Le ministère du Travail
  • La FCSOU propose Rs 700 “across the board”

La tenue des négociations tripartites portant sur la détermination du quantum de paiement de la compensation salariale aura lieu le mois prochain. C’est ce qu’a confirmé au Mauricien le ministre du Travail et des Relations industrielles, Soodesh Callichurn.

C’est à compter de janvier 2020 que cette compensation sera appliquée pour les salariés après l’adoption d’un projet de loi présenté au Parlement dans ce sens avant la fin de cette année.

Le paiement de la compensation salariale est l’un des dossiers prioritaires du ministre Soodesh Callichurn pour son second mandat. Selon les premières indications, la tenue de la réunion pourrait intervenir dans la première semaine de décembre pour qu’on puisse par la suite ajuster la pension universelle qui devrait passer à Rs 9 000 à compter du mois prochain.

Pour l’heure, le ministère du Travail et des Relations industrielles est en consultation avec le ministère des Finances pour mettre au point le calendrier de la réunion tripartite qui regroupera les représentants du gouvernement, du secteur privé et des syndicats.

Tout semble indiquer que c’est le nouveau ministre des Finances, de la Planification économique et du Développement, Renganaden Padayachy, qui présidera la réunion tripartite.

Du côté des syndicats, l’on prépare les mémoires qui seront soumis au ministre des Finances pour soutenir les arguments. Mais la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU) a déjà une petite idée de ce qu’elle va réclamer au gouvernement.

« D’après nos calculs, il se pourrait que notre demande tourne autour d’une compensation salariale de Rs 700 cette année. L’année dernière, nous avons effectué une demande de Rs 1 000 mais à la fin on n’a eu droit qu’à Rs 400. En prenant en considération les promesses électorales qui devront être effectives d’ici janvier 2020, je pense qu’une compensation salariale de Rs 700 “across the board” pour les salariés serait juste », déclare Narendranath Gopee.

Il insiste aussi sur le fait que cette compensation salariale devrait être appliquée aux salariés du secteur privé et ceux de la fonction publique.

« Nous savons qu’il y a un “heavy burden” sur les épaules du ministre des Finances car on a promis aux pensionnés Rs 9 000. Aussi, il faudra ajuster le salaire minimum, accorder une avance de Rs 1 000 aux fonctionnaires et mettre en application le rapport du Pay Research Bureau (PRB) à partir de janvier prochain. Je me demande où est-ce que le gouvernement va sortir tout cet argent », a-t-il observé.

Cette même crainte est exprimée au niveau de la direction de la National Trade Union Confederation (NTUC). Selon Suraj Ray, secrétaire général de la NTUC, il semblerait que la marge de manœuvre du gouvernement est très restreinte avec les promesses électorales qui devront se concrétiser d’ici janvier 2020.

« Nous allons d’ici la semaine prochaine analyser la situation et formuler notre demande par la suite. Il s’agira en tout cas de compenser les travailleurs pour la perte du pouvoir d’achat », dit-il.

Du côté de Business Mauritius, on suit de près la situation. Selon le Chief Operating Officer de cette organisation, celle-ci se prononcera sur la question après avoir écouté le nouveau ministre des Finances sur la question.

« Allons donner la chance au nouveau ministre de s’exprimer sur la question avant de soumettre nos commentaires. On a certainement beaucoup de choses à dire sur la question », a-t-il déclaré au Mauricien.

Il est à noter qu’en début d’année, une compensation salariale de Rs 400 avait été accordée “across the board”. Elle concernait toutes les catégories d’employés. Cette mesure avait coûté Rs 540 millions au gouvernement et Rs 1,855 milliard au secteur privé. Le taux d’inflation était en dessous de la barre de 5%.