CHAGOS : Condamnation ferme du processus de consultations lancé par le FCO

Le comité interparlementaire sur les Chagos présidé par le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, a condamné avec force hier le processus de consultations lancé par le Foreign and Commonwealth Office concernant les « soi-disant » consultations au sujet la « prétendue réinstallation » des Chagossiens aux Chagos.
Tenant en compte du caractère secret des travaux, aucune information n’a transpiré sur cette deuxième rencontre du comité interparlementaire à l’exception du communiqué diffusé par le bureau du Premier ministre.
Le communiqué rappelle que le comité interparlementaire a été institué à la suite du jugement du tribunal arbitral sous la Convention du Droit de la mer, qui avait décrété illégale la création de la Marine Protected Area aux Chagos le 18 mars dernier.
Le comité est composé du leader de l’opposition, Paul Bérenger, qui devait être accompagné hier par Reza Uteem et d’un représentant de chaque parti politique présent à l’Assemblée nationale.
« The Committee had an exchange of views on latest developments with regard to the Chagos Archipelago. The Committee strongly condemned and rejected the so-called consultation exercise which the Government of the United Kingdom launched on 4 August 2015 on the purported resettlement of the Chagos Archipelago », souligne le Communiqué.
Le comité a réitéré la souveraineté de Maurice sur les Chagos et rappelle que Maurice ne reconnaît pas le « soi-disant » British Indian Ocean Territory.
Les Chagos ont fait mardi dernier l’objet d’une interpellation de la députée Danielle Selvon qui voulait savoir si le comité parlementaire envisageait de rencontrer les Chagossiens vivant à Maurice ou en Grande Bretagne. Dans la réponse écrite qui a été diffusée cette semaine le Premier ministre réaffirme que l’archipel des Chagos, incluant Diego Garcia, fait partie et a toujours fait partie intégrale du territoire de Maurice et que Maurice ne reconnaît pas le BIOT. Maurice ne reconnaît pas non plus conformément au droit international aucun acte que la Grande Bretagne prétend effectuer par rapport aux Chagos. « This includes, but is not limited to, the purported feasibility study on resettlement in the Chagos Archipelago commissionned by the UK government, as well as any action taken on the basis of that purported study, including the so-called exercise which the UK government launched on 4 August 2015 », souligne le PM…
Le Premier ministre explique qu’à plusieurs occasions le gouvernement a transmis au gouvernement britannique le message que Maurice est le seul État qui a l’autorité légale pour déterminer les questions relatives aux Chagos incluant la réinstallation des Mauriciens d’origine Chagossienne. « I wish to reiterate that the government of Mauritius rejects the purported consultation exercise currently being run by the UK Government », affirme-t-il.
Sir Anerood Jugnauth précise avoir rencontré les représentants du Groupe Réfugié Chagos dirigé par Olivier Bancoult. Ce dernier l’a informé que les membres de son groupe s’opposent fortement au projet de réinstallation comme proposé par le prétendu FCO Consultation document et qu’il réaffirme son soutien à la souveraineté de Maurice sur les Chagos.
Le Premier ministre considère que les conditions des Mauriciens d’origine chagossienne dans l’éventualité où ils seraient réinstallés aux Chagos seraient une violation flagrante de leurs droits humains de base. Il a donné l’assurance que tout sera fait pour que Maurice puisse exercer sa souveraineté sur les Chagos. « Once we are able to effectively exercise our sovereignty over the Chagos Archipelago, our citizens of Chagossian origin who resettle in the Chagos Archipelago can rest assured that they will be able to live in dignity and enjoy their basic human rights as they currently do in Mauritius », souligne le PM. Il a donné l’assurance que le contact serait maintenu avec les membres de la Communauté Chagossienne.
Les Chagos ont été excisés du territoire mauricien en 1965 en violation des droits internationaux avant l’accession de l’île à l’indépendance.