Maurice est satisfaite de l’accord conclu à Paris à l’occasion de la Conférence mondiale sur le changement climatique, qui a pris fin samedi dernier. C’est ce qui ressort d’un premier commentaire fait à ce sujet par le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, qui procédait à l’inauguration du Cave Trail à Roches-Noires.
« Récemment, lors du sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth, j’avais fait un vibrant plaidoyer pour qu’il y ait un ‘legally binding agreement’ à la Conférence mondiale sur le changement climatique (COP21) à Paris. Les îles comme Maurice sont les plus vulnérables aux conséquences du réchauffement de notre planète. Je suis heureux de constater que, finalement, il y a eu un accord où des engagements ont été pris et que les pays développés ont accepté d’accorder plus de ressources financières aux pays les plus exposés pour lutter contre les méfaits du changement climatique », a dit sir Anerood Jugnauth.
Le ministre de l’Environnement, Raj Dayal, qui avait participé à la conférence ministérielle a, pour sa part, affirmé que « nous avons obtenu tout ce que nous avons demandé ». Maurice avait aligné sa position sur celle des Petits États insulaires en développement(PEID), qui avaient réclamé la mise à leur disposition de moyens pour lutter contre le changement climatique, pour lequel ils n’étaient nullement responsables. Il avait également réclamé que tout soit fait pour maintenir le réchauffement climatique à 1,5°C par rapport à la période préindustrielle d’ici la fin du siècle.
La cérémonie d’hier a permis au Premier ministre, qui a pris les rênes du pays il y a exactement un an, de revenir sur les points saillants du programme de son gouvernement, à savoir : 1) Améliorer la qualité de vie des citoyens et promouvoir l’intégration sociale;2) Création d’emplois; 3) La philosophie de “développement à visage humain et de chances égales pour tous” va prévaloir dans tous ce que nous entreprenons; 4) Création de facilités récréatives additionnelles pour les moins jeunes et les handicapés; 5) Faire de Maurice une destination touristique privilégiée et sûre; et 6) La promotion de l’écotourisme, le tourisme médical et culturel, entre autres.
Le Premier ministre a aussi rappelé que le passé témoigne du fait qu’il a « toujours oeuvré » pour la protection et la préservation de l’environnement. « C’est pour cela que j’ai créé le ministère de l’Environnement en 1989. J’ai piloté la mise en oeuvre des deux stratégies nationales pour l’environnement avec des projets de grande envergure comme l’extension du réseau de tout-à-l’égout, l’amélioration du système de collecte et de gestion des déchets, la protection de la biodiversité – en créant le parc national des Gorges de la Rivière-Noire et en aménageant un sanctuaire pour les oiseaux migrateurs à l’Estuaire de Terre-Rouge, près de Port-Louis – et l’ébauche du premier plan de gestion des terres, entre autres.
Parlant des cavernes de Roches-Noires, SAJ affirmé qu’elles sont « un atout précieux pour valoriser l’héritage naturel » et « pour mieux comprendre la géologie de Maurice ». Il a rappelé que les cavernes résultent de coulées de lave qui se sont produites durant les 14 millions d’années d’existence de Maurice. Elles abritent des espèces endémiques telles des hirondelles et des chauves-souris et « représentent un patrimoine impressionnant » à découvrir. « Les cavernes sont des lieux éminemment paisibles qui favorisent la sublimation de l’individu dans la nature et lui inspirent des sentiments élevés », a-t-il dit. Il estime que le “cave trail” symbolise une nouvelle façon de découvrir Maurice et de promouvoir l’écotourisme et la spéléologie, l’étude scientifique des cavernes.
Pour sa part, le ministre de l’Environnement Raj Dayal a affirmé qu’il existe au moins 200 cavernes à Roches-Noires et dans les différentes régions de l’île. Selon lui, en plus de la dimension environnementale et patrimoniale, ces cavernes revêtent également « une dimension spirituelle et religieuse ». Il a cité des cavernes sacrées connues et respectées à travers le monde comme la grotte de Lourdes, en France, et les grottes de Girimarà Himalaya, en Inde. « Ces cavernes ont une grande signification spirituelle pour le peuple ancré dans cette croyance », a-t-il dit.
Dominique Lan Ng, directeur de l’Environnement, a pour sa part insisté sur l’importance des cavernes à Maurice et à Rodrigues pour l’équilibre climatique. Elle a lancé un appel à la population et à tous ceux dont les propriétés contiennent des « caves » à ne pas les boucher. Et d’insister sur la nécessité que tout projet de développement prenne en considération la protection de l’environnement.