Cinquième round de négociations à la mi-janvier à Port-Louis

MAURICE-TURQUIE Accord de libre-échange

Le cinquième round de négociations entre Maurice et la Turquie pour la conclusion d'un accord de libre-échange (Free Trade Agreement) est prévu à la mi-janvier 2011 à Port-Louis. Les deux parties espèrent progresser davantage dans leurs discussions et créer les conditions pour la signature d'un accord formel. Sans cette éventualité, indiquent les milieux locaux, il sera possible pour le ministre des Affaires étrangères de la Turquie, qui sera en tournée dans l'océan Indien en février 2011, de faire le déplacement à Maurice pour la signature du FTA.

Beaucoup de progrès ont été réalisés depuis l'ouverture en juin 2009 des négociations sur le FTA Maurice-Turquie. Le prochain round, qui interviendra environ cinq mois après celui tenu à Istambul, permettra aux deux parties de se pencher sur les clauses d'un éventuel accord portant sur les mesures de sauvegarde et d'ajustements structurels. Ces clauses sont destinées à protéger les industries domestiques et naissantes en cas de hausse subite des importations. Outre ces questions, les délégations mauriciennes et turques vont poursuivre leurs échanges de vue sur les règles d'origine.

Les négociations Maurice-Turquie pour un FTA ont à ce jour débouché sur une concordance de vues sur les principales dispositions d'un accord cadre. Ces négociations ont reçu le soutien de la Commission européenne par le truchement de son directeur général du Commerce, Peter Thompson. Selon l'accord d'union douanière avec l'Union européenne (UE), la Turquie a l'obligation d'appliquer le régime commercial avec l'UE dans le cas de pays tiers. Maurice, qui a déjà signé un accord de partenariat économique (Economic Partnership Agreement) intérimaire avec l'UE en août 2009, est actuellement engagé dans des négociations portant un full EPA. Celui-ci, lorsqu'il sera conclu, contiendra une Turkish Clause qui prévoit que Maurice et la Turquie négocient un accord de libre-échange basé autant que possible sur les dispositions de l'EPA.

À travers le FTA, Maurice cherche à obtenir des règles d'origine qui lui donneront l'opportunité d'exporter vers le marché de l'UE. Un tel accord, indique-t-on, devrait permettre à Maurice et à la Turquie de trouver des matières premières dans leur pays respectif, de les transformers en produits finis pour être ensuite exportés vers les marchés de l'UE. " The FTA will also provide a platform for the business community of both countries to consolidate trade ties through joint ventures ", font ressortir les spécialistes de la question. Maurice souhaite également avoir la possibilité d'utiliser des matières premières des pays qui ont conclu des accords de libre-échange avec la Turquie pour la production.

Accès hors taxe

Les quatre précédents rounds de discussions bilatérales ont permis aux deux pays d'examiner une ébauche d'accord basée sur l'accord intérimaire sur l'EPA avec l'UE. Les négociations à ce sujet ont atteint un stade avancé, précisent les milieux officiels et il y aurait encore quelques clauses de l'accord à discuter. Les deux parties ont aussi évoqué la question d'accès préférentiel des produits. La Turquie a déjà indiqué qu'elle accorderait un accès hors taxe aux produits industriels (environ 4 000 item, précise-t-on) de Maurice dès l'entrée en vigueur du rapport. La Turquie applique normalement des tarifs moyens de 10 % sur les produits manufacturés d'autres pays. Les proches du dossier estiment qu'avec l'octroi d'un accès préférentiel aux produits locaux, " Mauritius will therefore enjoy a substantial margin of preference for its key exports such as articles of apparels, woven fabrics t-shirts, singlets, jerseys, pullovers, article of leather, knitted or crocheted fabric, jewelry, clock and watches, articles of iron and steel ".

Les discussions concernant les échanges en produits agricoles n'ont pas été complétées mais on annonce que les concessions seront faites sur une base requêtes / offres. L'agriculture étant un secteur hautement sensible en Turquie qui applique par ailleurs des droits élevés sur nombre de produits à l'importation. Maurice a fait une demande pour l'accès préférentiel de plus de 80 produits agricoles dont la viande, le miel, le thon, le sucre, l'anthurium, les fruits tropicaux, les pâtes de fruit, le thé, les épices, les pâtes, les biscuits, le rhum et la nourriture pour animaux. La Turquie s'est montrée disposée à accorder un traitement préférentiel à certains produits dont le poisson congelé et fumé, l'anthurium, les ananas, les pâtes, les biscuits et le rhum. Maurice en retour s'est dit prête à considérer l'octroi de concessions basées sur les offres faites à l'UE sous l'EPA.

Dans les milieux de la délégation mauricienne participant aux divers rounds de négociations, on affirme qu'un accord de libre-échange avec la Turquie va contribuer, dans une très grande mesure, à l'amélioration des échanges commerciaux entre les deux pays. De plus, l'accord fera provision pour qu'à l'avenir des négociations soient tenues pour un accord sur le commerce des services.