photo d'archives

Une pénurie artificielle sur le marché pas à écarter

La Small Planters’ Association craint une pénurie artificielle de légumes sur le marché local. Les planteurs ne sont pas autorisés à se rendre dans leur champ. Plusieurs d’entre eux en ont été chassés hier par des policiers en patrouille. Kripalloo Sunghoon, président de l’association des petits planteurs, déplore que le gouvernement ait ignoré un aspect essentiel en cette période de crise.

« Les légumes font partie des “basic needs”. Mais en ce moment, nous risquons une pénurie artificielle sur le marché local puisque les planteurs ne sont pas autorisés à se rendre dans leur champ. Pas d’activité agricole signifie pas de légumes chez les revendeurs », dira Kripalloo Sunghoon. Selon ce dernier, l’association des petits planteurs a tenté d’entrer en contact avec les personnes concernées au ministère de l’Agro-industrie depuis jeudi dernier. Mais aucune réaction à ce jour. « Il est important que le ministère de l’Agro-industrie sache ce que subissent nos planteurs et les conséquences que cette situation aura sur le marché local. Après des hausses constantes des prix des légumes depuis plusieurs semaines, voire des mois, les consommateurs seront appelés à faire face à un nouveau défi : une pénurie artificielle sur le marché. Avant que cela ne se produise, il faut trouver une solution. Aujourd’hui encore, nous allons essayer d’entrer en contact avec quelqu’un au ministère pour évoquer ce problème », a-t-il dit.

Il note que la situation des planteurs de légumes n’a pas été prise en considération en cette situation de confinement national. « J’ai appris qu’un comité a été mis sur pied par le gouvernement, comprenant Business Mauritius, la Chambre d’Agriculture et la Mauritius Chamber of Commerce and Industry, entre autres.

En revanche, aucun représentant des petits planteurs de légumes n’a été inclus dans ce comité. Le gouvernement n’a pas pris en considération notre situation », a déploré Kripalloo Sunghoon.

Selon ce dernier, plusieurs planteurs se sont rendus dans leur champ le dimanche 22 mars, mais ils ont été renvoyés par des policiers sur patrouille. « Les policiers leur ont interdit de travailler et les planteurs ont été sommés de rentrer chez eux illico. La culture vivrière est un secteur qui nécessite des soins quotidiens. Si les planteurs abandonnent leurs activités, les champs seront transformés en bois dans quelques jours. De plus, si les planteurs ne récoltent pas les légumes prêts, comment vont-ils les vendre aux revendeurs ? », se demande-t-il.

L’association des petits planteurs réclame que des planteurs reçoivent un permis spécial pour se rendre dans leur champ tout en assurant qu’ils portent tous les équipements nécessaires, notamment masques et gants. « Les planteurs doivent pouvoir se rendre dans leur champ pour assurer la production de légumes. Ils doivent aussi être autorisés à emmener leurs employés également. Mais les planteurs doivent aussi pouvoir respecter les conditions sanitaires pour empêcher la propagation du Covid-19, notamment en portant tous les équipements nécessaires en allant travailler », a-t-il précisé.

Et de faire ressortir que le gouvernement doit trouver une solution pour créer un pont entre les planteurs et les revendeurs pour éviter une éventuelle pénurie de légumes sur le marché. De plus, l’association des petits planteurs demande que le gouvernement établisse des prix fixes, surtout pour les légumes les plus consommés en ce moment car elle déplore un abus. « Un consommateur a acheté le brède de giraumon à Rs 50 hier. Les commerçants profitent de la crise pour abuser des consommateurs. Les prix des légumes étaient déjà élevés et maintenant les consommateurs déplorent un abus », a-t-il ajouté.