Une vingtaine d’hommes d’affaires turcs de la DEIK (The Foreign Economic Relations Board of Turkey) sont arrivés par le vol inaugural de la Turkish Airlines mardi. Dirigée par Omer Hakan Baki, président du Mauritius-Turkey Joint Business Council, la délégation a rencontré la partie mauricienne ce matin à la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI). Nos deux pays commençant à mettre en pratique l’accord de libre-échange des marchandises, l’étape suivante consiste à développer le commerce des services. Les hommes d’affaires ont prospecté les opportunités d’approfondissement du commerce entre les deux pays.
Le président du Mauritius-Turkey Joint Business Council, Omer Hakan Baki, a rappelé que c’est la deuxième fois que le Foreign Economic Relations Board of Turkey vient à Maurice, le premier séjour datant de février dernier. « Maintenant que le vol entre Istanbul et Maurice s’est concrétisé, nous avons beaucoup d’autres missions. Nous allons travailler coude-à-coude », dit-il. Raju Jaddoo, secrétaire général de la MCCI, a pour sa part souligné que « nous voulons nous focaliser sur les relations, le travail en réseau et une “win-win situation” ». Il ajoute : « Nous voulons un accord entre les deux gouvernements et, à partir de là, avoir des zones économiques. Un premier projet est en gestation avec le Ghana. Ensuite, ce sera le Sénégal, la Zambie et Madagascar. Pour que ces projets se réalisent, il nous faut des partenaires, des finances et des amis. »
Assad Bhuglah, directeur de la Trade Policy Unit au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, a rappelé que l’accord de libre-échange a été conclu par le secteur privé et des officiels du gouvernement. « Le gouvernement ne fait pas du business, mais nous créons des connexions. » Selon ses recherches, Assad Bhuglah rappelle que les relations commerciales et culturelles entre nos deux pays remontent à 1895. Le point commun entre les deux États, selon lui, est leur zone géographique stratégique. « Cette zone nous permet de jouer un certain rôle. Dans le futur, beaucoup de collaborations sont possibles. L’histoire a donné le titre de “star and key of the Indian ocean” à Maurice. Pour faire du commerce, il fallait passer par Maurice pour aller en Afrique et en Inde. Aujourd’hui, Maurice veut faire de son port un “strategic hub”. Idem pour la Turquie. Vous connectez l’Asie et l’Europe. Mais plus important encore, vous êtes une passerelle vers quelques pays émergents à travers l’Asie. Ne voyez pas Maurice comme un petit pays avec 1,3 million d’habitants. L’Afrique entière passe par Maurice. » Selon Assad Bhuglah, quand on parle des turcophones, cela englobe l’Asie centrale et les Balkans. « De là, le commerce peut se développer. » Il a par ailleurs rappelé que Maurice et la Turquie font partie des 25 pays, dont les Etats-Unis, des pays d’Europe et l’Australie, à faire des négociations plurilatérales à Genève en lien avec l’accord du commerce des services. « Maintenant que les deux pays sont en train de mettre en pratique l’accord de libre-échange des marchandises, il leur reste à développer le commerce dans le secteur des services. »