Neuf ans d’existence seulement et déjà deux distinctions au HSC pour le tout jeune collège Sainte-Marie : Hugo Bienvenu deuxième lauréat dans la filière “Arts”, et Audrey Sin Fat classée deuxièmee dans la filière “Technical”. Pour Monique Yardin, rectrice de l’institution sise rue Laseringue, à Palma, « c’est le résultat d’un travail bien concerté entre étudiants et enseignants, la juste récompense des efforts fournis ». « L’excellence académique et le développement global vont de pair, ce qu’ont réussi à prouver Hugo et Audrey », dit-elle.
À l’annonce, lors de la conférence de presse du Premier ministre, que le collège Sainte-Marie avait obtenu son tout premier lauréat, aux alentours de midi hier, des « weeeeh » de joie et autres onomatopées fusaient des salles de classe de ce jeune établissement de Palma. L’euphorie d’avoir eu un premier lauréat avait gagné les 200 élèves de ce collège mixte, privé et payant, qui marquait là une première, alors que le personnel enseignant et para-enseignant avait pratiquement déserté les salles de classe.
« Il faut absolument acheter des pétards ! Allez, rapidement faire le nécessaire… », martèle une membre de l’administration. Pendant ce temps, Monique Yardin, le visage aussi marqué par l’excitation qu’elle partage avec son équipe et ses élèves, a une oreilles scotchée au téléphone du collège, l’autre à son portable : les nouvelles vont très vite et le ministère la recherche… À ce moment-là, l’identité du premier lauréat du collège n’est pas encore connu. Mais la rectrice, en bonne responsable qui connaît ses élèves, a sa « petite idée sur qui ça peut être… Mais je n’en dirais pas plus avant d’avoir la confirmation officielle ! »
« C’est un grand soulagement que d’avoir eu ce lauréat », confie-t-elle au Mauricien. Ayant atterri au collège Sainte Marie depuis un peu plus d’un an, elle a « passé l’an dernier sur les braises. Les parents sont très exigeants et ont hâte que l’on fasse nos preuves… De là à leur faire comprendre que nous ne sommes pas une “star school”, que nous avons nos limites et que nous avons comme philosophie de miser sur l’épanouissement personnel autant que l’excellence académique… Cela m’a presque pourri la vie durant l’année écoulée ».
Hugo Bienvenu, arrivé au collège vers 12 h 25, accompagné de son père, Éric, est accueilli par les élèves massés dans l’entrée de l’établissement, après les inévitables pétarades. Porté sur les épaules par ses amis, dont Isaac Currimjee, avec qui il a fait l’école primaire au Lorette de Vacoas, le jeune homme ne peut cacher une petite larme d’émotion et de joie. « Hugo, je le connais depuis qu’on est gosse, c’est sûr qu’il va pleurer », avait prédit quelques minutes plus tôt Yannick Lam, autre ami d’enfance du héros du jour. Éric Bienvenu non plus ne peut plus cacher son émotion : « Oui, j’ai pleuré, et je vais encore pleurer… Hugo est un garçon très spécial depuis toujours. » Pour le père, « aujourd’hui est certainement le plus beau jour de ma vie ! Avant je pensais que c’était le jour de mon mariage, puis aussi le jour de la naissance de mes deux fils… Mais là, j’ai rectifié mon choix ! »
« Il est très bosseur », reconnaissent d’une même voix Yannick Lam et Isaac Currimjee. « Mais cela ne veut pas dire qu’il ne sait pas s’amuser… On est tous super contents pour Hugo, parce que c’est quelqu’un de vraiment bien. » Et Yannick Lam de le remercier « parce qu’il m’a vraiment aidé durant plusieurs années. Il est comme ça : un très grand coeur ».
Et, ajoutera Darrell Pel, enseignante de langue française qui a été son prof : « C’est un garçon très brillant. Très sensible, et surtout très humble. » Sur ce point, tout le monde est unanime : « Hugo sait qu’il est brillant, mais il ne se la joue jamais ».
Quand il parvient enfin à toucher le sol, quand ses amis l’ont posé à terre, Hugo Bienvenu confirme : « Je n’ai pratiquement pas pris de leçons particulières, parce que ce n’était pas nécessaire… Les enseignants d’ici, que je remercie énormément, m’ont beaucoup soutenu et accompagné. » Darrell Pel rappelle d’ailleurs que « nous travaillons avec des petits groupes afin d’offrir une attention individuelle et spéciale à chacun. »
En sociologie, par exemple, matière pour laquelle Hugo avait opté avec l’économie et l’espagnol, à titre principal, « nous étions cinq. Ce qui fait que nous avons eu droit à un encadrement soutenu. » Un succès qu’il dédie également à son père, responsable d’une maison de retraite à Quatre-Bornes, à sa mère, Corinne, employée de la Banque des Mascareignes, et son frère aîné, Loïc, également élève du collège Sainte Marie et qui l’a inspiré à « venir faire mes études ici, dans ce climat plutôt que dans le système compétitif qui est pratiqué souvent ailleurs… Car, il y a sept ans, j’avais été admis au RCC mais j’ai refusé d’y aller. »
Le tout nouveau boursier de l’État envisage d’« aller étudier le droit en Angleterre. Avant, j’avais opté pour la France, à cause des coûts qu’allaient encourir mes parents. Mais maintenant, les données ne sont plus les mêmes… »