C’est avec une émotion à peine dissimulée dans la voix que celui qui a été le commissaire des prisons (CP) depuis décembre 2010 a tiré sa révérence ce matin. En effet, à l’issue d’une cérémonie, durant laquelle 136 officiers de la prison et membres du personnel administratif, ainsi que sept autres employés de la prison, ont été décorés, Jean Bruneau a livré un discours rempli de sentiments pour évoquer son départ à la retraite.
« Je vous supplie de rester unis après mon départ », devait déclarer le CP sortant. « Protégez la réputation que nous nous sommes bâtis ensemble et poursuivez le travail bien entamé. Vous m’avez accueilli parmi vous avec beaucoup d’amour, et nous avons fondé, tous ensemble, une grande famille. » Contenant avec peine ses sentiments, sa voix trahissant la peine de la rupture, Jean Bruneau devait lancer au personnel présent un vibrant « je vous aime » avant de clore sa dernière intervention officielle en tant que commissaire des prisons.
Jean Bruneau a commencé son discours en rappelant les circonstances qui l’ont amené à la prison : « C’était un soir de décembre 2010, une veille de Noël, comme aujourd’hui, quand des représentants des plus hautes autorités du pays sont venus frapper à ma porte, munis d’une enveloppe. J’y découvrais qu’on m’offrait de prendre la responsabilité de la prison. » De sa verve habituelle, le CP Bruneau devait poursuivre : « Je me suis demandé, pendant une minute, s’il s’agissait là d’un cadeau de Noël ou d’un cadeau empoisonné ! » Puis, explique-t-il, « fort de ma longue carrière au sein de la police, et étant de nature fonceur, je me suis dit que j’allais relever le défi ».
Jean Bruneau rappelle avoir atterri à la prison « alors que ce secteur connaissait un des pires moments de son histoire ». Il explique : « Outre d’avoir à m’occuper de plus de 3 000 “enfants terribles” du pays, ainsi que des détenus étrangers, dont des trafiquants internationaux notoires, je me retrouvais aussi avec des troupes dont le moral était au plus bas… Tout était noir : la qualité de la nourriture était pointée du doigt, les conditions d’incarcération critiquées vertement. Tout allait mal. »
Cependant, avec le soutien et l’aide de « plusieurs hommes et femmes très dédiés et dévoués, nous avons mis la main à la pâte et nous avons oeuvré à la reconstruction de l’univers carcéral ». Aujourd’hui, a aussi noté le CP Bruneau, « les services de la prison brillent au panthéon national », avant de continuer : « Nous avons eu les visites de plusieurs personnalités du pays, qui ont été très impressionnées par notre professionnalisme. Les ateliers de formation, tant pour les détenus que les officiers, donnent des résultats probants. » Le CP Bruneau conclut toutefois : « Le bon travail ne s’arrête pas là. Toute bonne chose a une fin. Le moment est venu pour moi d’interrompre, ici, mon parcours à vos côtés. Cependant, restez soudés et poursuivez le bon travail entamé. »
La cérémonie de remise de médailles aux 136 officiers et membres du personnel administratif des prisons ainsi qu’aux sept employés de la Mauritius Prisons’ Service (MPS) a démarré aux alentours de 10 h 45 avec l’arrivée du CP Jean Bruneau. Fait rarissime, et qui mérite d’être souligné : la présence, justement, de ces sept employés (3 Office Care Attendant, 1 Civilian Cook et 3 Civilian Workers) dans la liste des décorés.
La cérémonie a été ouverte par l’orchestre de la prison. Un détachement d’une vingtaine d’officiers, sous la férule du PPO Bhukhureea, devait présenter la parade tandis que ceux qui allaient être les récipiendaires des médailles étaient déjà debout, sous le soleil de plomb, ce matin dans la cour de la Prison Training School de Beau-Bassin.
Après avoir passé en revue la parade au pas avec le PPO Bhukhureea, le CP Bruneau devait allouer les médailles aux différents officiers, et ce en alternance avec certains de ses proches collaborateurs, dont les DCP Vishnu Hanumunthadu et Jaganaden Rungadoo.