LE COLLÈGE DU ST-ESPRIT : Trois quarts de siècle féconds en réalisations

Le collège du St-Esprit compte cette année 75 ans d'existence. Trois quarts de siècle féconds en réalisations en tous genres : performances académiques et sportives, foisonnement de clubs, extension des bâtiments… Pour marquer cet anniversaire, une messe sera célébrée, les activités annuelles seront agrémentées, un livre sur l'histoire de l'établissement quatrebornais – initialement construit pour accueillir le séminaire Père Laval – sera publié. Et pour clore cette célébration, un spectacle son et lumière est également prévu.
C'est en 1920 que le séminaire Père Laval est inauguré. Six années plus tard, le collège Père Laval est fondé et les premiers élèves découvraient leur école, qui se dresse actuellement à l'avenue Sir Virgil Naz à Quatre-Bornes. En 1938, le collège Père Laval devient le collège du Saint-Esprit. Construit au début du XXe siècle, le bâtiment abritant le collège conserve tous les aspects de son passé : sa chapelle, ses deux bibliothèques, ses planchers en bois, ses murs en pierre, son clocher. Tout le corps du bâtiment, qui hébergeait de 1920 à 1926 les jeunes séminaristes, est bâti dans les pierres de taille, inspiré de l'architecture du XIXe siècle. Au fil des années, l'institution autrefois exiguë a connu de multiples expansions pour accueillir une population estudiantine en hausse.
En effet, tout au long de la seconde moitié du XXe siècle, les recteurs successifs ont dû mettre en train un projet d'agrandissement. Pour financer ces dispendieux travaux de construction, ils n'ont eu de cesse de mobiliser les sympathisants du collège : le cercle d'amis et de bienfaiteurs, la Parents-Teachers Association, l'Old Boys' Association et, depuis sa création, le Board of Governors. Ainsi, de nouvelles salles de classes, une nouvelle cuisine, des laboratoires de chimie et de physique furent aménagés. Les locaux s'élargissent davantage et traversent l'avenue Virgil Naz. Un nouveau complexe éducatif sort de terre, avec la construction de salles de classes et d'un staff room.
En 1950, le collège connaîtra son premier lauréat en la personne de Roland Lamusse. De nombreux autres suivront. « Parmi nos lauréats, beaucoup ont opté pour la prêtrise », précise le recteur, Jacques Malié. « Nos lauréats sont pour la plupart devenus prêtres ou des chefs d'entreprise. Quant aux autres, ils se sont installés à l'étranger. » Parmi les anciens élèves ordonnés prêtres, et même évêques, citons Mgr Maurice Piat, le Cardinal Jean Margéot, le père Eric Alleaume, Jacques Brown, Gérard Fleuriot de la Colinière, Robert de Fleurot, Gérard Lajoie, Philippe Goupille, Robert Margéot, Alain Harel, Robert Jauffret, Gérard Sullivan, entre autres.
La force du collège du St-Esprit : l'esprit d'équipe et le sens d'appartenance. « Ce sont les deux valeurs que nous cultivons. Nous accordons aussi beaucoup d'importance à la discipline. Nous faisons un contrat entre parents, élèves et la direction, afin que tous adhèrent au code de discipline existant. Nous avons aussi mis à jour un nouvel engagement et fait sortir un carnet de correspondance qui contient les règlements du collège et qui permet à chaque enseignant d'insérer des remarques. Notre système de punition va des heures de colle (arrest) au renvoi. Mais c'est l'ultime étape. Ici, nous avons un système gradué de punition », ajoute Jacques Malié.
Le collège du Saint-Esprit n'a pas bâti sa réputation uniquement sur des critères académiques. Beaucoup de ses élèves se sont aussi distingués dans le sport sur le plan national, notamment athlétisme, le collège ayant été sacré champion des inter-collèges plusieurs années consécutives.
Ce sont près de 1 200 élèves qui fréquentent aujourd'hui le collège dans diverses filières. Au fil des ans, la qualité de l'enseignement prodigué aux élèves, la discipline et les valeurs inculquées n'ont pas été démenties. Résultat : le succès des élèves n'a cessé de croître tant au Higher School Certificate qu'au School Certificate. Les résultats de HSC de ces cinq dernières années classent le collège du Saint-Esprit parmi les trois meilleurs établissements scolaires pour garçons du pays, avec 82% de candidats reçus. Le nombre de lauréats ne cesse lui aussi de grimper. « Nous avons atteint le chiffre de 60 lauréats pour la période 2000-2012, ce qui constitue une moyenne d'environ cinq par an », nous dit Jacques Malié. Dans le hall de l'établissement, un tableau d'honneur dresse fièrement la liste des lauréats du HSC et du concours de l'Alliance Française.
Ici, la façon d'administrer le collège se fait avec un partage de responsabilités à travers le système de deanship. Le dean étant le responsable de chaque niveau. « C'est une forme de délégation de pouvoir. Les deans font le suivi des études académiques et de la discipline. Ce sont les prêtres qui ont mis ce système en place. Depuis 2008, cette fonction, appelée Section Leaders, est adoptée dans toutes les écoles, et les titulaires reçoivent une allocation conformément au PRB 2008 », explique Jacques Malié.
Allan Lutchman est dean pour le Lower VI : « Notre rôle c'est d'essayer de résoudre certains problèmes, par exemple les absences ou les clashes entre élèves et profs. Le recteur intervient en dernier recours. »
Foisonnement de clubs
Jacques Malié rappelle avec fierté que les dernières années ont vu un foisonnement de clubs, une autre caractéristique du collège du Saint-Esprit. Aujourd'hui, plus de 14 clubs poursuivent allègrement leurs objectifs dans les domaines suivants : astronomie, photographie, sciences, pisciculture, agriculture, jardinage, environnement, échecs, cyclisme, culturisme, haltérophilie, philatélie, social (SOS St-Esprit), musique, ou encore théâtre.
Aujourd'hui, fort de ses 75 belles années, le collège compte 1 200 élèves, incluant la section prévocationnelle, à la Senior et Junior School, bien encadrés par 79 professionnels enseignants, entraîneurs et catéchètes, tous dédiés à la réussite de chaque élève.
Célébration
Le collège du St-Esprit lancera les célébrations autour de son 75e anniversaire avec une messe qui sera concélébrée par les trois évêques de l'Océan Indien, Mgr Maurice Piat, Mgr Denis Wiehe et Mgr Alain Harel, tous trois anciens élèves de l'établissement de la rue Sir Virgil Naz à Quatre-Bornes. Et pour rendre hommage à l'établissement, la publication d'un livre retraçant l'histoire du collège du Saint-Esprit et dont la rédaction a été confiée à l'historien Yvan Martial. Il devra paraître en juin prochain.
À l'occasion de cette célébration, le collège du St-Esprit agrémente toutes ses activités annuelles. « Toutes les activités annuelles du collège auront un cachet spécial. En mars, nous organiserons une "mega blood donation". D'autres activités sociales comprennent la réhabilitation de la "colline" (le monticule se trouvant dans la cour de l'institution). De plus, un comité a été mis sur pied et une des actions d'envergure au niveau national sera consacrée à l'écologie », nous explique le recteur de l'établissement. Un spectacle son et lumière imaginé par Jean Pierre d'Argent et Gérard Sullivan viendra couronner de belle façon cette année riche en événements.

Le collège du Saint-Esprit est une institution de l'enseignement secondaire catholique fondée en 1938 par des prêtres de la Congrégation du Saint-Esprit à partir du collège Père Laval. Au début du XXe siècle, l'éducation est payante. Il existe une demande pour un enseignement de qualité qui dispenserait aussi des valeurs chrétiennes. L'évêque d'alors, Mgr Murphy, décide donc de fonder le séminaire-collège Père Laval en 1920, dans le souci d'affermir les jeunes vocations du diocèse et d'assurer ainsi le recrutement d'un clergé autonome.
Fin 1930, faute de prêtres, le collège Père Laval ferme ses portes. Huit années plus tard, il devient le collège du Saint-Esprit. En 1950, Roland Lamusse devient le premier lauréat. Le premier recteur mauricien est l'abbé Adrien Wiehe en 1972. En 1976, début de l'administration laïque sous Cyril Leckning : le corps enseignant et la direction de l'école changent, les religieux ayant passé le relais aux laïcs. En 1987, Raymond Rivet est nommé deuxième recteur laïque. Puis ce sera le tour de Georges Ho Wan Kau en 1995. Depuis 2000, le collège est sous le rectorat de Jacques Malié.