CHAMPIONNE DU MONDE DE KITESURF : Pauline Valesa, entre ciel et mer à Rodrigues

Elle n’aurait pas rêvé mieux : s’adonner à sa passion dans des eaux considérées parmi les trois meilleurs spots mondiaux par de nombreux kitesurfeurs et découvrir une île où l’on cultive la douceur de vivre. Couronnée en 2016 Championne du Monde junior de Kitesurf Freestyle et Championne de France de Kitesurf Freestyle Senior, Pauline Valesa nous a confié son carnet de voyage à Rodrigues, grâce au photographe mauricien travaillant en France Joey Niclès Modeste. Conquise, séduite et impatiente de revenir, voilà comment Pauline Valesa résume son deuxième séjour dans l’île en tant que marraine de la 5e édition du Rodrigues International Kitesurf Festival.

Il y a une phrase que Pauline Valesa ne se lassera jamais de dire autour d’elle : “Rodrigues a quelque chose de magique que je n’arrive toujours pas à m’expliquer. Ce n’est pas une île à voir mais à vivre dès les premières secondes où l’on pose le pied à terre, et pour ma part, dans l’eau”. À quelques heures de reprendre l’avion et regagner la France où elle se prépare à remettre son titre de championne en jeu, la kitesurfeuse, jointe par téléphone, nous confiait que “j’ai eu un agréable moment mais loin d’être suffisant. C’est une bonne chose puisque cela m’obligera à revenir”.

Comme à la maison.

Pour celle qui a été choisie comme marraine de cette 5e édition du Rodrigues International Kitesurf, organisée du 28 juin au 2 juillet dernier, Rodrigues est le parfait exemple d’une île paisible, naturelle et authentique. Si la mer était son terrain de jeu favori, cette deuxième visite lui a permis d’explorer d’autres horizons en empruntant de nombreux sentiers autour de l’île pour se rapprocher des habitants. “J’ai été accueillie comme à la maison. Je dirai même plus, mieux que chez moi. La sensation d’être acceptée comme l’on est avec ses différences et de pouvoir partager un bon moment, une balade, un verre, un repas, un coucher du soleil est extrêmement gratifiante. Les Rodriguais sont généreux, aux petits soins, ils ont le sourire en continu et affichent une bonne humeur communicative et montrent des rapports humains d’une rare spontanéité”, relate la jeune Française de 19 ans, en ajoutant que Rodrigues mérite que l’on s’y attarde. “C’est une île à découvrir lentement, patiemment, au rythme de ses habitants”.

Rodrigues de long en large.

Pendant un mois, Pauline Valesa s’est baladée entre mer et terre. Après une première semaine consacrée à des séances de shooting avec son sponsor, la championne de kitesurf nous raconte les dix jours précédant la compétition, durant lesquels elle a “vraiment pu profiter de l’ambiance à la rodriguaise”. Sur les pages de son carnet de voyage figurent plusieurs activités. Parmi, une visite à l’Île aux Chats, une descente de Mourouk jusqu’à l’Île Catherine en longeant le lagon (“c’était juste merveilleux”), quelques randonnées dont l’une partant de Cotton Bay : “C’était environ trois heures de marche durant lesquelles j’ai eu l’immense plaisir de découvrir des baies et des anses. Des sites très beaux qui me marqueront à vie.” Néanmoins, elle nous confie que “je n’ai pas pu faire l’Île aux Cocos malheureusement à cause du temps inclément. Donc pour moi ça restera le truc à faire pour la prochaine fois et ça m’obligera à revenir. J’ai déjà hâte”.

Malgré un emploi du temps chargé en tant que marraine de ce grand festival international, Pauline Valesa parle de ce “petit quelque chose” qui séduit. Grâce à ce charme discret et sincère, Rodrigues lui a révélé le vrai sens du mot authenticité.

Côté terre, la kitesurfeuse retient des paysages qui semblent inachevés. Chose peu commune pour cette championne ayant beaucoup voyagé à travers le monde. Si à première vue, le paysage peut paraître rude, voir austère, Pauline Valesa a poussé sa curiosité au-delà des pâturages à la végétation broussailleuse, des collines desséchées, des maisons éparpillées et isolées, ou des côtes pierreuses. “Je conseille à tout le monde d’en faire autant car au final on se retrouve au cœur d’une île d’un autre âge, où le temps semble s’être arrêté, un havre de paix où le silence règne. J’ai débarqué en touriste, et je repars conquise”.

Un récit idéal.

Outre les incontournables piments et épices, le miel, les vanneries, chapeaux ou paniers, les valises de Pauline Valesa sont remplies, une fois de plus, de bons souvenirs de ce lieu qui, affirme-t-elle, est un paradis. Mais une interrogation demeure sans réponse : “Quelqu’un peut-il m’aider à déterminer la couleur du lagon de Rodrigues ? L’eau est-elle d’un bleu teinté de vert ou d’un vert tirant sur le bleu ?” s’interroge la Championne de Monde de Kitesurf Freestyle. Comme lors de sa première visite, ses yeux ont eu du mal à se détourner des kilomètres de lagon à la richesse exceptionnelle. “C’était une occupation aussi vaine que délicieuse que de décrypter ce camaïeu de couleurs aux mille dégradés fascinants”. C’est dans ce lagon mystérieux que Pauline Valesa et tous les autres participants ont exécuté des figures freestyle lors de ce festival International de Kitesurf. “Ce lagon est vraiment incroyable car on a quasiment pied partout. Je tiens à féliciter les Rodriguais qui savent respecter la nature. D’autres pays devraient prendre exemple sur eux. Leurs récifs sont intacts, ce qui fait de l’endroit un lieu parfait pour tous les passionnés de mer, plongeurs ou surfeurs comme moi”. En espérant y revenir bientôt, la Française conclut son entretien téléphonique avec la ferme conviction que “je n’ai aucun doute que les Rodriguais continueront de mener une existence simple en respectant leur patrimoine et leur culture. Ces gens aiment la nature et l’aspect sauvage de leur petit bout de terre”.


Le kitesurf plus que tout au monde

Rentrée en France depuis un an et demi, après cinq ans passés en Nouvelle-Calédonie, Pauline Valesa poursuit sa quête de titre dans cette discipline sportive qui “me passionne plus que tout au monde. J’adore cette sensation de glisse sur l’eau, le fait de pouvoir s’envoler et d’être libre de bouger dans le lagon. Je fais aussi du skate (carver) et de la slackline”. À propos de son parcours, la jeune femme raconte avoir commencé les compétitions à l’âge de 15 ans et prend jusqu’à présent autant de plaisir à se motiver : “J’ai appris énormément de choses. Le fait de participer aux compétitions m’a permis d’évoluer et de dépasser davantage mes limites, on prend donc beaucoup de niveau. J’ai aussi observé les autres ridersdurant mes voyages car on a tous une façon de riderqui est différente et avoir des conseils venant d’eux est toujours une bonne chose à prendre. Et je suis surtout heureuse de voir que de plus en plus de femmes se mettent au kite”. Les prochaines étapes sont de poursuivre les préparations en vue du Championnat de France au mois d’août et par la suite le tour mondial qui reprendra en septembre. Outre de vouloir renouveler son titre de Championne de France, la kitesurfeuse espère aussi décrocher un titre de Top 3 dans le circuit mondial et s’inspire beaucoup de Karoline Winkowska, une de ses sportives préférées.