• Kripalloo Sunghoon, porte-parole des petits planteurs : « Le FAREI nous cache beaucoup d’informations »

Les chenilles légionnaires (“full army worm”) et les papillons sont toujours présents dans plus de 80 champs de maïs. Si la Small Planter’s Association indique que la situation « suscite toujours de vives inquiétudes », le Food and Agricultural Research and Extension Institute (FAREI), lui, avance que la situation est « sous contrôle ». Quant aux petits planteurs, ils déplorent que cette organisation « cache beaucoup d’informations à la population ».

Selon le Chief Executive Officer (CEO) du FAREI, Seelavarn Ganeshan, la situation par rapport à l’invasion des chenilles légionnaires dans les champs de maïs « a pu être maîtrisée à temps ». Il poursuit : « La situation est sous contrôle. Il n’y a pas eu de nouveaux développements depuis la semaine dernière. Au contraire, le nombre de foyers infestés par les chenilles légionnaires diminue graduellement. »

Cependant, les petits planteurs ne partagent pas cet avis. Selon l’association des petits planteurs, la présence élevée de chenilles dans les champs de maïs suscite toujours de vives inquiétudes. « Les chenilles légionnaires se sont répandues dans toute l’île, principalement à l’est. Tous les champs de maïs, petits ou grands, ont été infestés », souligne Kripalloo Sunghoon, président de la Small Planter’s Association.

Il explique que les papillons ont un cycle de vie variant entre 40 et 45 jours. Donc, dit-il, il faut attendre plus d’un mois, après un exercice de pulvérisation, pour faire un constat de la situation. « Un premier exercice de pulvérisation a été effectué fin mars. Un deuxième, il y a deux semaines. Donc, on ne peut faire un constat à ce stade et venir affirmer que la situation est sous contrôle. Il faut attendre au moins 40 jours », affirme Kripalloo Sunghoon.

Il se dit certain que le FAREI « ne fournit pas suffisamment d’informations ». Il ajoute : « Nous sommes persuadés que le FAREI nous cache beaucoup d’informations. À ce jour, les chenilles légionnaires sont présentes dans plus de 80 champs, y compris les petits champs. Nous constatons une invasion des adultes, soit les papillons, au quotidien. Alors pourquoi venir dire que la situation est sous contrôle ? »

Kripalloo Sunghoon soutient que le FAREI « cache expressément des informations » pour trois raisons probables : de peur que les planteurs n’utilisent des insecticides plus robustes; le FAREI ne possède pas les insecticides adéquats pour éliminer les chenilles légionnaires ou car les officiers du FAREI ne sont pas assez formés pour gérer ce problème. Il nous revient, par ailleurs, que le troisième exercice de pulvérisation se fera prochainement, et ce par les planteurs eux-mêmes. Et de préciser que la production des maïs est en baisse cette année en raison des chenilles légionnaires. « Les maïs se font rares sur le marché alors qu’en cette période, ils auraient dû être disponibles en abondance. Ceci dit, le prix des maïs ne seront pas attirants non plus », avance Kripalloo Sunghoon.

En ce qui concerne Rishi Koomar Huzoree, le planteur dont une partie de son champ a été rasée par des officiers du ministère de l’Agro-industrie, à Belle-Vue-Maurel, en raison de la présence de chenilles légionnaires, nous apprenons qu’il a été dédommagé pour ses pertes. À une déclaration à la presse, Rishi Koomar Huzoree dit avoir subi des pertes estimées à Rs 60 000. Sollicité pour une réaction, le CEO du FAREI a fait ressortir que le planteur a reçu une compensation de Rs 30 000. « Je suis satisfait de la compensation. Je pourrai relancer une culture sur les terres », précise le planteur.