CONSEIL MUNICIPAL DE CUREPIPE : Les conseillers du PMSD effectuent un walk-out

Les conseillers du PMSD dont l’adjoint au maire, Dany Chellen, ont effectué un walk-out une quinzaine de minutes après le début de la séance du conseil municipal à la mairie de Curepipe, hier. Des débats sur la sécurité des ouvriers sur le site de rénovation à l’hôtel de ville ont déclenché les hostiltés. Cela fait suite à l’incident survenu le 23 octobre, où deux ingénieurs ont fait une chute d’un échafaudage.
Deux ingénieurs de la compagnie Desai & Associates ont fait une chute quand un échafaudage s’est effondré sur le site des travaux de rénovation le 23 octobre dernier. Les deux ingénieurs ont été gravement blessés. Le conseiller du PMSD Kursley Gopaul a évoqué la question lors de la tranche « Question without notice ». Il a voulu avoir un compte rendu sur cet incident. « Nous avons pris toutes les mesures nécessaires. Nous avons immédiatement appelé le SAMU et nous avons offert toute l’assistance requise aux blessés. Notre responsable de Health & Safety s’est aussi rendu sur place pour un constat des lieux. Par la suite, un conseiller est allé rendre visite aux blessés sur leur lit d’hôpital », a déclaré le maire, Hans Marguerite.
Rénovation de l’hôtel de ville
Nathalie Gopee, conseillère du PMSD, devait pour sa part demander au maire quand la mairie a-t-elle reçu de l’argent pour le projet de l’hôtel de ville. « Depuis deux mois », répond Hans Marguerite. La conseillère lui demande alors pourquoi présenter une motion maintenant (interdire l’accès à proximité de l’hôtel de ville).
« Nous avons attendu deux budgets pour avoir de l’argent. Finalement, le Conseil avait décidé de prendre les Rs 40 millions destinées au projet du Forum et le grant de Rs 50 millions à la mairie pour financer le projet de l’hôtel de ville. De plus, j’avais demandé à l’IMF de nous accorder une aide financière. Puis, en octobre après consultation avec la firme Desai & Associates, nous avons écrit au ministre de tutelle, qui nous a donné le feu vert. Cet argent n’a jamais été utilisé. Alors, qu’est-ce que la mairie a fait pendant tout ce temps », s’interroge Nathalie Gopee.
Et le maire de lui répondre par une autre question : « Qu’est-ce que vous avez fait ! » Réalisant que ses arguments n’étaient pas pris en considération, Nathalie Gopee rassemble ses documents et fait un signe à ses deux collègues, Kursley Gopaul et Ingrid Lecordier. « Sortons ! Nous ne pouvons pas travailler de cette manière », dit-elle. Les trois s’apprêtaient à quitter la salle quand les conseilleurs leur ont lancé : « To pe fer kouma to leader la ! Walk-out ! » Nathalie Gopee leur répond d’un ton sévère : « Mo leader sa, mo gagne fer kouma li », et elle quitte la salle.
Le conseiller Jacques Allet lui lance alors : « Ale ta, narien zot pa finn fer zot ». Ne pouvant digérer ce commentaire, Dany Chellen, adjoint au maire et membre du PMSD, se lève et s’en prend au conseiller. « Que dites-vous ? Nous n’avons rien fait ? » La tension monte. Le maire tente tant bien que mal de calmer son adjoint mais ce dernier continue à crier en direction de Jacques Allet.
Quelques minutes plus tard, la séance est reprise mais Dany Chellen ne restera pas longtemps. Il décide de quitter la salle également. La séance du Conseil se déroulera sans l’adjoint maire et les conseillers du PMSD.
Le conseiller Devindranath Bhurosah a par la suite fait ressortir que le Conseil ne peut être blâmé pour l’incident survenu à l’hôtel de ville. « Nous avons un contrat valide et ce n’est pas de notre faute si un accident s’est produit sur les lieux », avance-t-il.
Loyer à la foire de Square Bruce
Avant le walk-out, Ingrid Lecordier a voulu connaître les conditions appliquées entre les marchands basés à la foire de Square Bruce et la municipalité en ce qui concerne le paiement des loyers. Le maire explique qu’il y avait un problème parce que les marchands se permettaient de payer les loyers sur une base irrégulière. « Désormais, nous avons établi de nouvelles lois afin que les marchands fassent leur paiement régulièrement. Nous voulons les inciter à payer chaque mois », dit-il.
Le maire a également présenté une motion urgente. Hans Marguerite avance que l’hôtel de ville doit être décrété comme « hors limites » et la zone avoisinante interdite d’accès pour des raisons de sécurité. « Il y a une urgence en ce qui concerne le bâtiment. Il y a des voitures qui sont garées à proximité. Des objets peuvent tomber et endommager les véhicules. De plus, il y a une école maternelle à l’arrière et des objets tombent dans leur enceinte. Cela représente des dangers graves pour le public. D’où la raison d’interdire tout accès », affirme le maire.
Il ajoute que l’on approche de la période cyclonique et qu’on ne peut prendre le risque de laisser libre l’accès à proximité du bâtiment. « Nous ne pouvons plus placer de barrières ou installer des filets pour contrecarrer le climat. Il faut prendre des mesures plus pratiques. D’où la raison de cette motion, qui irrite certains, mais nous devons assumer nos responsabilités. Il faut fermer la zone au plus vite », dit-il.