Le leader du parti Travailliste, Navin Ramgoolam, commentant la propagation de la pandémie du Covid-19 à Maurice, privilégie la santé et la sécurité de chaque Mauricien.  « La priorité des priorités n’est pas l’économie mais bien de protéger la vie de chaque Mauricien », a-t-il soutenu lors d’un point de presse, hier après-midi. Il était en compagnie de trois autres membres du Labour, à savoir le leader de l’opposition, Arvin Boolell, le Dr Farhad Aumeer, responsable du dossier de la Santé  et Patrick Assirvaden, le président. Il a qualifié d’ «  anticonstitutionnelle la décision visant à empêcher des Mauriciens de rentrer dans leur pays » même s’il insiste que le gouvernement aurait dû fermer les frontières plus tôt. Il recommande d’utiliser les relations avec les chefs d’État afin de recevoir des masques pour toute la population. Il prône également une « vraie Disaster Management Unit’ au PMO avec des professionnels ». Enfin, il juge nécessaire d’étendre la fermeture des établissements scolaires.

 « C’est un moment très grave. Nous sommes dans un état d’urgence sanitaire et économique. Je demande au gouvernement de changer son approche amateuriste et d’agir vite en concertation avec les forces vives de la nation et l’opposition », déclare Navin Ramgoolam. Selon lui, la première des priorités dans la conjoncture demeure bien la protection de la vie des Mauriciens. Il a affirmé ne pas être là pour critiquer les manquements mais «  au contraire, il nous faut être soudés et n’exclure aucune suggestion ». Il a plaidé pour que le gouvernement agisse dans la transparence. «  Ne cachez rien. Même s’il y a une chose qui est mauvaise, il faut le dire ». Dans cette crise «  sans précédent », selon lui, «  c’est une course contre la montre. Le virus ne regarde pas la couleur de la peau, si une personne est pauvre ou riche. Il nous faut agir ensemble comme une seule nation ».

S’il s’est dit heureux que le gouvernement ait entendu sa suggestion au sujet des frontières, le leader du PTr dit espérer que toutes les frontières seront fermées. « Ils étaient dans un Denial Mode. On laissait les croisières débarquer, on est même allé jusqu’à baisser les prix des billets d’avion. On a attendu trois jours avant de fermer les frontières. C’était pourtant clair que tôt ou tard on allait être affecté. D’ailleurs, l’OMS avait déjà listé le pays comme étant à haut risque depuis le 8 mars ». Chaque jour perdu nous a coûté très cher, poursuit-il. Se référant aux exemples de l’Italie et des États-Unis, le leader des rouges a fait état de la progression exponentielle des cas.

Ce que le gouvernement doit faire à présent, selon lui, c’est en premier lieu instituer une «  vraie Disaster Management Unit au PMO avec de vrais professionnels ». Il demande au gouvernement de solliciter des expertises dans le domaine. Par ailleurs, il estime que deux semaines de fermeture des écoles sont trop courtes et qu’il faut l’étendre. «  Il faut encourager les scolaires et les enseignants à travailler à distance ». Quant aux mères qui doivent rester avec leurs enfants à la maison, «  le gouvernement doit leur assurer leur salaire in toto ».

Au chapitre des équipements de protection, Navin Ramgoolam considère qu’il importe de pourvoir des membres de la profession médicale de masques appropriés . «  Il faut en urgence protéger les employés du secteur médical, pas juste les médecins et les infirmiers mais aussi les Attendants, etc. ». Il demande dans la foulée un contrôle des prix sur cet item.

Navin Ramgoolam propose une pause dans l’organisation des courses hippiques, ou encore l’ouverture des salles de cinéma, des Foodcourts et dans la tenue des fêtes religieuses. «  Il faut encourager les gens à travailler de chez eux. Le gouvernement doit leur garantir leurs salaires », dit-il. Selon lui, l’Economic Stimulus Package est «  vague et insuffisant ». Il trouve « malheureux que Pravind Jugnauth comme ministre des Finances ait mis la main dans les réserves de la Banque de Maurice. Il a amendé la loi à cet effet ». Il a par ailleurs exprimé son désaccord face au bail out demandé par certaines compagnies. « Il faut imposer des conditions strictes. Il faut faire attention car les grosses compagnies s’asseyent sur de gros profits par milliards. Ce n’est pas acceptable. On ne peut donner des Bail outs et ne rien avoir en retour. Ce sont les PME qui créent plus d’emplois. Il faut un package spécial pour eux », suggère-t-il tout en réclamant une amnistie fiscale de la part de la Mauritius Revenue Authority (MRA).

Pour sa part, Farhad Aumeer a estimé que le gouvernement aurait dû demander au directeur national de l’hôpital de Candos un relevé des tests effectués chaque jour. Il a exprimé son incompréhension du fait que le X-Ray d’un des premiers porteurs du Covid 19 avait montré des signes clairs et malgré tout on n’avait pas fait le test avant. Il a aussi trouvé «  mal inspirée » la visite du Premier ministre, du ministre de la Santé et du DPM mercredi dans les centres de quarantaine, cela sans protection. Médecin de profession, il a souligné un point qu’il n’a pu soulever au Parlement la dernière fois, soit de savoir si parmi les tests de dengue, il n’y avait pas en fait des cas de Covid-19 vu le nombre de similarités entre les deux pathologies. Il souligne par ailleurs l’importance que les personnes mises en quarantaine ne soient pas testées seulement à leur entrée mais aussi à leur sortie. Il estime que le gouvernement s’appuie trop sur le dépistage de la température alors qu’au début d’une contamination, le patient peut ne pas avoir de symptômes.