Photo d'illustration

80% des légumes pourrissent dans les champs

Les Mauriciens connaissent actuellement une pénurie artificielle des légumes sur le marché local, mais, dans un mois, ils devront faire face à une véritable pénurie. C’est ce que prévoit la Small Planters’ Association, vu la conjoncture actuelle. Son président, Kripalloo Sunghoon, explique que 80% des légumes, prêts pour la récolte, pourrissent dans les champs car les planteurs ne parviennent ni à tous les récolter ni à les distribuer aux revendeurs.

La situation des planteurs de légumes se détériore davantage car ils encourent de « grosses pertes » en cette période de confinement national. « À ce jour, 80% des légumes prêts à être récoltés, pourrissent dans les champs. Les planteurs ne parviennent pas à tous les récolter. Ils ont eu des directives de ne pas distribuer leurs légumes aux revendeurs. Seuls les planteurs ont le droit de vendre leurs récoltes de leur champ directement ou de chez eux. Mais, les planteurs ne vendent pas la variété que recherchent normalement les consommateurs. Ni n’ont-ils le droit de livrer à des supermarchés qui ont eu le droit d’opérer. Parallèlement, ils n’ont toujours pas le droit d’emmener des travailleurs avec eux dans les champs pour la récolte. Par conséquent, les planteurs ne peuvent récolter des légumes sur plusieurs arpents », avance Kripalloo Sunghoon. Il dit avoir visité un champ de piments récemment et le constat était inquiétant. « Tous les piments ont muri sur les plantes. Ceci dit, nous n’aurons pas de nouveaux piments dans les champs de sitôt », affirme le président de l’association.

Il indique que cette situation mènera à une pénurie de légumes sur le marché local dans environ un mois. « Ce que les consommateurs vivent en ce moment, c’est une pénurie artificielle. Mais, il faudra s’attendre à une véritable pénurie dans un mois. Avec la quantité de légumes qui pourrissent dans les champs, il est fort probable que ces derniers soient abandonnés. Et les planteurs ne comptent pas reprendre les activités agricoles aussitôt, surtout après les nombreuses pertes encourues depuis le début de cette année », précise Kripalloo Sunghoon.

L’association des petits planteurs déplore toujours « l’indifférence du gouvernement ». Kripalloo Sunghoon dit « ne pas comprendre » pourquoi le gouvernement, en particulier le ministère de l’Agro-industrie, ne prend pas en considération la situation des petits planteurs de légumes. « Nous n’avons pas baissé les bras. Nous continuons à communiquer nos problèmes au gouvernement par le biais des contacts au ministère de l’Agro-industrie. Mais aucune réaction à ce jour. Nous ne comprenons pas pourquoi le gouvernement agit ainsi », dit-il.