Un citoyen mauricien a souhaité déposer devant la Commission d’enquête sur la drogue cette semaine. Son propos : « Militer pour une “re-légalisation” du gandia, en vertu des propriétés médicinales de cette plante surtout. » Face au président Lam Shang Leen, ses deux assesseurs et au représentant du SLO, ce gérant d’un snack dans la région de Ste-Croix a quand même eu quelques soucis à élaborer son argument…
Habitant Cité Atlee et opérant un snack dans la banlieue de la capitale, J.P a souhaité déposer devant la Commission d’enquête sur la drogue. « Je souhaite surtout attirer l’attention sur les vertus du gandia comme médecine, pour certaines pathologies, et en ce sens, je milite pour la re-légalisation du cannabis à Maurice. » L’homme s’est surtout appuyé sur ses recherches via internet, évoquant le fait que le produit fait des « miracles ». L’un des deux assesseurs de la commission, en l’occurrence Sam Lauthan, devait attirer l’attention du citoyen sur le fait que « dans le cas de l’utilisation du cannabis pour ses vertus médicinales, il y a un énorme travail qui est fait en laboratoire, pour extraire ce qui est bon dans la plante. Êtes-vous au courant de cela ? »
L’ex-juge Paul Lam Shang Leen a surtout souhaité interroger l’intervenant sur l’état du trafic dans la région où il travaille et habite : « Que ce soit de ceux qui fréquentent votre snack ou ceux qui gravitent dans le voisinage, certains doivent bien parler des trafiquants, de ceux qui vendent les drogues synthétiques, qui, comme vous le savez, causent des problèmes très graves dans notre société actuellement. Et c’est pour cette raison que ce gouvernement a souhaité mettre sur pied cette commission d’enquête… Ou alors, parmi vos clients, il doit bien y avoir certains qui consomment des drogues. Qu’en est-il ? Est-ce que vous ne pouvez pas aider la commission en donnant des noms et des indications ? » Le représentant du SLO a abondé dans le même sens.
Cependant, le témoin devant la commission devait, et à plusieurs reprises, expliquer que « même si je connais les personnes qui consomment des drogues synthétiques, je ne vais pas vous donner leurs noms. Ni en public, ni en privé. Je ne veux pas que ces personnes ou leurs proches viennent me voir et me reprochent de les avoir donnés… »
Sur l’insistance du chairman Lam Shang Leen et du représentant du SLO, il devait ajouter que « je ne m’occupe que de mon snack. Je n’ai pas le temps de faire autre chose. S’il y a des gens qui viennent utiliser des drogues ou fumer près de mon local, je leur demande de partir, car cela donne une mauvaise image à mon commerce. »
Le gérant du snack devait aussi expliquer à la commission que « je suis totalement contre le trafic de drogue, qu’il s’agisse du gandia, de l’héroïne ou autres. » De plus, devait-il ajouter, « c’est surtout à cause des ravages que causent les drogues synthétiques, principalement chez les jeunes, en ce moment, que j’ai souhaité faire ce plaidoyer en faveur de la re-légalisation du gandia à Maurice. Je suis d’avis que consommer du gandia est beaucoup moins nocif que des produits inconnus. »