Faux profils, diffusion de fausses rumeurs, envoi de messages insultants… Peu importe la forme sous laquelle il se présente, le cyberharcèlement (ou la cyberintimidation) est un phénomène quasiment incontrôlable. Sous le couvert de la liberté d’expression, certains pratiquent sans vergogne le lynchage public. L’anonymat d’un écran n’est pas sans conséquence…
Nous jugeons, nous insultons, nous humilions. Tel un tribunal à ciel ouvert, le Web est, depuis quelques années, un terrain sans foi ni loi où la présomption d’innocence n’a pas sa place. Certains se souviendront sûrement du jeune cancéreux Atish Ramnarayan, âgé de 29 ans, décédé d’un arrêt cardiaque en 2014. En quête d’une fille pour son oncle, ce dernier publie une annonce sur Facebook. Son post provoque un tollé car un modérateur enjoint les internautes à se méfier de lui. “Bann-la inn defoul zot lor li, inn tret li de tou bann nom. Sa inn boukou afekte li; sa post-la inn terni so repitasion. So leta de sante inn anpire zis apre, sa inn deklans enn stres emosionel, ziska li’nn mor.” Presque trois ans après, les blessures sont toujours aussi vives, si l’on en croit Sanjana Ramnarayan, la belle-soeur d’Atish.
Tout comme ce dernier, de nombreux internautes sont victimes de lynchage gratuit. “Avec l’avènement de la technologie, le harcèlement dans les cours de récréation s’est transposé sur internet. Nous avons affaire aujourd’hui au cyberbullying”, souligne Manish Lobin, Information Security Consultant à la CERT-MU (The Computer Emergency Response Team of Mauritius). “Le terme cyberbullying concerne majoritairement les jeunes. Pour les adultes, nous parlons de harcèlement en ligne, d’online harassment. Vous êtes persécuté avec des messages insultants, à travers des faux profils sur les réseaux sociaux, et votre réputation est ternie”.