Chronique d’un crash

Les annales politiques s’en souviendront longtemps. Pravind et ses seconds couteaux ont blessé le pays. Un passage forcé et sans consentement jusqu’à la premierministrerie. C’est certes légal, mais pas moral. Le peuple a voté le vieux par défaut; mais on ne lui a jamais demandé son avis pour ce qui est du fils. Imposé comme un imposteur. Est-ce cela l’origine du mal qui abat sur nous des fléaux comme jamais auparavant ? C’est la grande débandade.

Pendant que nou bann kamarad députés tirent leurs 400 coups, faisant de l’alpinisme sur le mont de Vénus, les choses dégénèrent grave. Ce gouvernement ne vole pas bien haut. C’est carrément du rase-mottes. J’ai conscience de souligner une évidence. Que devrait-on faire lorsque le pilote perd ses moyens en zone de turbulences et que le copilote regarde ailleurs ? Entre-temps, les institutions s’effondrent comme des châteaux de cartes.

Et Amina ne bronche pas. On dirait presque que ce ne sont pas ses oignons. Bred mouroum, baton mouroum : j’espère que l’on ne sera pas contraint de bouffer que ça, après le désolant passage de Pravind au pouvoir. Je n’ai rien contre l’homme, mais sa politique laisse grandement à désirer. Je ne vous apprends rien en disant cela; mais le dire est important. Je ne voudrais pas avoir à écrire la chronique d’un crash national.

Vague impression de recul. Cinquante ans plus tard, la situation économique du pays n’est pas au plus haut. Et l’on devrait s’en inquiéter. Essayer d’agir chacun à son niveau et selon ses compétences. Les politiciens pas faussement patriotiques devraient prendre position. Sinon ceux-ci ne valent pas mieux que ceux-là. Exploiter la situation à des fins purement électoralistes serait tout aussi infect ! Notre appareil d’État pique du nez. Il nous faut reprendre de la hauteur. Virer les “membres” (copains et copines nommés à des postes de responsabilités) qui foutent la merde dans les institutions !

Le peuple semble en avoir marre des puissants du jour. Un appel aux urnes, dans ce contexte, a toutes les chances de recueillir l’expression du mécontentement populaire. Rappelons que ce même sentiment avait jadis motivé la population : voter pour le vieux afin d’infliger une correction à Navin. Un vote par défaut ! Je me suis demandé pourquoi la personne précitée ne se présente pas dans la circonscription de la rose ? Pourquoi arracher le gentil Arvin à sa circonscription pour le replanter au milieu de 40,000 âmes ? Une piste s’est imposée à moi alors que je me triturais les méninges.

Et si ce changement de Rose-Belle à Belle-Rose n’était qu’une affaire de taktik ek stratezi kominal ? Un vieux réflexe toujours présent dans l’esprit des hommes politiques et des votants. Disons les choses sans ambages : Arvin appartient à la caste des Brahmines ou Baboojee. On me laisse entendre que ce ne sont pas nos amis les Vaish qui seraient majoritaires dans la circonscription. Si cela est avéré, nous serions alors en plein communalisme scientifique. Expression, si je ne m’abuse, mis au goût du jour par le kamarad Paul. La logique communale nous habite toujours cinquante ans après notre indépendance et vingt-cinq ans après notre accession à la République.

Comment se défaire de cela ? Ne surtout pas monter sur ses grands chevaux. Ceci n’est qu’un point de vue, sans obligation d’adhésion. Réfléchir à cela n’est néanmoins pas inutile pour l’avancement de notre nation otage de pensées sectaires. Ceci expliquerait aussi pourquoi Navin ne pose pas sa candidature dans la circonscription 18. Cela n’empêche pas le bon monsieur de crâner, laissant sous-entendre qu’aucune élection ne peut se remporter sans sa charismatique personne… Une manière aussi d’éviter qu’Arvin ne lui vole la vedette et se mette comme Zaza à nourrir des ambitions premierministérielles.

Le vote des villedesfleuristes sera capital pour la suite de notre roman politique, où tout peut arriver, dont le crash d’un système politique éculé. À vous d’en juger, en votre âme et conscience ! Ou dans l’intérêt supérieur de la nation, comme le dit si bien Ravi.