"Costa-Concordia" : un seizième corps retrouvé dans l'épave

Alors que les opérations nécessaires avant de commencer le pompage du carburant du Concordia ont débuté, mardi 24 janvier, un corps a été retrouvé dans l'épave, ce qui porte à seize le nombre des corps retrouvés, onze jours après la catastrophe, a annoncé la protection civile italienne. Les pompiers ont "repéré le corps d'une personne à l'intérieur du pont trois du bateau", selon un communiqué. Parallèlement aux préparatifs pour le pompage, les opérations de recherche des corps des victimes se poursuivent et les plongeurs militaires ont ouvert un nouveau trou dans la coque du bateau. Seize personnes sont toujours portées disparues.
L'équipe technique de la société néerlandaise Smit Salvage, chargée du pompage, examine toutes les possibilités pour pomper de la manière la plus sûre les quelque 2 400 tonnes de carburant contenues dans les vingt-trois réservoirs du paquebot."Les opérations préliminaires débutent maintenant. Cela signifie que les plongeurs de la société chargée du pompage feront leurs propres opérations sous-marines, qui demanderont probablement deux jours", a expliqué l'ingénieur Claudio Chiavacci, qui appartient au corps des pompiers.
"Nous estimons que le pompage au sens strict du terme pourrait commencer dans quelques jours. Le carburant sur le Concordia sera d'abord réchauffé puis transféré sur un autre navire", a-t-il ajouté. "Le plan de pompage prévoit toute une série de mesures de sécurité, dont des systèmes de récupération de petites fuites qui pourraient se produire lors des opérations", a ajouté l'ingénieur.
LA JUSTICE POURRAIT METTRE EN CAUSE COSTA CROCIERE
Un procureur italien se penche sur les éventuelles responsabilités de Costa Crociere, propriétaire du Concordia, dans le naufrage du paquebot le 13 janvier, indique, mardi, le Corriere della Sera"L'employeur est responsable, c'est lui qui fournit la garantie. Nous devons nous pencher sur les choix faits par l'opérateur", a déclaré le procureur général pour la région de Toscane, Beniamino Deidda, qui n'est toutefois pas chargé de l'enquête. Selon le Corriere, l'officier Roberto Ferrarini, chef de la cellule de crise qui a reçu plusieurs appels du commandant du navire, Francesco Schettino, après que le bateau eut heurté des rochers, pourrait être interrogé mardi. "Jusqu'à présent, l'attention a été portée sur les fautes du capitaine, qui s'est révélé tragiquement incompétent. Mais qui choisit le capitaine ?" avance M. Deidda.
Il relève aussi de nombreux problèmes lors de l'évacuation des passagers. "Il y a la question fondamentale des mesures de sécurité : les chaloupes que personne ne parvenait à faire descendre, les membres d'équipage qui ne savaient pas quoi faire, la faible préparation sur les mesures d'urgence, des ordres contradictoires comme celui, absurde, de retourner dans les cabines", énumère-t-il. "La confusion qui a régné démontre un incroyable laxisme dans les mesures de sécurité. Ceci doit êtreorganisé en amont avec des exercices et des simulations", ajoute-t-il.
Costa Crociere, société basée à Gênes et appartenant au géant américain Carnival Corp, a affirmé qu'elle avait été trompée par le capitaine Schettino sur l'ampleur de l'accident au départ et a évoqué une "erreur humaine". M. Schettino et son second,Ciro Ambrosio, sont pour l'instant les deux seules personnes poursuivies dans cette affaire. Ils sont accusés d'homicides multiples, naufrage et abandon de navire, mais n'ont pas été formellement inculpés. M. Schettino est assigné à domicile.