La Banque de Maurice annonce la création d’une cellule spéciale dans le cadre de son mandat visant à prévenir et à sanctionner tout cas de crimes financiers pouvant contribuer à une déstabilisation du secteur financier local.Conformément aux dispositions de l’Economic and Financial Measures (Miscellaneous Provisions) Act de 2013, la banque centrale a institué une Market Intelligence Cell, dont la responsabilité sera d’aider les autorités à combattre les diverses formes de crimes financiers. Cette cellule est habilitée à recueillir, de divers milieux, les informations ayant trait à des fraudes financières ou toute autre nouvelle forme de fraudlent schemes. Cette cellule est en train de concevoir un mécanisme pour la collecte de données sur le marché et de renseignements à caractère sensible pouvant l’aider à accomplir son devoir.
« The Bank strongly believes that, as a supervisory authority, it must join forces with other supervisory and law enforcement agencies as well as members of the public to preserve the integrity and soundness of the financial sector », annonce la BoM dans un communiqué. D’où la décision de la cellule spéciale de travailler en étroite collaboration avec d’autres autorités compétentes. La BoM demande au grand public de collaborer avec la nouvelle cellule et souligne qu’elle compte sur les renseignements que le public voudra bien lui communiquer pour que le combat contre les crimes financiers puisse être un succès.
La BoM ajoute que la confidentialité des informations qui seront communiquées à la cellule est assurée. L’anonymat de l’informateur sera aussi préservé si une demande en ce sens est faite.
Dans son rapport annuel couvrant l’exercice financier 2012-2013, le gouverneur de la banque centrale, Manou Bheenick, avait évoqué les diverses arnaques financières rapportées depuis le début de la présente année, et qui avaient sonné le réveil des autorités régulatrices, les incitant à revoir leurs opérations relatives à la détection et au combat contre le crime financier sous toutes ses formes. Faisant allusion aux Ponzi Schemes, Manou Bheenick faisait ressortir que lorsque ces cas ont été découverts, les autorités bancaires ont « stepped in to manage the crisis » et ont rassuré les victimes en mettant en place un comptoir dédié à l’écoute de leurs doléances. Le gouverneur devait indiquer qu’à fin juin 2013, le montant total ayant été “defrauded” s’élevait à 835 millions et que le nombre de victimes des six compagnies impliquées dans ces arnaques avait atteint 2 290. Manou Bheenick avait ajouté que le montant concerné par des nombreux cas d’arnaque approchait le milliard de roupies.
La BoM a ensuite recherché l’assistance de la Reserve Bank of India (RBI), la banque centrale de la Grande Péninsule, pour voir comment renforcer l’arsenal dont disposent les autorités bancaires locales pour lutter contre les crimes financiers. L’une des propositions de la RBI portait justement sur l’institution de « dedicated cells to gather market intelligence » ainsi que le renforcement de la coordination du travail effectué par les régulateurs.  
Par ailleurs, dans son discours à l’inauguration officielle du siège social de la Bramer Bank à Port-Louis à la mi-novembre 2013, le gouverneur de la BoM avait, tout en saluant les efforts des banques commerciales en termes d’innovation technologique, recommandé que des processus de contrôle et de gestion des risques ne soient pas négligés pour autant. Les opérations bancaires, avait-il observé, sont de plus en plus transfrontalières, le transfert des fonds d’un centre financier à un autre se faisant en l’espace de quelques secondes. Manou Bheenick avait ensuite lancé une mise en garde aux acteurs du secteur financier : « We must remind ourselves that the risks of money laundering are ever-present. Banks should always be on the alert to combat money laundering and to prevent our financial  system from being used as a conduit for such crimes. » Le gouverneur de la BoM avait conclu sous ce chapitre en disant son appréciation des récentes mesures annoncées dans le Budget 2014 pour combattre les crimes financiers.