La ressortissante française Catherine Boudet a été disculpée ce matin dans un jugement rendu par la Cour de district de Mapou, présidée par la magistrate Shefali Ganoo. Elle était poursuivie pour avoir fait une « false and malicious denunciation » à la police à l’effet que Stéphane Jacques Sinclair aurait volé des éléments provenant des archives du musée du Château du Labourdonnais, où il aurait eu accès grâce à une lettre portant le logo et la signature du Premier ministre. Les faits remontent au 12 avril 2011. La journaliste Catherine Boudet avait alors consigné une déposition au poste de police de Rivière-du-Rempart. Suivant l’accusation logée contre elle, elle devait ensuite être arrêtée et placée en détention.
Le sergent Mohit avait confirmé en Cour que M. Sinclair avait faussement utilisé le nom du PMO, ce témoin indiquant également que l’accès aux archives avait été refusé à M. Sinclair par Alain Gordon-Gentil. Lors du procès, le sergent de police a ajouté que l’enquête a révélé que le CV de M. Sinclair n’était pas « correct », ce qui a poussé Catherine Boudet à faire sa déposition. Emmanuel Richon, qui a également témoigné, a confirmé avoir eu plusieurs conversations avec l’accusée au sujet de M. Sinclair, mais qu’il n’arrivait pas à se souvenir de leur teneur. Il a aussi admis que M. Sinclair n’a jamais travaillé au bureau du Premier ministre.
La magistrate note également que le dénommé Stéphane Sinclair n’a pas été appelé à déposer par la Poursuite. « For all the manifold reasons above, the Court has come to the conclusion that the accused never believed that the facts related to the police were indeed false and never did she make it maliciously. Hence, an essential element of the offence has not been established by the prosecution », écrit la magistrate Shefali Ganoo. A noter que Catherine Boudet était représentée par Me Jean-Claude Bibi.