Un premier groupe d’élèves du secondaire, étudiant la littérature anglaise au collège, était convié à la projection du film Othello, du réalisateur Oliver Parker, sorti en 1995, au cinéma Star de Bagatelle, ce matin, dans le cadre de la célébration des 400 ans de la disparition du célèbre dramaturge et poète William Shakespeare. Un moment fort apprécié par ces jeunes, qui avouent mieux comprendre la pièce grâce à ce soutien visuel.
« C’était intense, intéressant et captivant », lance d’emblée Sudharth Nath Bhowany, élève en HSC au Mahatma Gandhi Institute (MGI), à Moka. Notre jeune interlocuteur étudie Shakespeare à l’école et avoue qu’il n’a pas encore lu la pièce. « En me basant sur ce que je viens de voir, j’ai très envie de lire le livre », affirme-t-il.
« C’était passionnant. On arrive à mieux saisir les moments tragiques qui y sont dépeints et on voit que tel est le cas dans la vraie vie. Ce qu’on lit en littérature, ce n’est pas l’école, c’est la vraie vie », soutient pour sa part Sorjen Soobanay, élève en Lower VI à l’Ébène SSS (boys), encore sous le coup de l’émotion à la sortie de la salle. Son ami, Taldeersingh Teelwah, renchérit : « On arrive à mieux comprendre les thématiques du livre et à saisir le comportement des personnages. Quand on lit le livre, on imagine les scènes. Mais là, on voit les personnages les jouer. » La thématique phare de la pièce, le racisme, n’a pas échappé aux jeunes, provoquant même un certain ravissement chez eux. Comment comprendre qu’on puisse aller jusqu’à la destruction de ses pairs par ce ressenti ? « Cela m’a permis de mieux comprendre le personnage d’Iago », souligne Erssa Jolicoeur, élève en Lower VI au collège Notre Dame et qui, dès la première apparition du personnage sur scène, n’a pu s’empêcher de le commenter avec son amie. « C’est Igao… », pouvait-on l’entendre murmurer.
La projection du film a aussi rendu l’histoire plus accessible à travers l’écoute, avouent de nombreux jeunes interrogés hier matin. « Dans le livre, des fois, on ne comprend pas le vieil anglais, alors que là, en écoutant, on saisit mieux », souligne Rebecca Salmon, élève elle aussi en Lower VI, au collège Queen Elizabeth. À son amie Muskaan Koolwant de renchérir : « C’est une très bonne adaptation. C’est exactement comme dans le livre. »
Parmi le public présent, il y a aussi quelques élèves qui n’étudient pas le texte au collège mais qui s’y intéressent parce qu’ils font de la littérature et, d’autre part, parce qu’ils s’intéressent au cinéma. À l’instar de Gyanjali, élève en Form V au QEC. « Je savais qu’on allait projeter “Othello”. Je n’ai pas voulu lire le livre avant. Je voulais découvrir l’histoire sur grand écran. C’est très enrichissant d’un point de vue cinématographique. » Notre jeune interlocutrice se lancera bientôt dans la lecture de la pièce pour tenter de comprendre l’adaptation d’une pièce de théâtre au cinéma.
Le déroulement du film a eu lieu dans le silence, sauf pour certaines scènes, où les jeunes n’ont pu s’empêcher d’exprimer leur surprise par des exclamations ou quelques commentaires entre amis. Cette projection, rendue possible grâce à l’initiative conjointe de la haute commission britannique à Maurice et le British Council, avec le soutien des cinémas Star, est également bien accueillie par les professeurs. « C’est une très bonne chose. Les élèves ont bien aimé et je vois déjà un certain enthousiasme à revenir vers ce texte en cours. On n’a pas encore terminé “Othello” à l’école, mais l’effet que le visuel a sur eux nous permettra d’aller plus vite dans l’étude du texte. Cela les aide à mieux le comprendre, car il y a certaines choses qu’ils n’arrivent pas à saisir par moments », soutient Natasha Hurreeram Boyjonauth, professeure de littérature anglaise au MGI, qui souhaite que des initiatives similaires se renouvellent à l’avenir.
Au Mauricien, Sharon Taylor souligne que la mission britannique à Maurice et le British Council ont opté pour Othello parce que cette pièce est à l’étude dans les écoles. Aussi, elle indique que cette année consacrée à Shakespeare a pour but de rendre hommage au dramaturge et de le faire connaître du grand public, car « the themes on which he wrote are still relevant today ». Parallèlement à la projection à Bagatelle, des jeunes de la région du Nord ont eu l’occasion de voir le film au cinéma de Grand-Baie La Croisette. Au total, 14 projections sont prévues. Le jeudi 19 sera la journée la plus importante, avec huit projections aux cinémas Star de Bagatelle, du Caudan Waterfront et de Grand-Baie La Croisette. Le lendemain, les quatre dernières auront lieu dans ces mêmes salles. À la fin de ce festival, fait ressortir la haute commission britannique, quelque 2 745 élèves auront vu le film, qui est d’une durée de 123 minutes.