« Notre gouvernement a l’intention d’en finir avec la pauvreté absolue ». C’est ce qu’a déclaré le premier ministre, sir Anerood Jugnauth, ce matin à Ébène, alors qu’il rencontrait des ONG et la société civile dans le contexte des consultations prébudgétaires. Le chef du gouvernement devait rappeler qu’une somme totale de Rs 14,5 milliards a été déboursée pour la population depuis les quinze derniers mois. « Si tous les citoyens ont leurs droits, il n’en demeure pas moins qu’ils ont aussi des responsabilités », a soutenu le PM. Il a rappelé que nombre de problèmes tels la drogue, l’alcool et les crimes demandent des solutions urgentes. À ce titre, SAJ devait se prononcer pour la peine de mort. « Malheureusement au sein de l’Alliance, dit-il, tout le monde n’est pas d’accord ». Quant à la Commission sur la drogue, il a appelé la population à ne pas avoir peur de faire des dénonciations devant elle.
« Les associations présentes ici jouent un rôle bien important dans le pays. Je reconnais votre contribution. » C’est ainsi que le Premier ministre a commencé son discours à l’intention des Ong et de la société civile. S’il a tenu à les rencontrer, c’est surtout, dit-il, parce que « ce qui se passe dans la société m’interpelle beaucoup ». En décembre 2014, à son arrivée au pouvoir, dit-il, « il y avait une dégradation sociale, dont l’une des raisons était la baisse du pouvoir d’achat ». Il poursuit : « En tant que gouvernement responsable, nous avons honoré notre engagement en augmentant la pension de vieillesse, des veuves et des invalides à Rs 5 000. » Sir Anerood Jugnauth devait dans la foulée mentionner la compensation salariale de Rs 600 en janvier 2015. « Rien que l’augmentation de la pension et l’augmentation salariale ont résulté en un budget de Rs 9 milliards de plus pour la population en 2015. Avec le rapport PRB, ce sont Rs 3 milliards de revenus de plus pour les employés. Malgré tout, il y en a qui trouvent à dire que le gouvernement ne fait rien pour aider les gens. » Sir Anerood Jugnauth devait mentionner en outre la baisse du prix de l’essence et du diesel de 10 % et 13 % respectivement, mais aussi les subsides de Rs 800 M sur le riz, la farine et le gaz ménager ainsi que le maintien du transport gratuit, au coût de Rs 1,2 milliard. « Jamais un gouvernement n’a fait autant en 15 mois », estime le Premier ministre. Et d’ajouter : « C’est un effort sans précédent pour améliorer le pouvoir d’achat. Notre gouvernement a l’intention d’en finir avec la pauvreté absolue. » La priorité du gouvernement aujourd’hui, « c’est l’économie et la création d’emplois pour les jeunes et les femmes ».
Si tout le monde dit avoir des droits, le Premier ministre devait montrer que « nous avons aussi des responsabilités ». Il devait énumérer une série de problèmes, dont la drogue, l’alcool et les crimes, qui « rongent notre société » aujourd’hui et « qui doivent nous interpeller ». Sir Anerood Jugnauth poursuit : « Notre société va à la dérive. Nos jeunes n’ont plus le contrôle d’eux-mêmes. » Et de citer en exemple les cas de viols ou d’attentats à la pudeur au sein de la famille. « Nou pe vin plis ki zanimo. Est-ce que c’est seulement le gouvernement qui pourra rétablir l’ordre ? ». Pour le Premier ministre, « les parents ont des responsabilités vis-à-vis de leurs enfants, de même que les Ong ». Il dit attendre que celles-ci viennent avec des propositions « réalistes et réalisables ».
Commission sur la drogue
S’agissant de la criminalité, le Premier ministre a dit avoir parlé avec le commissaire de police : « Je lui ai dit que, dans un délai de temps minimal, je veux qu’on en finisse avec les vols avec effraction, les personnes cagoulées qui commettent des crimes. Mais tout cela coûte et il faut des personnes formées. » Sir Anerood Jugnauth a rappelé que, grâce à la commission sur la drogue, alors qu’il était Premier ministre sous un autre gouvernement, il avait « pu lutter efficacement contre la drogue ». Avec la nouvelle commission, il a appelé la population de ne pas craindre de faire des dénonciations. « Mo trouv prezidan la komision plegne pena dimoun denonse. Me si ou pa pran ou responsabilite… Fode pa per denonse. ». Et de se dire ensuite « en faveur de la peine de mort », précisant toutefois que « tout le monde, au sein de L’Alliance Lepep, n’est pas d’accord ». Il a estimé que les Ong ont un rôle à jouer dans la responsabilisation de la société par rapport aux « problèmes de moeurs et de comportements immoraux ».