Une compensation de Rs 360 sera versée à tous les salariés du pays à partir de fin janvier. Ainsi en a décidé hier le comité tripartite présidé par le Premier ministre et ministre des Finances Pravind Jugnauth, et ce en attendant que le conseil des ministres se prononce sur le quantum du salaire minimum après la publication du rapport Appanah et apporte des réajustements nécessaires à la “Negative Income Tax” (NIT) après la fixation du salaire minimum.
Le paiement d’une compensation salariale « across the board » coûtera Rs 2,2 milliards au pays, soit Rs 1,7 milliard pour le secteur privé et Rs 500 millions pour le secteur public. C’est du moins ce qu’a indiqué le Premier ministre et ministre des Finances lors d’un point de presse suivant la réunion du comité tripartite. Selon Pravind Jugnauth, le montant de Rs 360 représente une compensation de 4,5% pour ceux touchant Rs 8 000 par mois, soit un niveau supérieur au taux d’inflation de 3,6% estimé pour cette année. Même pour ceux dont les salaires mensuels ne dépassent pas Rs 10 000, le taux de compensation applicable est de plus de 3,6%, a souligné le chef du gouvernement. Ce dernier a annoncé qu’environ 170 000 personnes sont concernées par une compensation plus élevée que 3,6%.
Le gouvernement, a poursuivi le Premier ministre et ministre des Finances, va également revoir les prestations sociales sur la base de la compensation salariale décidée par le comité tripartite. « Nous allons travailler sur le quantum qui sera offert aux bénéficiaires des prestations sociales, dont les pensionnés. Il y a aura définitivement une compensation pour ces personnes », a assuré Pravind Jugnauth.
La question du salaire minimum a également été évoquée par le président du comité tripartite. Qualifiant celui-ci de « décision historique », Pravind Jugnauth a réaffirmé que le gouvernement s’engage à faire du salaire minimum une réalité. « Je n’ai aucun doute qu’on créera l’histoire », a-t-il soutenu en annonçant que le conseil des ministres se prononcera bientôt sur la proposition du comité Appanah. Pravind Jugnauth n’a pas voulu piper mot concernant le montant du salaire minimum mais a toutefois fait comprendre que « plusieurs paramètres seront pris en considération ».
Sur la base du salaire minimum à être arrêté par le gouvernement, des réajustements aux critères de la “Negative Income Tax” sont à prévoir. À ce propos, Pravind Jugnauth a rappelé que les centrales syndicales avaient, pendant la réunion tripartite, émis une contre-proposition concernant la compensation salariale, réclamant un montant supérieur à celui recommandé par le gouvernement, soit de Rs 450. « Nous leur avons fait remarquer qu’il était difficile d’accepter une telle proposition mais que celle-ci serait prise en compte lorsque la “Negative Income Tax” sera ajustée. L’objectif fixé avec la NIT est de soutenir les travailleurs se trouvant au bas de l’échelle. La NIT, je tiens à le souligner, n’est pas une subvention aux entreprises mais une aide à ceux qui sont au bas de l’échelle », a déclaré le Premier ministre et ministre des Finances. Celui-ci a ensuite insisté sur le fait que le gouvernement « veut que les travailleurs prennent avantage du budget » (Rs 1,3 milliard), qui a été voté pour la NIT.   
Le président du comité tripartite s’est aussi expliqué, au début de son point de presse, sur la fixation de la compensation salariale 2018. Il a indiqué qu’avant d’arriver au montant de Rs 360, le gouvernement a analysé les demandes syndicales, les points de vue du patronat ainsi que la situation économique internationale et locale. « Nous vivons dans un environnement politico-économique changeant, tant en Europe, en Asie et en Afrique, alors que du côté américain, il y a des prises de position concernant la renégociation de certains accords commerciaux. Nous passons par une période d’incertitude. La compétition internationale est de plus en plus rude. Il faut veiller à ce qu’on demeure compétitif et que nos opérateurs économiques soient rassurés sur leurs marchés. D’autre part, nous devons tout faire pour que la destination mauricienne reste attrayante aux yeux des investisseurs », a déclaré Pravind Jugnauth qui, dans la foulée, à fait référence aux bons classements obtenus par Maurice dans le rapport 2018 “Ease of Doing Business” de la Banque mondiale et le rapport “Mo Ibrahim Governance Index”.
Cependant, a-t-il ajouté, « des défis restent à relever », évoquant le prix du baril de pétrole, en hausse (de USD 47 à USD 61) et l’instabilité dans des pays du Moyen-Orient. « Tous ces facteurs incitent à la prudence », a argué le chef du gouvernement.