Le Premier ministre : « J’ai été nommé à ce poste par le Président de la République acting in his own deliberate judgment […] The Office of the Prime Minister does not constitute an employment »
Le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, a soulevé, ce matin, quatre objections pour demander à la Cour suprême de rejeter la demande d’injonction contre le paiement de ses allocations en tant que chef du gouvernement. C’était ce matin en Cour suprême devant le chef juge Kheshoe Parsad Matadeen dans l’affaire logée par Me Akil Bissessur. En bref, sir Anerood soutient que les fonctions de Premier ministre ne constituent nullement un emploi et qu’il ne bénéficie pas de salaires en tant que tels mais d’allocations, qui sont votées et approuvées par l’Assemblée nationale. Par les soins de son avoué, Me Thierry Koenig, Senior Attorney, et de Me Désiré Basset, Senior Counsel, il soutient que Me Bissessur ne dispose d’aucun Locus Standi dans cette affaire.
D’entrée de jeu, sir Anerood avance que Me Bissessur ne dispose pas d’Arguable Case car en tant qu’ancien Président de la République, il n’a pris aucun « remunerative employment » sous la section 4 (2) du President’s Emoluments and Pensions Act de 1992. « The office of Prime Minister to which I have been called upon by the President acting in his own deliberate judgment as the member of the Assembly who is very able to command the support of the majority of members of the Assembly following the last general elections, does not constitute an employment », fait-il comprendre.
À ce même chapitre, le Premier ministre poursuit en affirmant qu’il ne perçoit pas de salaires mais seulement des allocations, qui sont votées et approuvées par l’Assemblée nationale. « As Prime Minister of the Republic of Mauritius, he has neither undertaken not committed himself to any contractual terms and conditions for any remunerative employment nor has he placed himself in a relationship where he is the subject to a lien de subordination towards anyone. As Prime Minister, sir Anerood has a tenure of office which is governed by the Constitution », ajoute-t-il en demandant à la Cour suprême de conclure que « the application to review decisions that have been voted, endorsed and approved by Parliament is misconceived because such decisions are not amenable to judicial review ».
Dans les trois autres objections, sir Anerood avance que « the application has not been lodged promptly and in any event outside the limitation period of three months » et dans lequel cas Me Bissessur n’a pas obtenu « leave to apply for judicial review outside delay », que Me Bissessur n’a pas soumis de « statement of case together with the motion paper. This omission is fatal as has been held by the Supreme Court ».
En dernier lieu, le Premier ministre maintient qu’en tant que contribuable, Me Bissessur n’a aucun Locus Standi. « Akil Bissessur solely by virtue of being an individual taxpayer and a citizen of the Republic of Mauritius does not have a sufficient interest to obtain leave to challenge the decisions to pay the Prime Minister the requisite allowance as per the laws of Mauritius ». Plus loin, le Premier ministre s’appesantit sur le fait que « the application is wholly misconceived (… because Akil Bissessur has no locus as a private individual to enter any such main case as claimant) ».