COMITÉ ÉCONOMIQUE—COMMISSION MIXTE RÉUNION-MAURICE—LUTCHMEENARAIDOO: « L’intégration remplace désormais la coopération régionale »

Le secrétaire général de la préfecture Maurice Barate, l’ambassadeur de France à Maurice Laurent Garnier, le président du conseil régional de La Réunion Didier Robert, le ministre mauricien des affaires étrangères Étienne Sinatambou, et Mme Gaspard, représentant le chef commissaire de Rodrigues (de gauche à droite)

L’intégration régionale remplacera de plus en plus la coopération régionale, a estimé hier le ministre des Finances Vishnu Lutchmeenaraidoo lors d’un point de presse à l’issue de la première réunion du comité économique de la commission mixte Réunion-Maurice. Cette commission doit se rencontrer au début de l’année prochaine.
Les principaux intervenants, dont le sénateur et président du conseil régional de La Réunion Didier Robert, ainsi que le ministre des Finances Vishnu Lutchmeenaraidoo ont reconnu que la réunion qui s’est tenue à la Cyber Tower à Ébène hier a été « un  moment très fort » dans le cadre des relations entre les deux îles. Didier Robert a, dans son intervention, tenu  à saluer l’annonce faite par l’ambassadeur de France, Laurent Garnier, au sujet des facilités offertes aux hommes d’affaires mauriciens et réunionnais pour circuler entre les îles sœurs. « Cela permettra d’apporter le point d’huile nécessaire afin que les rouages fonctionnent le mieux possible entre nos territoires et entre les opérateurs économiques », a-t-il dit. Le président du conseil régional a estimé qu’à terme, il s’agira pour les autorités mauriciennes et réunionnaises de voir comment faire en sorte que Port-Louis et Port Réunion, dans le domaine maritime et des échanges, puissent être des plateformes complémentaires de manière à servir au développement. « Cela nous permettrait de prendre toute notre place dans le cadre du transport maritime à un moment où le monde autour de nous prend sa pleine dimension. Maurice et La Réunion se trouvent au centre de l’explosion économique entre l’Afrique, d’une part, et l’Inde, la Chine et l’Asie d’autre part », a-t-il observé.
Sur la question du numérique, Didier Robert souligne la nécessité d’étudier la possibilité de financer conjointement l’installation d’un câble sous-marin supplémentaire pour renforcer l’autoroute de l'information aussi bien pour Maurice que pour La Réunion. L’accès aérien est aussi un élément majeur, selon lui, dans la coopération entre les deux îles. « Il faut que les populations puissent se déplacer le plus simplement possible et à un coût de billet d’avion accessible, aussi bien pour un Mauricien que pour un Réunionnais ou un Malgache », a-t-il dit, tout en reconnaissant que c’est pour le moment un élément bloquant les échanges interîles. « L’alliance des Îles Vanilles étant déjà constituée, il faut pouvoir avoir une réflexion posée pour la création d’une compagnie “low cost” de l’océan et valider un tarif qui soit significativement inférieur à ce que les uns et autres paient d’une île à l’autre », a-t-il lancé.
La question du savoir et de la formation doit aussi, selon lui, être placée au centre des discussions. « Il importe de réfléchir à ce que l’université de l’océan Indien puisse trouver sa pleine expression dans une démarche sud-sud », a-t-il estimé.
Pour sa part, Vishnu Lutchmeenaraidoo a souligné que les relations avec La Réunion et le continent africain s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie cohérente. « Cette réunion constitue les premiers pas d’une intégration régionale à moyen et long termes », a-t-il soutenu. Le ministre des Finances souhaite ainsi l’émergence, sur le long terme, d’une zone de libre-échanges entre nos îles, ce qui permettra la libre circulation des hommes, des marchandises et des services. Vishnu Lutchmeenaraidoo a également proposé à la délégation réunionnaise d’intégrer la mission mauricienne sur le Ghana afin de démontrer concrètement sa volonté d’intégration entre les îles sœurs.