COLLÈGE LA CONFIANCE—ALLÉGATIONS DE « POINTS FALSIFIÉS »: Le syndicat d’enseignants soutient le dénonciateur

Lysie Ribot (SPSTSU) : « Il y a “cover-up” de la part du SEDEC »

À l’occasion du Teacher’s Day, célébré hier, le secteur secondaire catholique est quelque peu assombri par des allégations faites par un enseignant du prévocationnel du Collège La Confiance selon lesquelles « les points de ses élèves soumis au MES, en 2016, ont été falsifiés ». L’enseignant a consigné une déposition avant-hier au CCID contre la direction de l’école. Lors d’une conférence de presse hier, le syndicat des enseignants des collèges confessionnels a pris position en faveur de cet enseignant, accusant le Service de l’Éducation catholique de “cover-up” dans cette affaire.
L’enseignant concerné a avancé sur un ton catégorique que les points du contrôle continu soumis au MES à la fin de l’année scolaire 2016 « sont faux ». « Les vrais points sont encore en ma possession », a-t-il indiqué. « J’attendais les directives pour soumettre les points pour le contrôle continu. Lorsque je me suis enquis du délai pour la soumission de ces informations, on m’a répondu que les points avaient déjà été envoyés au MES », a expliqué l’enseignant au Mauricien. Ce matin, son syndicat est monté au créneau pour le soutenir dans sa démarche de contestation. « Ce qui s’est passé dans cet établissement catholique est très grave. Il y a eu manquements et indifférence de la part de la direction de l’école. L’avenir de 16 enfants est concerné et la plupart d’entre eux viennent de régions défavorisées. Pourquoi le Comité d’enquête du SEDEC est silencieux concernant la responsabilité de l’ancien recteur du collège et du manager de l’établissement dans cette affaire ? » affirme Lysie Ribot, présidente de la Secondary and Preparatory School Teachers and Other Staff Union. « C’est pour cette raison qu’on estime qu’il y a “cover-up” de la part du SEDEC », poursuit-elle.
Soulignons que dans le cadre d’un exercice de transfert des responsables des collèges catholiques le recteur, qui était en poste à La Confiance au moment où le problème de points a surgi, a été transféré depuis quelques mois au College BPS. La SPSTSU a réclamé ce matin « la démission de l’ancien recteur du collège et celle du manager pour faute professionnelle ». Les dirigeants du syndicat qui ont aussi déposé devant ce comité d’enquête relèvent ce qu’ils qualifient de “contradictions” dans le rapport de ce comité face aux procédures établies par le MES pour le contrôle continu. Selon le rapport du comité d’enquête du SEDEC « recommendations governing mark submission to MES tend to differ from one zone inspector to another ». Le rapport ajoute que le document, produit par l’enseignant contestataire lors de l’enquête afin de soutenir son argument selon lequel l’école n’aurait pas respecté les procédures concernant la soumission des points au MES, provient du PVE Inspector de la Zone 3 alors que le collège La Confiance se trouve dans la Zone 2. « Evidence gathered by the panel points to the fact that school in Zone 2 did not receive the same instructions as the schools in Zone 3 », dit le comité d’enquête.
Mais d’après une lettre que le MES a envoyée au SEDEC dans le cadre de l’enquête interne de cet organisme, les procédures seraient uniformes : « All schools were provided with the same guidance for the conduct of continuous assessment. We are also informed that training was provided in 2016 to the Heads of Departments on the delivery of curriculum and on application of Assessement framework », écrit le MES.
Lors de cette conférence de presse, les dirigeants de la SPSTSU ont eux aussi réclamé la démission de Jimmy Harmon, directeur adjoint du SEDEC, et qui est aussi Directeur du secondaire catholique et manager du College BPS. Selon le syndicat, « il y aurait conflits d’intérêts » par rapport aux fonctions de manager et du directeur du secondaire que cumule Jimmy Harmon. La SPSTSU affirme avoir reçu « beaucoup de plaintes » de ses membres au collège BPS « au sujet de l’attitude de Jimmy Harmon envers le staff ». Elle ajoute : « Les enseignants ne sont pas d’accord avec certains de ses propos lors des réunions. Nos membres racontent que Jimmy Harmon fait aussi état, lors des réunions, des problèmes concernant d’autres collèges catholiques. Quand il arrive au collège BPS, pour son rôle de manager, il ne devrait pas mélanger les choses. Il ne peut divulguer dans d’autres instances ce qu’on lui confie en tant que directeur du secondaire. Les enseignants du collège BPS se demandent vers qui, au SEDEC, ils doivent adresser leurs doléances concernant l’attitude du manager. On demande haut et fort sa démission. »