CHAGOS : Significant shift in international opinion 

C’est ce qu’a plaidé Me Nigel Pleming, QC, le Legal Counsel du Groupement des réfugiés des Chagos dans l’appel en Cour suprême à Londres sur le Marine Protected Area
  • SAJ à l’Assemblée nationale, vendredi : « I once more appeal for national unity and patriotism to prevail when it comes to defend our sovereignty and territorial integrity »

Le vote du 22 juin aux Nations unies en faveur de la résolution de Maurice pour une Advisory Opinion de la Cour internationale de Justice sur les Chagos a constitué un des arguments de taille dans l’appel contre le Marine Protected Area de l’archipel. Cette affaire logée par le Groupement des réfugiés des Chagos contre le Secretary of State for Foreign and Commonwealth Affairs a été plaidée devant un Bench de sept juges de la Cour suprême de Londres au cours de la semaine écoulée. De son côté, For the Records, le Mentor Minister et chef de la délégation de Maurice à New York, sir Anerood Jugnauth, est intervenu à l’Assemblée nationale, vendredi dernier, sur le dénouement du vote du 22 juin. Il a saisi cette occasion pour lancer un appel à l’unité nationale en déclarant que « I once more appeal for national unity and patriotism to prevail when it comes to defend our sovereignty and territorial integrity », même en l’absence des députés de l’opposition qui avaient effectué un Walk-Out suite à l’expulsion de Paul Bérenger et de Rajesh Bhagwan.
Dans sa plaidoirie devant la Cour suprême de Londres, contestant le Marine Protected Area dans l’archipel excluant la base militaire de Diego Garcia, Me Nigel Pleming, QC, s’est appuyé sur le vote massif aux Nations unies en faveur de Maurice et contre la Grande-Bretagne pour soutenir que le vent a tourné sur le plan international et que Londres doit réviser sa position sur cette question. « A United Nations vote last week signalled a significant shift in international opinion on the dispute and that there was increasing pressure on the UK to allow native Chagossians to return to their homes », devait-il faire comprendre. Il devait ajouter avec force que, « the international pressure is increasing, It’s not going away ».
Cet appel, se déroulant sur deux jours contre le Marine Protected Area aux Chagos, projet de Londres, s’érigeant en obstacle insurmontable sur le chemin du Resettlement dans leur archipel natal, est perçu avec optimisme par des membres de la communauté chagossienne. Pour sa part, le Leading Counsel du Groupement des réfugiés des Chagos soutient que « there are reasonable prospects tant they will one day be resettled ». Après avoir entendu les plaidoiries des deux parties, la Cour suprême de Londres a réservé son jugement.
Dans cette contestation du Marine Protected Area aux Chagos, trois points majeurs sont en litige, à savoir « whether the Court of Appeal should have held that evidence wrongly held to be inadmissible by the Court below the ‘Wikileaks cable’ could and would have led to the conclusion that the decision of the respondent to create a marine protected area in the British Indian Ocean Territory was motivated by an improper purpose ; whether the Court of Appeal erred in finding that the Secretary of State was not personally motivated by the alleged improper purpose and relying on that fact to conclude that the decision of the court below on admissibility would have made no difference ; and whether the Court of Appeal erred in ruling that the Wikileaks cable was admissible in evidence. The Court must also determine whether the appellant has permission to adduce new evidence that was not available to the courts below in support of its grounds. »
L’étape 
des Legal Submissions
Entre-temps, Maurice s’est déjà attelé à la tâche de préparer l’étape des Legal Submissions devant la Cour internationale de Justice en vue de l’Advisory Opinion contre le démembrement du territoire mauricien avant l’indépendance du 12 mars 1968. Des consultations entre les Legal Advisers mauriciens et étrangers, dont Me Philippe Sands, QC, sont prévues pour mettre au point les détails en vue du First Call de cette instance des Nations unies.
A l’Assemblée nationale, vendredi, sir Anerood a tenu à saluer le soutien de l’Africa Group et des autres Etats-membres des Nations unies. « I would like to express the deep appreciation of the House to our African brothers and sisters who have been unflinching in their support to Mauritius in this noble and just cause », a-t-il dit en faisant état de l’engagement actif du Mouvement des Non-Alignés et de la Southern African Development Community (SADC).
Le Mentor Minister, qui a retracé les grandes lignes du dossier des Chagos au cours de ces 52 dernières années, s’est appesanti sur un point fondamental pour justifier le recours à ce vote des Nations unies du 22 juin, soit le refus de Londres de résoudre la question de la décolonisation. « Lord Ahmad of Wimbledon, Minister of State for the Commonwealth and the United Nations at the UK Foreign and Commonwealth Office, who asked to meet with me on 19 June, three days before the plenary meeting of the General Assembly, while  I was in New York, reiterated the unwillingness of the United Kingdom to discuss the completion of the decolonisation of Mauritius », a-t-il dit.
L’ancien Premier ministre s’est également empressé de souligner que « the request for an advisory opinion of the International Court of Justice does not have any bearing on or adversely affect the security interests of any State.  (…) I would also like to emphasise that the request for an advisory opinion of the International Court of Justice is in no way to be seen as unfriendly or hostile towards any country ».  Il a repris l’offre de Maurice au sujet de la base militaire de Diego Garcia. « As has been conveyed to the authorities of the United States on several occasions, Mauritius has no objection to the continued operation of the military base in Diego Garcia within an agreed time bound framework for the return of the Chagos Archipelago to the effective sovereign control of Mauritius », a-t-il poursuivi.
En rendant un vibrant hommage à la mémoire des lutteurs chagossiens de la première heure, dont Fernand Mandarin, Lisette Talate et Charlézia Alexis, sir Anerood a fait comprendre à la Chambre que « the long-standing struggle of Mauritius for the completion of its decolonisation process and the effective exercise of its sovereignty over the Chagos Archipelago and the right of Mauritian citizens, particularly those of Chagossian origin, to return to and resettle in the Chagos Archipelago are indissociable. Government remains sensitive to the plight of Mauritian citizens who were forcibly removed by the United Kingdom from the Chagos Archipelago in the wake of its unlawful excision from the territory of Mauritius and is committed to improving their well-being ».