• Elle souhaite la revalorisation du bhojpuri

Après le geet gawaï, inscrit au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, Sarita Boodhoo, présidente de la Bhojpuri Speaking Union (BSU), souhaite que le “gamaat” soit à son tour reconnu comme patrimoine intangible. Un nouveau dossier sera préparé en ce sens en collaboration avec le professeur George Okello Abungun, consultant à l’Unesco. C’était hier après-midi au centre culturel Indira Gandhi, à Phoenix, à l’occasion de la célébration du Bihar Diwas et du 50e anniversaire de l’indépendance de Maurice.

Après les écoles de geet gawaï, la première école de “gamaat” a été lancée en présence du président par intérim, Barlen Vyapoory, du ministre des Arts et de la Culture, Pradeep Roopun, du haut-commissaire de l’Inde à Maurice, Abhay Thakur, du professeur George Okello Abungun et de l’acharya Pratishtha. Sarita Boodhoo s’est élevée contre le « ghetto linguistique » et « l’exclusion » dont, dit-elle, fait l’objet le bhojpuri. « Le budget de la Bhojpuri Speaking Union n’a pas augmenté depuis ces cinq dernières années et, faute d’encouragement, l’enseignement du bhojpuri recule dans les écoles », constate avec regret Sarita Boodhoo. Elle poursuit : « On veut enterrer vivant une langue ancestrale léguée par nos ancêtres en diminuant son importance mais l’histoire retiendra que les grands leaders, comme sir Seewoosagur Ramgoolam, Abdool Razack Mohammed, Sookdeo Bissoondoyal et sir Anerood Jugnauth, ont utilisé cette langue dans leur combat pour l’indépendance du pays. L’objectif de la BSU est de fonder 50 écoles de geet gawaï et d’amener le ministère du Tourisme à organiser un International Bhojpuri Festival et, la MBC, une National Gamaat Competition chaque année. » La présidente de la BSU a rendu un vibrant hommage à Sona Noyan, le roi du “gamaat”, à Freeman Lagare, au Dr Madhukar Bhagat et à Rudraduth Pokhun « pour avoir transmis de génération en génération cette tradition orale ».

Le Bihar est devenu un État souverain après son détachement du Bengale en 1912. Barlen Vyapoory a fait ressortir que cet État indien, dont sont originaires les travailleurs engagés ayant débarqué à l’Aapravasi Ghat, est aujourd’hui « prospère ». Cet héritage, dit-il, a été préservé de même que le MGI, le RTI, le JGCIC, les centres culturels et les Speaking Unions. « Il est important de connaître ses racines afin de construire l’avenir », a-t-il déclaré.

Selon le ministre Pradeep Roopun, en 1967, « 44% de la population était contre l’indépendance ». Il poursuit : « Malgré les efforts de SSR pour les retenir afin d’assurer l’unité du pays, beaucoup ont choisi d’émigrer en Angleterre et en Australie. Ce n’est que lorsque SSR et Gaëtan Duval ont fait une alliance que l’unité est revenue. Ce concept de l’unité dans la diversité a fait notre force et a assuré le progrès du pays. La seule fois où l’unité a été menacée, c’était en 1999. Les frères Gowry, les Bhojpuri Boys, Mewasing et Freeman Lagare ont chacun contribué à leur façon à l’élan national, mais le style doit changer afin d’intégrer des sujets, comme la préservation de l’environnement et la sécurité routière. »

Des “shields” ont été remis à Bahal Gowry, l’auteur de “Lame dan Lame”, à Basant Soopaul, Dhanajee Naojee et Deochund Bissumbhur. Après le lancement de la Bhojpuri Speaking Union Gamaat Training School, le haut commissaire indien, Abhay Thakur, a fait un don d’instruments de musique et de livres sacrés, dont le Gita et le Mahabharata, au BSU. Les élèves de l’IGCIC ont présenté un spectacle de danse tandis qu’une présentation vidéo a été effectuée sur les légendes du “gamaat”, dont Sona Noyan, Rudraduth Pokhun et Jeewan Dawasing.