Les participants à cette formation réunis devant la Prison Training School de Beau-Bassin ce mardi 23 avril

Maurice accueille pour deux semaines une formation avancée en Criminal Analysis destinée aux officiers des forces de l’ordre de plusieurs pays d’Afrique. L’objectif de ce programme consiste à accroître la coopération policière et judiciaire dans la région en vue de mieux lutter contre le crime organisé.

Cette formation est inscrite sous le MASE Program, financé par l’Union européenne, qui est destiné à « promote Maritime Security in the Eastern and Southern Africa and Indian Ocean Region ». Interpol, l’East Africa Community (EAC) Secretariat et la Commission de l’océan Indien (COI) s’y sont également associés.

De gh. à dr. : La représentante d’Interpol, le DCP Taujoo, le Deputy Ambassador de l’UE, le ministre de la Justice et le Commissaire des Prisons.

Il est revenu à l’Attorney General, Maneesh Gobin, en sa capacité d’invité d’honneur, de procéder à l’ouverture de cette formation à la Prison Training School de Beau-Bassin ce matin.

Le ministre de la Justice a qualifié cette formation de « very topical and timely ». « Notre région connaît une hausse dans le crime transnational, transfrontalier et organisé, que ce soit en matière de trafic de drogue, de trafic humain ou de piraterie », a-t-il déclaré.

« Les criminels deviennent plus sophistiqués. Les forces de l’ordre se doivent d’être doublement sophistiquées », a-t-il ajouté.

Globalité.

Maneesh Gobin a également demandé que soit étudiée la possibilité « d’attirer les participants de pays francophones », où sont établis des systèmes judiciaires différents. Il a en outre plaidé pour « la mise en place d’un protocole » lorsqu’il s’agit d’échanger des informations avec des pays comme « l’Angola et le Mozambique », où l’on parle portugais.

Le Commissaire des Prisons, Vinod Appadoo, s’est de son côté engagé à offrir le meilleur accueil aux pays visiteurs, à savoir le Rwanda, le Kenya, le Burundi, l’Uganda, la Somalie et le Soudan du Sud.

M. Onyonyi, de l’EAC Secretariat, qui officiait comme maître de cérémonie, a souhaité la participation prochaine des Seychelles à cette formation.

« Le monde n’a plus de frontière », a-t-il déclaré à la presse. Lors de son allocution, il est revenu sur les aspects de la collaboration entre l’Union européenne et les pays de cette région en matière de sécurité. Et a détaillé les composantes de cette formation visant, dit-il, à améliorer la coopération entre les pays de l’Afrique de l’Est.

M. Onyonyi, de l’EAC Secretariat, Irina Koulatchenko, représentante d’Interpol, Michal Gobalek, Deputy Ambassador de l’UE (de gh. à dr.)

Pour sa part, le Deputy Ambassador des Nations unies, Michal Gobalek, a remercié Interpol de leur soutien. « Combattre le crime organisé n’est pas un nouveau phénomène. La menace terroriste globale actuelle est dynamique et en constante évolution. Et malheureusement, les évènements au Sri Lanka nous le rappellent encore une fois », a-t-il déclaré.

« Nous devons nous aussi continuer à évoluer », a-t-il plaidé.

Au total, 50 officiers des forces de l’ordre suivront cette formation de deux semaines. Ils apprendront ainsi à travailler en cohésion pour lutter contre le blanchiment d’argent, la piraterie, le trafic illicite et le crime organisé à l’échelle international.

Le but étant de faciliter tant les procédures judiciaires que les échanges d’information entre les pays d’Afrique de l’Est et de l’océan Indien. Mais aussi d’ébaucher un protocole à suivre en cas d’infractions transfrontalières.

Cette formation intervient en prélude de la tenue en juin de la conférence interministérielle sur la sécurité maritime, organisée par la COI à Maurice.