Le conseil des ministres du Comesa (Marché commun de l’Afrique australe et orientale) a exhorté les pays membres de ce bloc régional à signer, pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, ainsi qu’à ratifier l’accord portant sur la création d’une zone de libre-échange tripartite regroupant également les pays de la SADC (Communauté de Développement d’Afrique australe) et de l’EAC (Communauté d’Afrique de l’Est). Maurice est parmi les pays qui n’ont pas encore donné leur aval au document concernant la zone tripartite, cela alors qu’elle est considérée comme étant un leader en matière de coopération économique régionale.
L’appel du conseil ministériel du Comesa a été lancé lors de sa 35e réunion tenue récemment à Lusaka, Zambie, et a eu un écho assez large dans la presse régionale. Lancée le 10 juin 2015 en Égypte, la zone de libre-échange tripartite jette les bases pour l’établissement d’un marché unique regroupant 26 pays d’Afrique australe et orientale. À ce jour, 16 pays ont signé l’accord en question, mais ne l’ont pas encore ratifié. Or, il est nécessaire que 14 pays membres ratifient l’accord pour que celui-ci entre en vigueur. À sa réunion de Lusaka, le conseil ministériel du Comesa a exprimé son appréciation pour les progrès accomplis au niveau du processus des négociations, dont la concrétisation des derniers travaux sous la Phase 1 du programme devant déboucher sur la mise en place de la zone tripartite et qui concerne essentiellement les règles d’origine, l’élimination des droits à l’importation et les mesures correctives aux obstacles commerciaux.
Les pays membres du Comesa ont été invités à accélérer les développements afin que la zone de libre-échange tripartite puisse être opérationnelle le plus tôt possible. Le conseil ministériel les a encouragés à régler tous les problèmes en suspens dans un délai de 12 mois, à compter de juin 2015, conformément à la Phase 1 des négociations. « Les négociations vont continuer en parallèle pour ce qui est de la Phase 1 qui concerne le commerce des services, la politique de concurrence, la protection des droits de propriété intellectuelle ainsi que d’autres questions relatives », indique un rapport présenté au conseil. Celui-ci a également pris note que les négociations sur le mouvement des hommes d’affaires se poursuivront. « The Council urged Member States to adopt more liberal provisions for the movement of business persons to facilitate trade and investment across borders », fait-on ressortir. Le conseil ministériel a décidé que le secteur privé doit participer aux négociations concernant la zone de libre-échange tripartite.
Par ailleurs, selon un rapport présenté au comité intergouvernemental du Comesa, environ 95 % des barrières non tarifaires au sein de ce bloc régional ont été éliminées. Les barrières encore en vigueur concernent le commerce des réfrigérateurs, du lait UHT, de l’huile de palme, du savon, de la farine de blé, de l’huile de soja en bouteille ainsi que des permis d’importation et des surcharges sur divers produits. « Countries whose bilateral trade has been affected by these NTBs include Swaziland, Zimbabwe, Kenya, Zambia, Madagascar, Mauritius, Egypt and Rwanda », indique le Comesa.
Pour ce qui est des échanges entre Maurice et ses partenaires du Comesa, le dernier relevé de Statistics Mauritius fait voir que sur la période janvier-septembre 2015, nos exportations et importations se sont élevées à respectivement Rs 6 milliards et Rs 4,5 milliards. Avec les pays membres de la SADC, notre balance commerciale est défavorable, les importations se chiffrant à Rs 11,8 milliards contre des exportations de Rs 10,6 milliards.