La circulaire du ministère de l’Éducation en date du 31 mars envoyée aux collèges d’État de la Zone 1 (Port-Louis/Nord) et dans laquelle la qualité de l’enseignement est mise en cause fait polémique. Selon cette communication, « Teaching and learning is at bay », c’est-à-dire que l’enseignement et l’apprentissage seraient négligés et en danger. Le syndicat des recteurs reproche avec colère au ministère d’avoir « porté un jugement négatif général » à partir d’une information qui leur serait parvenue concernant un problème dans un établissement en particulier.
Le président du syndicat des recteurs et assistant recteurs des collèges d’État dit qu’il a reçu beaucoup d’appels ces derniers jours venant des membres qui sont très remontés contre le ministère mais que le syndicat attendait d’avoir une copie de la circulaire en question avant de réagir. « Nous déplorons le contenu de cette lettre. C’est démotivant pour les chefs d’établissement et cela peut créer un manque de confiance chez les parents », dit Ravind Ramjee. Le syndicat des recteurs est mécontent particulièrement envers le Chief Technical Officer du ministère qui a fait part des « shortcomings » dans l’administration des collèges qui ont été mentionnés dans cette circulaire. Selon ce syndicat, pour n’importe quel type de problème qui survient dans un collège et qui est rapporté au ministère, cette instance peut vérifier les faits immédiatement avant de prendre les décisions qui s’imposent. En ce qu’il s’agit des problèmes mentionnés dans cette circulaire et qui correspondent à un blâme contre les chefs d’établissements, ce syndicat se demande si le CTO a demandé aux départements concernés à son ministère de faire une enquête dans tous les collèges avant la sortie de cette circulaire. « Tout n’est pas parfait dans les collèges d’État et c’est le cas aussi dans les établissements privés et même dans des collèges payants il y a des problèmes. Mais de là à venir dire que l’enseignement serait en danger dans les collèges d’État et à porter un jugement négatif général sur la gestion des collèges, c’est un peu fort. Si ce qui est dit dans cette circulaire est vrai cela veut dire que les responsables du ministère de l’Éducation et les responsables dans les Zone Directorates en portent aussi une part de responsabilité et c’est très grave. Est-ce que le Supervising Officer du ministère était au courant du contenu de cette circulaire ? » disent des recteurs. Ces derniers soulignent qu’il y a un management meeting au ministère chaque semaine et ils voudraient savoir si ces « shortcomings » dans la gestion des collèges ont été discutés lors de ces dernières réunions du management.