CYCLISME: Le cyclisme mauricien s’exporte

À bientôt 17 ans, Gabriel Mayer se rend en France, histoire d’apprendre le métier. Pour lui, l’objectif n’est pas forcément de passer pro

La saison 2012 se déroulera sans les habituels meneurs du peloton. Gabriel Mayer, Olivier Lecourt, Hugo Caëtane, Pascal Ladaub, James Colin Mayer, autant de coureurs qui seront en action sur les routes étrangères. Mais qu’est-ce qui explique ce phénomène ? Quelques éléments de réponse avec ceux qui s’en iront justement.
Il semblerait que, lors de leur déplacement en France, Pascal Ladaub et Hugo Caëtane ont tapé dans l’œil des dirigeants du club Vélo Sport de Monnaie. Les dirigeants du club leur avaient demandé s’ils ne voulaient pas venir exercer leurs talents sur les routes françaises. Une “proposition” qu’ils ont acceptée assez vite. « En fait, le but est surtout de se faire connaître en France », souligne Hugo Caëtane.
De son côté, Olivier Lecourt a déjà tenté l’aventure sur les routes européennes. L’année dernière, il avait posé ses valises en Allemagne. Cette année, il passera la frontière pour se rendre en France, plus particulièrement en Alsace. « Là-bas, je vais bouger. Je vais faire plus de courses. » Mais surtout, l’objectif est d’atteindre un niveau encore plus élevé. « Il s’agit de taper dans l’œil des directeurs sportifs. »
Dans le même cas que lui, son camarade Gabriel Mayer se rendra lui aussi en France. Pour lui, il s’agira d’apprendre le “vrai” monde du vélo. « À Maurice, le peloton de 20 coureurs, ce n’est pas vraiment un peloton. En France, c’est 90 coureurs, de vraies courses en ligne, de vraies bordures. C’est de ce genre de choses dont j’ai besoin pour progresser », explique le coureur junior 1, qui fêtera ses 17 ans en mai.
Bien sûr, il s’agira également de se fixer des objectifs dans l’année et pour la prochaine saison. « Par exemple, je vais faire les championnats de France. L’objectif serait de passer ce premier cap, et si je fais un bon rang, m’en fixer d’autres pour l’année prochaine », lâche le jeune homme.
En fait, si la densité des coureurs augmente cette année, c’est que les objectifs changent. Fini le temps où ils se contentaient d’un simple passage au sein du centre continental de l’UCI en Afrique du Sud. Ils visent plus grand, même s’ils ne le disent pas haut et fort.
Hugo Caëtane, ancien habitué du Centre de Potchesfroome en Afrique du Sud, ne pense pas au statut de pro. « Le club que je vais intégrer est une petite structure. Je vais surtout tâcher d’en chercher une beaucoup plus importante. » « Il faut être réaliste. Il faut chercher quelque chose de plus substantiel, avec un club plus important, où je peux évoluer et faire des courses de catégorie 1. Mais pro, il faut vraiment penser à la question. »
Gabriel Mayer, quant à lui, pense à l’échelon supérieur. « La première année junior, c’est surtout pour apprendre. Passer pro, c’est pour après. » Après, c’est pour quand ? « Quatre ou cinq ans. C’est vraiment vers 20-21 ans que le moment vient pour se faire repérer. Avant, il faut apprendre. »
Par contre, Olivier Lecourt, lui, y pense quasiment tout le temps. « Je vais en Europe pour passer pro. Il n’y a pas d’autre objectif. » Et sa saison locale ? « J’espère pouvoir venir gagner les championnats nationaux sur route et le Trophée des Grimpeurs. »
L’Europe devient pour l’instant le berceau des rêves des jeunes cyclistes. En espérant qu’ils arrivent à se frayer un chemin parmi les étoiles…