ROBERT FURLONG, PRÉSIDENT DE LA FONDATION MALCOLM DE CHAZAL
DE 2011 À 2014 RFURLONG@INTNET.MU

OBJET : Situation de la Fondation Malcolm de Chazal suite au décès du caretaker, M. Mohindee

 

Monsieur le ministre,

Vous n’êtes pas sans savoir que votre employé M. Mohindee est décédé depuis quelques semaines.

Monsieur Mohindee était un fonctionnaire de grande valeur : intègre et travailleur, il était totalement dédié à la conservation de la Fondation. Affecté depuis de nombreuses années auprès de la Fondation Malcolm de Chazal, j’avais en tant que président eu l’occasion de le sensibiliser aux tâches essentielles de protection et de conservation des tableaux qui se trouvent à la Fondation. Ces tableaux, je vous le rappelle, ont été offerts gratuitement par une collectionneuse de mes amies suite à ma demande et ils sont aujourd’hui en danger.

Le bâtiment dans lequel se trouve la Fonda- tion étant une vraie passoire, M. Mohindee était constamment vigilant, protégeant ces biens précieux. Par ailleurs, afin que l’exposition permanente sur Chazal, L’homme et l’œuvre perdure malgré l’absence de vie administrative de la Fondation pour des raisons que vous connaissez peut-être, il se faisait un devoir d’accrocher tous les jours une quinzaine de tableaux et de les décrocher le soir avant de partir. Il recevait en outre quotidiennement des visiteurs, Mauriciens ou touristes, souhaitant visiter l’Espace Muséal Malcolm de Chazal. De cette façon, la Fondation vivait encore, malgré l’absence de conseil d’administration et d’activités élémentaires. Je tiens ici à rendre hommage à cet homme, M. Mohindee, et à son dévouement exemplaire à la mémoire de ce grand citoyen mauricien Chazal qu’il a servi inlassablement pendant des années.

La situation aujourd’hui, notamment en cette période de fortes pluies, ne peut nous laisser insensibles. Qu’en est-il de la gestion au quo- tidien de ce fonds pictural ? Est-il laissé à la merci des intempéries et de l’humidité ambiante ? Les visiteurs ont-ils accès pour admirer ces œuvres et l’exposition au premier étage sur l’œuvre chazalienne ? J’ai plusieurs fois été devant la grille de cet espace qui reste irrémédiablement fermée et faisant craindre le pire. Pourrait-il y avoir au moins un fonctionnaire mandaté sur place pour poursuivre le travail généreux de M. Mohindee et nous rassurer quant à la conservation de ce précieux patrimoine?

Cette question a une importance nationale et c’est la raison pour laquelle je m’adresse à vous par une lettre ouverte : il est important que les citoyens mauriciens, les artistes et les professionnels de la culture soient conscients autant que vous des enjeux posés.

Avec ma considération distinguée.

Rose-Hill, le 17 février 2018