La British Union Against Vivisection (BUAV) qui dénonce l’exportation de macaques de Maurice vers la Grande Bretagne a obtenu le soutien de plusieurs organisations religieuses et socioculturelles mauriciennes. La directrice de cette organisation britannique, Michelle Thew, en a parlé, cette semaine, en présence de plusieurs membres de ces organisations.
Michelle Thew affirme que Maurice est la principale exportatrice de ces animaux vers les laboratoires britanniques. Elle en a recensé plus de 7 500 en 2010. « Nous sommes très inquiets du sort de ces macaques qui sont exportés à des fins de recherches en laboratoire en Grande Bretagne. Nous croyons que ce commerce cruel a représenté un défi pendant trop longtemps et que l’heure est venue pour la population mauriciennes de faire entendre sa voix », dit-elle. Elle ajoute « vouloir voir ce commerce cruel disparaître du paradis. » D’où la recherche du soutien des groupes religieux et socioculturels dont un grand nombre adhèrent à la démarche de la BUAV.
Parmi eux, il y a le pandit Ved Gopee, président de la Sanatan Holistic Vidhya Academy et vice-président du Conseil des Religions. M. Gopee s’est référé au projet Maurice Île Durable (MID) où l’on parle de la protection de l’environnement « mais on est en train, en même temps, de détruire tout ce que Dieu a créé et la nature nous a donné. » Il rappelle qu’on ne voit plus de singes à Grand-Bassin. « Les enfants nous interrogent sur cette question. Que devons-nous leur répondre ? Peut-être qu’un jour, ils verront des singes en photos. Il est, donc, de notre devoir de léguer une planète en bonne santé à nos enfants. Les humains doivent changer leur état d’esprit », fait-il ressortir. Le pandit Gopee cite l’hindouisme comme étant contre la violence « pas seulement à l’égard des humains mais de toutes les créatures. »
Pour Raju Mohit, il est pénible de voir la vidéo qui montre la cruauté contre les singes à Maurice. « Il nous faut non seulement nous attaquer à Maurice comme un fournisseur mais s’occuper également de la demande », dit-il. « La technologie a progressé et donc on n’a pas besoin des animaux pour des recherches médicales. Peut-être qu’on en avait besoin auparavant mais pas maintenant », déclare l’Acharya Sooklall de la Hindu House. Reol Laval Zephir de la communauté Bahai affirme qu’on ne peut rester insensibles à ce commerce. Parmi les organisations qui soutiennent la BUAV, figurent l’Arya Ravived Pracharini Sabha, l’Arya Sabha, le Gahlot Rajput Maha Sabha, la Hindu House, GOPIO, Kranti, ISKCON, la Mauritius Andhra Maha Sabha, la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation, la Mauritius Tamil Temples Federation, le Seva Shivir et le Conseil des religions, entre autres.
À des questions du Mauricien, Michelle Thew avoue n’être jamais allée voir les singes dans une des fermes de Maurice et que les images vidéo ont été prises par des membres de la BUAV dans une ferme mauricienne en 2010. « Si les macaques constituent un vrai problème pour Maurice, il y a d’autres moyens plus humains pour le gérer », fait-elle ressortir. Selon elle, il existe de nombreuses alternatives à la recherche médicale sur les macaques. Le pandit Gopee, lui, fait ressortir, que la médecine ayurvédique existe depuis des millénaires et que les Mauriciens devraient y songer dans la lutte contre les maladies.