Un mois et demi, seulement, après la mesure de libéralisation du marché du ciment, voilà que, déjà, Lafarge, l’un des deux opérateurs existant et qui commercialise la marque Baobab a effectué une hausse de 7,1% du prix de vente de son produit au détail.  
En effet, le prix du sac de ciment Baobab de 50 kg est passé depuis lundi de Rs 141.56 à Rs 152.17 (prix hors taxe). Pourtant, la décision des autorités de libéraliser le marché du ciment à compter du 1er juillet dernier était présentée comme devant favoriser la concurrence et, par extension, des baisses de prix. Cette libéralisation a concerné, tout autant, l’importation, la commercialisation ainsi que la fixation des prix au détail. 
Jusqu’à cette date, la State Trading Corporation (STC) se chargeait de l’importation de 50% de nos besoins annuels en ciment évalués à quelque 650 000 tonnes. L’importation de l’autre moitié de la cargaison se faisait par l’un ou l’autre des deux opérateurs existants, Lafarge ou Holcim au terme d’un appel d’offres. C’est la STC qui se chargeait de fixer les prix au détail en fonction des coûts d’achat et d’acheminement de son quota de 50% en tenant aussi compte des autres frais annexes s’y associant.
Avec la mesure de libéralisation du marché du ciment, de nouveaux opérateurs sont supposés se positionner. Mais il se font toujours attendre. Au moment de cette libéralisation, les autorités de même que des milieux d’affaires laissaient, en substance, entendre que cette mesure était dans l’intérêt des consommateurs; la libéralisation devant, disaient-ils, favoriser la concurrence à leur bénéfice.
Bien plus sceptique, l’Association des Consommateurs de l’île Maurice (ACIM) n’était, elle, pas du tout de cet avis et prévoyait, déjà, des hausses de prix à venir. L’ACIM soulignait surtout le fait que dans un marché aussi restreint que le nôtre, il n’est pas certain que des mesures de libéralisation soient, effectivement, favorables à une plus grande concurrence. 
Elle citait, à cet effet, les exemples passés en la matière. Avec la décision, donc, d’un premier opérateur de réviser à la hausse son prix de vente au détail un mois et demi seulement après la libéralisation du marché du ciment, il semble évident que l’ACIM ne croyait pas si bien dire… Quoi qu’en dise, à cet effet, l’opérateur en question pour justifier cette hausse…