La République de Maurice a gagné deux rangs dans l’indice de Perception de la Corruption 2015 de Transparency International, passant du 47e au 45e rang. Élaboré depuis 1998, cet indice est une combinaison de sondages et d’évaluations de la corruption collectés par diverses institutions réputées.
L’Île Maurice est passée du 47e rang mondial en 2014 au 45e rang mondial en 2015, indique Transparency Mauritius dans un communiqué émis le 27 janvier dernier dans le sillage de la publication de l’Indice de Perception de la Corruption 2015 de Transparency International. « Cependant, le pays a perdu un point (53 en 2015 contre 54 en 2014). L’île Maurice se trouve en cinquième position en Afrique, ayant été rejointe par la Namibie. Les pays africains qui précèdent Maurice sur le classement mondial sont le Botswana, le Cap Vert, les Seychelles et le Rwanda. 168 pays à travers le monde sont répertoriés dans le classement », précise le communiqué.
Transparency Mauritius est l’antenne locale de Transparency International, qui lutte pour faire reculer la corruption dans tous les pays du monde.
L’indice de perception de la corruption, souligne Transparency Mauritius, est un outil élaboré par Transparency International depuis 1998 pour donner une indication de la perception de la corruption dans les différents pays du monde. « Il s’agit d’un indice composite, une combinaison de sondages et d’évaluations de la corruption collectés par diverses institutions réputées », explique l’ONG.
Quatre sources internationales ont été utilisées par Transparency International pour déterminer le score de Maurice : le Bertelsmann Foundation Transformation Index 2016 qui a utilisé des données recueillies entre février 2013 et janvier 2015 ; les Economist Intelligence Unit Country Risk Ratings avec des données recueillies en août de l’année dernière ; les Global Insight Country Risk Ratings en date d’août 2014, et le World Economic Forum Executive Opinion Survey (EOS) 2015 qui prend en compte des données de janvier à juin 2015. Les mêmes sources avaient été utilisées pour l’indice 2014, précise Transparency Mauritius.
« La corruption peut être éliminée si nous oeuvrons tous ensemble. Pour éradiquer les abus de pouvoir et les pots-de-vin et faire la lumière sur les accords secrets, les citoyens doivent, ensemble, dire à leurs gouvernements que cela suffit. L’indice de perception de la corruption 2015 montre clairement que la corruption demeure un fléau partout dans le monde. Cependant, 2015 a également été une année où les citoyens sont encore une fois descendus dans la rue pour protester contre la corruption. Les populations à travers le monde ont envoyé un signal fort à leurs dirigeants, à savoir qu’il est grand temps de s’attaquer à la grande corruption », dit le communiqué en citant José Ugaz, le président de Transparency International.
« La grande corruption est l’abus de pouvoir à un haut niveau qui profite à quelques-uns au détriment de la majorité et qui cause un préjudice grave à de nombreux particuliers et à la société. Elle reste souvent impunie », affirme pour sa part Transparency Mauritius.
Durant l’année écoulée, rappelle le communiqué, Transparency Mauritius a été appelée à participer à plusieurs forums de discussion et de travail sur différents sujets ayant trait à la corruption tant dans le domaine public que privé.
Transparency Mauritius dit avoir suivi avec intérêt les différentes affaires mises au jour par les autorités à Maurice, ainsi que l’élaboration de la nouvelle loi contre l’enrichissement illicite, soit la Good Governance and Integrity Reporting Act et l’annonce faite par le Cabinet concernant l’élaboration d’un Freedom of Information Bill pour promouvoir la transparence et la redevabilité au sein de la sphère publique.
Dans le sillage de l’institution du comité ministériel sur la réforme électorale, Transparency Mauritius estime par ailleurs « urgent » que le gouvernement présente une loi-cadre pour régir le financement des partis politiques et aussi veiller à ce que l’Electoral Supervisory Commission soit dotée de pouvoirs de vérifications et d’investigations. « Il serait aussi intéressant que l’aspect du cumul des mandats pour le poste de Premier ministre soit aussi abordé par le comité ministériel », ajoute l’ONG.
Transparency Mauritius réclame d’autre part au gouvernement mauricien que des « mesures fortes » soient prises pour garantir l’indépendance des institutions et leur bon fonctionnement. « Sur ce point, il serait crucial que les autorités revoient les modes de nomination à la tête des institutions. S’il est vrai que plusieurs législations prévoient des nominations par des ministres, il serait dans l’intérêt public que ce soit la compétence qui prime au lieu de l’appartenance ou l’affinité politique », souligne Transparency Mauritius.
« Ces mesures pourraient donner un signal fort au monde et aider la République de Maurice à améliorer son classement à l’IPC », conclut Transparency Mauritius.