Un document, récemment rendu public par le ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Gestion des catastrophes et des plages, citant le Disaster Risk Reduction and Management Centre, affirme, entre autres, que d’ici à l’horizon 2070, les impacts du changement climatique sur nos bâtiments et nos infrastructures à Maurice auront causé des dégâts estimés à environ Rs 72 milliards. Le document détaille les impacts néfastes présents et futurs du changement climatique sur notre pays.
« En tant que Petits états insulaires en développement (Small Island Developing States – SIDS), Maurice est vulnérable aux effets néfastes du changement climatique (voir encadré). Ces impacts sont déjà visibles et ceux-ci prendront de l’ampleur à l’avenir », s’alarme ce document du ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Gestion des catastrophes et des plages.
 Le document détaille les effets présents et futurs du changement climatique sur Maurice. « Selon le dernier Risk Report 2015, Maurice se classe 13e parmi les pays ayant le plus haut risque de catastrophe et elle est 7e sur la liste des pays les plus exposés aux catastrophes naturelles », peut-on y lire.
Selon le rapport, les conséquences du changement climatique sur Maurice se déclinent en termes de température, de pluviométrie, de montée des eaux de l’océan, de l’érosion côtière, d’inondations soudaines («flash floods»), d’inondations et des phénomènes climatiques extrêmes.
Entre 1961 et 1990, précise le document, la moyenne des températures a augmenté à Maurice entre 0,74°C et 1,1°C. « L’on prévoit que d’ici 2061-2070, notre pays connaîtra une hausse de température d’environ 2°C, outre l’augmentation courante de température ».
Élaborant sur la pluviométrie, le rapport indique qu’à Maurice, on en a observé depuis les années 1950 une diminution de l’ordre de 8%. «Le changement dans les précipitations a été plus prononcé. En outre, il y aura une variation dans la pluviosité sur Maurice (par exemple, pour la période mars à octobre)». Le document prévoit d’ici à 2050 une réduction de 13% supplémentaire des précipitations.
En ce qu’il s’agit de la montée du niveau de la mer, conséquence du changement climatique, le rapport se montre davantage alarmiste. « Nous observons une accélération de la montée des eaux de mer de 5,6 mm par an, ce qui dépasse de loin la moyenne mondiale de 3,3 par an ».
Autre indicateur des impacts néfastes du changement climatique chez nous : l’érosion côtière. «L’aggravation de l’érosion de nos côtes a rétréci nos plages dans certaines zones côtières par jusqu’à 20 mètres durant ces dernières décennies », peut-on y lire.
Parlant des inondations soudaines et des phénomènes climatiques extrêmes causés par le changement climatique, le document révèle que les grosses pluies qui se sont déversées sur Maurice entre le 6 et le 10 février 2016 dernier étaient un exemple d’un phénomène climatique extrême et que cela a causé de très sérieuses inondations dans plusieurs localités de Maurice. « Ces 5 jours de grosses pluies ont accumulé une pluviométrie moyenne de 187 mm sur l’île, soit 56% de la pluviométrie pour le mois de février 2016 – alors que la moyenne à long terme pour le mois de février est de 335 mm », révèle le rapport.
Le document souligne que c’est la partie nord de l’île qui a eu la plus grosse part de cette pluviométrie exceptionnelle (73%). « Cela explique les sérieuses inondations qu’ont connues localement certains endroits du Nord (NdlR : Fond du Sac, par exemple). Durant ce phénomène climatique extrême, 1 613 personnes ont été forcées de chercher abri dans les centres de refuge ».
Le document explique que cette augmentation dans la fréquence de ces phénomènes climatiques extrêmes, résulte en des pluies torrentielles qui causent des « flash floods », comme celles de mars 2013 ayant fait 11 morts, précise le rapport. « Durant les grosses averses de janvier 2015, on a noté qu’environ 250 endroits ont été inondés à Maurice », souligne-t-on.
Et le rapport de conclure après cette analyse des retombées néfastes du changement climatique sur Maurice : « Selon le National Disaster Risk Reduction and Management Centre, 19 km2 à 30 Km2 de terre agricole, 5 km2 à 70 km2 de terre bâtie, 2,4 km à 3 km d’autoroute, 18 km à 29 km de routes principales, et 68 km à 109 km de routes secondaires sont inondables. Les dommages aux bâtiments et aux infrastructures sont estimés à environ Rs 72 milliards (USD 2 Billion) en 50 ans, à l’horizon de l’an 2070 ».
Le document élabore ensuite sur les mesures prises par le gouvernement pour réduire les risques des impacts néfastes du changement climatique sur Maurice.