Dressant un constat des réalisations accomplies par le gouvernement durant l’année écoulée, le Mauritius Trade Union Congress (MTUC), tout en reconnaissant et exprimant son appréciation pour certaines mesures prises, estime qu’au niveau de la création d’emplois, « le bilan, après une année, laisse à désirer. Nous mettons en doute la capacité du gouvernement à créer 100 000 emplois ». Le regroupement syndical dit être, par ailleurs, resté sur sa faim en ce qu’il s’agit de l’Employment Relations Act et du salaire minimal.
Le MTUC se dit « en général satisfait de la performance du gouvernement, surtout en ce qui concerne sa décision de combattre la fraude et la corruption ». Dewan Quedou, le président, dit avoir accueilli favorablement le Good Governance and Integrity Reporting Bill en vue de freiner les richesses mal acquises, « d’autant plus que d’autres employés sont redevables envers la MRA alors que des gros requins y échappent et continuent à jouir de leurs richesses illicites ». Le MTUC félicite d’ailleurs le ministre de la Bonne gouvernance Roshi Bhadain pour cette loi.
Le MTUC se dit aussi satisfait de la décision prise par le gouvernement dans l’affaire BAI. « Le gouvernement a fait un effort extraordinaire pour rembourser en partie les employés et retraités ayant investi leur épargne à la BAI. Sans cet effort du gouvernement, ils auraient tout perdu ». Par ailleurs, pour Dewan Quedou, « le gouvernement a fait un effort pour redresser la situation économique en essayant de créer de l’emploi. Le gouvernement est conscient qu’il y a beaucoup de diplômés dans le pays qui sont sans emploi. D’après le projet de Vision 2030 tel que présenté par le gouvernement, on espère que les autorités pourront tenir leur parole de création de 100 000 emplois ». Tout aussi appréciables, selon le MTUC, les amendements apportés par le ministère du Travail pour le congé de maternité, désormais passé à 14 semaines, et « une des mesures les plus populaires prises par ce gouvernement : l’augmentation de pension aux retraités, orphelins et veuves ».
Toutefois, certaines mesures, regrette le MTUC, n’ont pu être réalisées. À l’exemple de l’amendement de l’ERA, « notamment, l’amendement pour plus de flexibilités autour du droit de grève quand il y a deadlock entre le syndicat et les entreprises ». D’autre part, poursuit Dewan Quedou, « si le gouvernement a exprimé sa volonté de créer 100 000 emplois sur cinq ans, le bilan après une année laisse à désirer et nous mettons encore en doute sa capacité de le faire ». Autre promesse restée sur la touche : le salaire minimal. Pour le MTUC, « le salaire minimal devrait être de Rs 12 000 par individu par mois. Il y a encore des employés dans l’industrie manufacturière et du textile qui perçoivent un salaire dérisoire même s’il y a des Remuneration Orders. Malheureusement, les entreprises ne respectent pas la loi. Elles trouvent toutes sortes de moyens pour détourner l’attention et elles proposent d’emmener des employés étrangers pour remplacer des Mauriciens ». Dewan Quedou ajoute : « Il est temps de freiner le nombre de travailleurs étrangers dans le pays. D’autant que, selon nos informations, nombre de travailleurs étrangers contractent des mariages avec des Mauriciens/Mauriciennes pour ensuite divorcer. Cela, dans le but, de rester à Maurice. C’est très grave pour le pays. » Le MTUC préconise que les étrangers soient recrutés seulement dans des filières où la main-d’oeuvre mauricienne et le savoir-faire local font défaut. « Il faut de plus une loi pour protéger les Mauriciens qui vont travailler à l’étranger. Certains Mauriciens travaillant dans les pays du Moyen-Orient sont très exploités. Les conventions du Bureau international du travail ne sont pas respectées. Le gouvernement devrait établir des protocoles d’accord avec ces pays pour que la loi internationale soit respectée et que les Mauriciens puissent travailler dans des conditions décentes ».
Enfin, le MTUC dit souhaiter que la Confédération des travailleurs du secteur privé rejoigne le Conseil des Syndicats, car « c’est un des critères préconisés par le BIT pour financer les actions syndicales à Maurice. C’est la seule plateforme pouvant unir les plateformes syndicales. Au niveau international, Maurice est très mal perçue en comparaison aux autres pays africains, à cause des divisions parmi les travailleurs. Cela affecte les négociations, que ce soit pour un salaire décent, ou pour la compensation salariale ».