Cour suprême

– Un ancien cadre des Nations unies résidant en Angleterre fait état de plusieurs sommes d’argent débitées de son compte à travers l’application mobile Juice alors qu’il n’a même pas souscrit à ce service

Louis Berty Nayna, un ancien cadre des Nations unies qui réside aujourd’hui en Angleterre, a fait servir hier une mise en demeure à la Mauritius Commercial Bank à qui il réclame la somme de Rs 2 920 000. Louis Berty Nayna se dit victime d’une escroquerie commise à partir de l’application mobile Juice de la MCB, qui permet des transferts d’argent à travers le téléphone portable alors qu’il ne s’est jamais souscrit à ce service. Il évoque plus d’une trentaine de transactions effectuées à travers Juice, parmi une quinzaine le même jour alors que la banque n’aurait rien remarqué. Ce Mauricien retraité tient la MCB responsable de n’avoir pas assuré la sécurité de l’argent des clients et de n’avoir rien fait pour les protéger contre des fraudes à travers cette application.

Louis Berty Nayna a retenu les services de l’avocat Me Siv Pottaya et le Senior Vijay Dwarka. Dans la mise en demeure, le retraité explique qu’il vit aujourd’hui en Angleterre après une carrière en tant que Liaison Officer aux Nations unies à New York et en tant qu’External Relations Officer à l’International Maritime Organisation à Londres. Il détient deux comptes bancaires à la MCB, l’un en dollars et l’autre en roupie mauricienne. En mars 2019, lors d’une visite à Maurice, il devait se rendre à la banque pour obtenir une copie de ses relevés bancaires et on lui fait comprendre que les relevés bancaires sont envoyés en juillet et décembre. Le 25 juillet 2019, de retour à Maurice, il reçoit effectivement par email les relevés bancaires. C’est là qu’il remarque que ses comptes avaient été débités à plusieurs reprises et qu’il n’était pas l’auteur de ces transactions. Il contacte alors la banque qui le met en communication avec un Fraud Officer qui lui a demandé de rapporter l’affaire à la police. Après plusieurs tentatives, il parvient à obtenir une copie des relevés de ces transactions et réalise que celles-ci ont été effectuées à travers l’application mobile Juice de la MCB sur deux numéros de portable différents qui ne sont pas enregistrés à son nom ni à celui de ses proches. Il estime que ces transactions ont été faites de façon illégale sans son consentement.

Louis Berty Nayna maintient qu’il ne s’est jamais souscrit au service Juice de la MCB et n’a jamais autorisé quiconque à faire des transferts d’argent pour lui. Il ne reconnaît pas les deux numéros de téléphone portables sur lesquels les transferts d’argent ont été faits. « LBN (Louis Berty Nayna) avers that when he decided to open his bank account with you, he did so on the basis of the trust and confidence he had in you, MCB, because as a banking institution, you, MCB had a duty of care towards yours customers and also a duty to keep clients borrowed money safely and to protect them from any misappropriation of their funds », écrit-il dans la mise en demeure. Il indique aussi dans le document qu’il s’est renseigné auprès de la MCB pour savoir qui s’était enregistré pour le service Juice à sa place mais n’a rien obtenu jusqu’à l’heure.

« It is an implied term of the Banker/Customer relationship, whilst opening a bank account that all money belonging to LBN would be kept safely. LBN is not and has never been a subscriber of service provided by you, MCB for the purpose of effecting banking business through juice », dit-il. Et de poursuivre : « You, MCB should have exercised control and detect the drawer’s lack of authority in the manners the accounts were being debited and find it as a suspicious transaction ». Avec les relevés des transactions annexés à sa mise en demeure, Louis Berty Nayna estime que la MCB aurait dû remarquer que les transferts d’argent étaient douteux. Il évoque plus d’une quinzaine de transactions en un jour, toutes effectuées un lundi très tôt le matin.

Ce Mauricien retraité tient la MCB responsable de n’avoir pas assuré la sécurité de l’argent des clients et de n’avoir rien fait pour les protéger contre des fraudes à travers cette application. Il réclame ainsi la somme de Rs 1 260 000 qui représente la somme débitée de ses comptes ainsi que Rs 1 660 000 pour dommages moraux.