La Conference of Parties (COP 21), une conférence mondiale organisée par l’ONU, qui réunit les dirigeants de la planète à Paris depuis la semaine dernière pour discuter du changement climatique et qui, dit-on, représente la dernière chance pour sauver notre planète, laisse beaucoup de Mauriciens indifférents. Pourtant, l’île est gravement menacée par l’élévation du niveau de la mer. Cette conférence se termine à la fin de la semaine.
De nombreux Mauriciens disent qu’ils n’ont pas entendu parler de la COP 21. D’autres ne comprennent pas les enjeux des discussions, qui sont relayées par certains médias. « J’ai entendu parler de la COP 21, mais je ne comprends pas ce que c’est. On ne nous a pas bien expliqué. Changement climatique ? Non plus, mais ce que je sais c’est qu’il fait très chaud pendant l’été et très froid pendant l’hiver. Puis, les pluies arrivent hors saison. Cela m’intrigue un peu, mais nous manquons d’informations à ce sujet », déclare un chauffeur de taxi de la capitale.
Comme lui, nombreux sont les Mauriciens qui ne comprennent pas le changement climatique et son impact sur l’environnement. Pourtant, les exemples ne manquent pas à Maurice, à en croire Keshwar Beeharry-Panray, de l’ONG EPCO (Environment Protection and Conservation Organisation). « Notre environnement se dégrade de jour en jour à cause de l’être humain et d’une hausse de la population. Nos rivières sont en très mauvais état et se dégradent. Les gens jettent leurs ordures dans les rivières. Ils abattent les arbres pour rien et ils bouchent les marécages. Nous avons détruit nos forêts pendant des années pour cultiver la canne à sucre. Négligence, indifférence, nous regardons notre environnement comme si ce n’est pas notre problème », déclare-t-il. Pour lui, « c’est une question d’éducation. Il y a un problème d’égoïsme. Nous ne pensons qu’à nous-mêmes, pas aux autres. Il y a un laisser-aller à tous les niveaux. » M. Beeharry-Panray rappelle les inondations en mars 2013 à Port-Louis qui ont fait 11 morts en quelques heures et les sécheresses qu’a connues le pays ces dernières années, à cause du changement climatique.
De son côté, Preetisha Babajee, secrétaire de l’ONG Halley Movement, qui a organisé le mois dernier une conférence de simulation de la COP 21 à l’intention d’une vingtaine de jeunes, trouve que les Mauriciens sont devenus très matérialistes. « Ils ne sont pas comme nos aînés qui prenaient soin des arbres, surtout fruitiers. De nos jours, on les abat pour faire de la place aux maisons en béton. On bouche les drains, on ne pense pas à l’avenir, on vit dans le présent uniquement », dit-elle.
Les Mauriciens sont très peu impliqués dans la gouvernance climatique. Pourtant, notre île est classée parmi les 15 premiers pays avec les plus grands risques de catastrophes. Elle est aussi septième sur la liste des pays les plus exposés aux catastrophes naturelles. Selon les autorités, dont le ministère de l’Environnement, l’impact du changement climatique se fait déjà sentir à Maurice à travers la montée du niveau de la mer, l’érosion accentuée de nos plages et l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements climatiques extrêmes.