Au terme de neuf mois de Forensic Auditing pour le compte de la Banque de Maurice, la nTan Corporate Advisory Pte Ltd de Singapour devra soumettre un Indictment sans équivoque au sujet de la fraude massive et du BAI Ponzi Scheme avec un préjudice évalué à Rs 25 milliards. Les conclusions de cette enquête contre le clan mené par le Chairman Emeritus de BAI, Dawood Rawat, devront être soumises officiellement au gouverneur de la Banque de Maurice, Ramesh Basant Roi, au plus tard à la fin de ce mois. A partir de là, conformément à l’engagement pris, la Banque centrale devra se lancer dans une course contre la montre pour rendre publique une Redacted Version de ce volumineux document au sujet de l’un des plus importants cas de fraude dans le monde des affaires, y compris le secteur bancaire, avec des risques de mettre en péril les services financiers. Entre-temps, les recoupements d’informations effectués par Week-End auprès de sources concordantes indiquent que les éléments compilés au fil des mois sur les dessous de ce qui a été présenté comme une opération de Daylight Robbery avec un paravent de Profits With Integrity sont encore plus accablants, Documentary Evidence à l’appui. Les conclusions de l’enquête de nTan Corporate Advisory Pte Ltd devront servir de base pour contester les réclamations de Rs 35 milliards de Dawood Rawat devant le Tribunal arbitral en voie d’être constitué.
Au cours des derniers jours de 2015, Week-End a obtenu confirmation officielle que l’équipe de Forensic Auditors de Singapour, dirigée par le tandem Nicky Tan Ng Kuang et Michael Martin, a déjà conclu l’enquête. Le mandat de nTan Corporate Advisory Pte Ltd était « to establish the facts behind the complex financial transactions carried out by the BAI Co (Mtius) Ltd and its related parties, affiliates, shareholders and directors, within Bramer Banking Corporation Ltd (In Receivership) and other financial institutions ». Dans des milieux autorisés, l’on avance que la Banque de Maurice serait déjà en possession d’une version des Findings incriminant de Dawood Rawat, décoré de la Légion d’honneur par la France, et ses plus proches collaborateurs de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities.
Les premiers éléments d’informations sur la teneur de ce document portent sur ce qui est connu dans le monde de la comptabilité et de l’audit comme étant des « questionable financial practices » en vigueur au sein de BA Insurance, de la Bramer Banking Corporatin Limited et de Bramer Property Fund. Ces trois entités du groupe Rawat sont présentées par nTan Corporate Advsiory Pte Ltd comme étant des plate-formes par excellence pour des montages financiers, notamment avec des fonds souscrits par le public, leurré par des produits financiers toxiques, pour dire le moins.
L’enquête des Singapouriens est axée sur ces trois sociétés du groupe BAI avec des chapitres exclusifs consacrés au Modus Operandi du groupe BAI, de BA Insurance, de Bramer Bank et de Bramer Propety Fund et également au Chairman Emeritus, qui se trouve en France depuis bientôt un an. Le rapport devra également comporter une introduction sur le groupe BAI, présent dans des domaines économiques aussi divers que les assurances, la banque, les services financiers, la santé et les médias à travers Media-Matrix Ltd.
Le chapitre du rapport de nTan Corporate Advisory Pte Ltd sur les responsabilités et le rôle de Dawood Rawat se concentre sur les fonds détournés et versés dans ses comptes à Maurice. Mention est faite de « specific instances » avec des fonds de plus de Rs 1 milliard virés en faveur du Chairman Emeritus et de ses proches avec des allusions sur des bénéfices indirects découlant des transferts des Rs 17,3 milliards dans des Related Entities au fil des années.
Les Forensic Auditors de Singapour se sont permis un ton de perfidie quand ils ont commenté le motto du groupe Rawat, aujourd’hui en décadence, notamment « Profits with Integrity ». S’appuyant sur la performance de ce conglomérat mauricien, le rapport aurait affirmé que « the only word profits was not true ». A partir de là, les consultants étrangers font la démonstration de la fraude en apportant des preuves confirmant que le groupe Rawat n’a fait que surfer sur un Mega Ponzi Scheme sur le point d’éclater à tout moment au cours de ces dernières années.
L’un des premiers points retenus par les auditeurs de Singapour est qu’au cours des quatre dernières années jusqu’au 31 décembre 2013, le groupe BAI avait essuyé des pertes de Rs 14,7 milliards, comme suit :
2010 : pertes de Rs 3,3 milliards
2011 : pertes de Rs 4,6 milliards
2012 : pertes de Rs 3,7 milliards
2013 : pertes de Rs 3,1 milliards.
De plain-pied dans le Ponzi Scheme
Tout comptable ou homme d’affaires, digne de ce nom, s’accorderait à soutenir que toute compagnie aussi well capitalised qu’elle soit peut difficilement soutenir de tels bilans financiers négatifs sur une telle période de temps. Ce sera plus qu’une évidence si le rapport de nTan Corporate Advisory Pte Ltd accrédite la conclusion que le groupe BAI était déjà en faillite dès décembre 2013 sur la base de ses bilans financiers maquillés avec des Fair Value Adjustments des avoirs décidés à tour de bras par la bande à Swadeck Taher et autres Seemadree Rajanah, les principaux lieutenants de Dawood Rawat.
Même si la banqueroute du groupe BAI dès décembre 2009 est contestée par Dawood Rawat avec un procès en réclamations contre le groupe Le Mauricien Ltée devant le Tribunal de Grande Instance de Paris, le rapport des Singapouriens corrobore cette thèse en faisant état de la Round Tripping Transaction de Rs 3,6 milliards en date du 31 décembre 2009. Les différentes étapes de cet exercice de Window-Dressing et de Reverse Window-Dressing pour le compte du groupe BAI avec la complicité alléguée de la direction de la filiale mauricienne de la Banque des Mascareignes peu avant 16 heures ce même 31 décembre 2009 sont commentées. Avec les détails retenus dans le rapport, les responsables de la firme d’auditeurs de KPMG, ou encore l’ancienne directrice générale de la Banque des Mascareignes, la Réunionnaise Nelly Jirari, sous caution, auront à livrer une Uphill Fight pour prendre leur distance de toute complicité dans cette étape cruciale du plus grand scandale financier ayant secoué le pays.
Abordant le volet du Scheme élaboré par le groupe BAI pour se donner un air de robustesse financières, notamment une fausse « aura of profitability »,  l’enquête des Singapouriens entre de plain-pied dans le Ponzi Scheme avec la BA Insurance et surtout le Super Cash Back Gold (SCBG) et la Bramer Property Fund en première ligne. A ces deux entités furent confiées la mission de vendre des soi-disant « safe investment products with high fixed rate of return » pour tenter de combler les pertes. Ce développement spécifique fait partie de la Transformation Strategy du groupe BAI, présentée par le Chief Operating Officer en juin 2010 faisant état que « there is an urgent need to continue raising new and fresh funds » en vue de faire face aux difficultés de trésorerie du groupe, confirmant la période 2009/2010 comme étant le début de la fin de l’empire Rawat.
Ainsi, les livres de comptes du groupe BAI attestent le fait que de 2007 à 2014, la BAI Insurance avait levé des fonds du public de l’ordre de Rs 45 milliards et la Bramer Property Fund Ltd de Rs 5 milliards par le truchement de polices d’assurance, de Preference Shares avec des « attractive rates of returns and fixed return » plus élevés que celui offert par les banques. Ainsi, pour camoufler l’attrape-nigaud tendu, la Bramer Property Fund Ltd proposait des rendements sur des placements variant entre 8,5% à 20% annuellement, avec en prime l’exemption à l’Income Tax contrairement aux intérêts perçus sur des dépôts bancaires avec la loi Sithanen.
« The vicious cycles »
Il va sans dire que ces Rs 50 milliards pompées du circuit par la BA Insurance et la Bramer Porperty Fund Ltd devront être remboursées aux échéances convenues. Mais l’équation est que le groupe BAI n’est jamais parvenu à générer des fonds nécessaires à partir des investissements engagés pour honorer ces promesses de « lucrative return » aux clients « misled », d’autant plus que Rs 17,7 milliards ont été détournées dans des Related Entities, comme Iframac, Courts, Apollo-Bramwell et autres Media-Matrix Ltd avec sévère avertissement que « the recoverability of these investments in doubt ». De 2007 à 2014, un montant global de Rs 13 milliards, dont Rs 11 milliards de BA Insurance, fut injecté en tant que Debt/Equity Investments dans des Related Companies sous forme de Bonds, Debentures Preference Shares et Real Estate Properties et autres Half-Baked et Done Deals.
Et à nTan Corporate Advisory Pte Ltd de mettre en exergue « the vicious cycles », en particulier le Ponzi de Dawood Rawat, visant à lever de nouveaux fonds auprès du grand public pour effectuer le remboursement des anciens clients et colmater les brèches causées par les investissements à fonds perdus dans d’autres entités du groupe. « Ces Vicious Cycles auront continué jusqu’à l’écoulement du conglomérat sous le poids des engagements non tenus et qui se multipliaient. This must have been known to BAI and Bramer Property Fund Ltd », notent des spécialistes en la matière.
De leur côté, les consultants de Singapour iront jusqu’à conclure que cette opération dégagée et exécutée par le groupe Rawat avec des taux de rendement extrêmement rémunérateurs sur des placements pour collecter un maximum de fonds avait un objectif précis : créer « the public illusion that the insurance and investment products were financially sound and attractive ».
Tout un chapitre est consacré aux pratiques de Creative Accounting prévalant au sein du groupe BAI avec notamment du Paper Income de Rs 16 milliards pour la période de 2007 à 2014 dans les comptes de BA Insurance et du Bramer Property Fund Ltd suite à des ajustements de Fair Value et des Uncollected Accrued Interest Income and Dividend.
La publication prochaine de la version purgée du rapport de nTan Corporate Advisory Pte Ltd ramènera à une réalité que « while BAI group was presented as a asuccessful conglomerate BAI had been incurring massve losses » depuis des années et que le trou financier avec les effets conjugués du Super Cash Back Gold, des Doubtful Accounting et des détournements financiers par milliards était devenus « too big to be bridged », mais nullement « too big to fail » comme on le dit dans le jargon des affaires…