COMMERCE : Le textile et l’habillement catalyseur du développement économique en Afrique

Si l’Afrique est considérée comme la dernière frontière du développement dans le monde, le secteur du textile et l’habillement du continent présente également tout son potentiel de croissance. Toutefois, sa contribution à l’économie demeure faible, d’où la nécessité de réunir les pays africains afin de dégager des stratégies et de partager des connaissances pour que l’Afrique poursuive sa croissance économique grâce à ce secteur hautement compétitif.
L’ouverture d’une exposition de la 8e édition d’Origin Africa tenue mercredi matin au centre de conférences international Swami Vivekananda, à Pailles, a été l’occasion d’exposer les forces et les faiblesses qui guettent le secteur du textile et de l’habillement en Afrique. « Le secteur du textile et de l’habillement se développe rapidement dans le monde. De grandes opportunités s’offrent à nous et nous devons travailler ensemble. Nous ne pouvons avoir une Afrique divisée », affirme Jess Bedi, président de l’African Cotton and Textiles Industries Federation. Selon des chiffres, les deux marchés principaux du textile, à savoir les États-Unis et l’Europe, représentent USD 550 milliards. Jess Bedi avance que l’utilisation de la fibre « a augmenté de 40 kg et 24 kg par tête d’habitant aux États-Unis et en Europe ». Suivant la tendance mondiale, les deux continents représenteront un marché de USD 725 millions « dans un avenir proche », dit-il.
Ainsi, poursuit Jess Bedi, un potentiel se présente pour le continent africain. En ce moment, la Chine, le Bangladesh, le Vietnam et l’Inde sont « les principales sources » de produits textiles envoyés sur ces deux marchés. « Mais ces pays n’ont pas les mêmes avantages que l’Afrique », soutient-il. Toutefois, il fait ressortir que l’augmentation pour la fibre est aussi notée en Chine et en Inde. Leur consommation a augmenté de 16 kg et de 6 kg respectivement. « En 2025, cette tendance redéfinira les entreprises », dit-il. De ce fait, l’augmentation rapide de la fibre en Inde et en Chine fera de ces deux pays les principaux marchés du textile, aux dépens des États-Unis et de l’Europe. « Nous devons voir la relocalisation de la chaîne logistique », dit-il, car les quatre pays de l’Asie fourniront leur propre marché.
Par ailleurs, le commerce intrafirme en Afrique reste minime par rapport au reste du monde. De ce fait, des accords de libre-échange ont été signés en 2015, permettant à 26 pays africains de faire du commerce. « La main-d’œuvre d’Afrique sera jeune et le continent deviendra la source principale d’approvisionnements au monde. Et la population sera encore plus importante en 2040, faisant ainsi de l’Afrique le continent où il fait bon vivre », a soutenu Jess Bedi, poursuivant que l’unité du continent africain permettra de montrer le savoir-faire et la créativité africaine au monde.
Lors de cet événement, le ministre du Commerce, Ashit Gungah, a soutenu que Maurice a encore du chemin à faire dans le secteur du textile. Parlant des défis du secteur, il avance que le Brexit « a affecté les entreprises locales » qui exportent en Angleterre mais que des mesures ont été prises pour les soutenir. « Nous avons remarqué une légère remontée depuis », dit-il.
Selon Beas Cheekhooree, président de la Mauritius Export Association (MEXA), les marchés traditionnels de Maurice, qui sont les États-Unis et l’Europe, ne sont plus considérés comme des marchés sûrs. « L’industrie du textile et de l’habillement d’Afrique doit changer de perspective et travailler ensemble pour exporter vers la SADC et le COMESA pour renforcer l’intégration régionale et améliorer la résilience de la région, et ce sans oublier nos marchés traditionnels », dit-il. Il avance que la stratégie de diversification est nécessaire. « Il est également important d’avoir une stratégie commerciale régionale cohérente pour consolider l’avantage compétitif de la région ». Pour Beas Cheekhooree, il faut apporter un nouveau dynamisme dans le secteur du textile et de l’habillement à travers la créativité et l’innovation. Il souligne que Maurice a connu des hauts et des bas dans le secteur du textile mais a toutefois tenu la barre haute malgré la concurrence. En ce moment, le secteur contribue à 2 % du Produit intérieur brut. La prochaine édition d’Origin Africa se tiendra à Nairobi l’année prochaine.
 

 
Ashit Gungah prudent  sur l’affaire de Betamax
 
Interrogé sur l’affidavit du gouvernement dans l’affaire de Betamax, Ashit Gungah a souligné qu’un affidavit a été présenté pour que l’Award soit mis de côté. Il ajoute qu’un deuxième affidavit a également été soumis pour que la State Trading Corporation ne débourse aucun sou pour les dommages à payer à Betamax. Un troisième affidavit est en préparation pour réfuter le verdict de la Cour suprême. Ashit Gungah se montre prudent et veut attendre de voir l’évolution de la situation avant de se prononcer sur les autres démarches du gouvernement dans cette affaire.