Les pêcheurs professionnels de St François et d’Anse la Raie dûment enregistrés au Fisheries Centre de Grand Gaube ainsi que quelques habitants ont connu une semaine mouvementée. Pour cause, disent-ils, leur quotidien a été perturbé par des travaux en vue de l’aménagement d’une plage artificielle. Ces travaux sont effectués avant la construction d’un établissement hôtelier de Les Créolias Management Hotel Ltd, appartenant à la famille Harel. Une demande d’injonction a été déposée vendredi auprès de la Cour Suprême pour demander l’arrêt immédiat des travaux. 
Un géotextile a été mis en place en vue des travaux de réhabilitation dans le lagon. L’eau est opaque. Certains clients de l’hôtel Calodyne sur Mer, situé à côté,  s’interrogeaient quant à la raison du reflet de l’eau. Malgré son opacité, l’on aperçoit un tuyau noir de plusieurs mètres de long relié à un bateau bleu ainsi qu’à la terre ferme… où seront érigés les premiers bâtiments. Aux alentours du site earmarked pour cet établissement hôtelier, des rochers fraîchement disposés. Il ne faut pas être devin – disent les pêcheurs qui se sont installés sur ces rochers à l’ombre d’un arbre, près des bungalows avoisinants – pour comprendre que le sable est pompé de la mer et acheminé sur la terre ferme. « Nu napa pe fer desordre mé kuma nu pa pe kapav travay, nu pe get nu kamarad travay« , disent-ils dépités. 
Or les promoteurs ne l’entendent pas de cette oreille et ont indiqué, via un communiqué émis le 15 janvier, qu’une déposition a été faite au poste de Police de Grand-Gaube. Contacté au téléphone, Jason Harel, un des directeurs non-exécutifs du groupe, a affirmé à Week-End que tous les travaux entrepris sont en conformité avec les permis obtenus au préalable. « Il y a également des officiers du ministère qui font le monitoring », indique-t-il. Par ailleurs, dit-il, ces travaux permettent de réhabiliter le lagon dont les fonds sont, selon une étude menée par une entreprise européenne, essentiellement sableux à sablo-vaseux. « L’amélioration de la circulation des eaux dans la baie par appronfondissement des fonds et ouverture entre les îles rocheuses devrait permettre de limiter le confinement de la zone, de favoriser le renouvellement des eaux et d’améliorer la qualité de l’écosystème. Le dragage des fonds et l’aménagement des plages sur le littoral ne devraient avoir qu’un impact modéré sur les biocenoses peu sensibles dans la baie. » Extrait d’une expertise biologique et cartographique des fonds marins du groupe d’ingenierie Europe Ginger Environnement et Infrastructures Carex Environnement en avril 2008.
Au final, Jason Harel dira qu’on ne peut construire un hôtel sans songer à réhabiliter le lagon et aménager une plage.