets d’actualité et des problèmes qui affectent le déroulement de notre vie quotidienne. Ils nous parlent de l’importance pour nous d’interroger notre histoire et d’avoir la connaissance de nos racines.
De la pollution de nos lagons au traitement réservé aux femmes dans une société qui demeure encore patriarcale, ces chansons nous exhortent à penser à la vie, à notre identité, à notre passé, notre présent et notre avenir. Elles nous incitent à nous demander d’où et à combien nous sommes venus et vers quoi nous nous dirigeons.
J’ai assisté à l’occasion de ce concert à quelque chose de merveilleux : les fans étaient aussi bien des adultes nostalgiques que des très jeunes enfants. Un signe certain que notre séga a un avenir prometteur. Une autre note positive réside dans le fait que Maurice était présente dans toute sa splendeur dans la mesure où le séga unifie les gens et ne connaît ni frontières, ni différences, ni discriminations.
En tant que Mauriciens nous avons la chance d’être rassemblés par notre séga comme un seul peuple, une seule nation.
Certainement, c’était chargé d’émotions avec une audience captivée et en phase avec les artistes qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes. C’était un échange généreux, spontané et sentimental tant la symbiose était complète entre les artistes et le public. On pouvait pour un moment oublier ses soucis et simplement se laisser emporter par l’attrait magnétique des génies musicaux.
Les artistes invités tels que Dominique Barret et Nitish Joganah ont ajouté une dose d’électricité dans l’air ! Alain Ramanisum et Gérard Louis ont été phénoménaux aux synthétiseurs et à la guitare respectivement. Le centre de convention était rempli. On pouvait cependant ressentir la chair de poule quand les artistes sont montés sur scène, enchaînant tube après tube, nous entraînant tous dans l’euphorie.
Souhaitons-nous un « encore » de ce concert de Cassiya?  La réponse est claire, évidente.