CYCLISME - TOUR DE MAURICE (2E ÉTAPE) : Myles Musschenbroek à 41 km/h !

Le Sud-Africain de la Team Pro Touch Myles Musschenbroek a remporté hier à Curepipe la deuxième étape du Tour de Maurice, au terme d’une longue échappée en compagnie de son coéquipier Pieter Seyfertt et de l’autre Sud-Africain Alex Pavlov. Le vainqueur a tenu une moyenne de 41,73 km/h et un chrono de 2h36’08 pour rallier l’arrivée.
Cette deuxième étape a été marquée par la grande vadrouille de trois coureurs. Pieter Seyfertt, Myles Musschenbroek et Alex Pavlov, tous très loin au général, ont créé l’échappée qui prendrait jusqu’à 5’40 sur le peloton où se trouvait le maillot jaune.
« Ils ont roulé pour se repositionner au classement général. Ils étaient vraiment très forts », explique Alex Pavlov, deuxième de l’étape, à 2’50 du vainqueur. Pourtant, ce n’est pas Musschenbroek qui lance les hostilités. Lui n‘est sorti en contre que lorsque ses deux camarades d’échappée ont pris la tangente dès le km 25.
Myles Musschenbroek a tenté un coup de poker gagnant. Alors que les trois coureurs entamaient la remontée vers l’arrivée, c’est Pieter Seyfertt qui lâche en premier. Pavlov, lui, tiendra un peu plus longtemps, suffisamment pour accrocher une deuxième place sur l’étape. Musschenbroek, pour sa part, tiendra jusqu’au bout. « C’est ma première victoire cette saison. Je reviens d’une blessure et je voulais vraiment réaliser quelque chose », lâche le Sud-Africain.
Pourtant, il a un seul regret au moment de passer la ligne d’arrivée : celui d’avoir touché du doigt le maillot jaune, sans parvenir à mettre totalement la main dessus. Au vu de l’avance qu’il avait, l’objectif était possible. « Je suis venu à Maurice avec l’ambition de remporter le Tour. Mais j’ai perdu du temps hier (ndlr : au cours de la première étape). N’empêche, je vais encore tenter des choses », poursuit-il.
Au troisième rang de l’épreuve, Olivier Lecourt, le maillot jaune himself, qui a refermé avec ses camarades de la Team MCB un trou de plus de cinq minutes. « C’est dans la montée Lapeyre que j’ai attaqué, en compagnie de Yannick (Lincoln). J’ai vu que personne n’a réagi. J’ai continué et j’ai pu refermer l’écart. »
Cette journée a, semble-t-il, marqué certains organismes. Celui de Guillaume Gaboriaud en premier. Deuxième depuis le prologue, le Français de la KFC Team a accusé le coup dans l’ultime difficulté, à seulement six kilomètres de l’arrivée. Olivier Lecourt s’en réjouit d’ailleurs. « Je l’ai distancé un peu plus. On peut dire que c’était une bonne journée. »
Yannick Lincoln, pour sa part, grimpe d’un cran dans le classement. Il est désormais deuxième, avec 1’02 de retard sur Lecourt, alors que Gaboriaud présente déjà 1’27 de retard sur le maillot jaune. Les deux prochaines étapes aujourd’hui devraient définitivement laisser entrevoir l’identité du futur vainqueur du Tour.


Tour de Maurice 2017 (3e étape ce matin)
Ryan Harris s'impose

Le Sud-Africain de la Pro Touch Ryan Harris a remporté ce matin le contre-la-montre individuel, sur 13 km, devant les locaux d'Omnicane en 17'08. Il a devancé le maillot jaune, Olivier Lecourt, de 29 secondes, alors que ce dernier conforte son emprise sur la tête de la course.
Le premier temps canon de la journée a été signé par Christopher Lagane. Avec 17'40, le Mauricien, spécialiste de l'épreuve, a tenu un bon moment, avant que ne s'élancent les leaders au classement général. Ainsi, Yannick Lincoln d'abord, avec ses 17'39, prend la 4e place de l'épreuve, alors que Guillaume Gaboriaud termine sur le podium en 17'38. Olivier Lecourt maintient ses adversaires à distance avec son chrono, laissant la victoire d'étape à Ryan Harris, qui offre à la Pro Touch son deuxième succès en deux jours.
La quatrième étape, cet après-midi, devait voir les coureurs passer par l'Ouest de l'île. Le départ fictif a été donné à 14h à Ébène, alors que le départ réel de l'épreuve était prévu pour La Chaumière. L'arrivée devait être jugée à la Terre des Sept Couleurs.
Par ailleurs, il faut souligner des soucis majeurs entre l'organisation et la presse. À l'heure de la connectivité où tout devient facilement accessible, il est inadmissible que les résultats d'un contre-la-montre disputé le matin ne soient pas disponibles plus d'une heure après l'épreuve. Et dire que la Fédération mauricienne de cyclisme a investi dans un timing system...

Les résultats
1. Ryan Harris (Team Pro Touch/Af.Sud) 17'08
2. Olivier Lecourt (MRI-MCB) 17'37
3. Guillaume Gaboriaud (FFSC KFC/FR.) 17'38
4. Yannick Lincoln (MRI-MCB) 17'39
5. Christopher Lagane (MRI-MCB) 17'40


 Zoom
Myles Musschenbroek, le verbe facile

Le Sud-Africain Myles Musschenbroek a remporté, dès sa première participation au Tour de Maurice, une victoire d’étape de prestige. Un succès qu’il a bâti avec courage et détermination, alors même qu’il s’est retrouvé à sec à moins de dix kilomètres de l’arrivée. « In the last kilometers it was a matter of mind versus heart », lâche le coureur, alors que Lionel Scholtz, son directeur sportif, vient le féliciter.
À peine a-t-il passé la ligne d’arrivée, il a une pensée pour Pieter Seyfertt, son coéquipier. « Je serai sur le podium. Mais c’est surtout à Pieter que cette victoire revient. » Un bon mot aussi pour la Team MCB, surnom de la sélection mauricienne, qui lui a prêté un vélo alors que le sien venait de subir une avarie mécanique. « Ils ont vraiment été sympas. Je leur dois un grand merci. »
Physique de pistard, tout en sueur, il s’excuse même d’avoir les mains moites au moment où il est félicité par son directeur sportif. Pourtant, cinq semaines auparavant, il avait encore le bras dans une écharpe. « Une fracture de l’épaule », dit-il. « J’ai dû faire beaucoup d’entraînements en intérieur. Aujourd’hui, je récolte les fruits de la détermination. »
Il commence le vélo il y a à peine neuf ans auparavant., il rejoint la Pro Touch, où il peut exprimer pleinement son talent. « Je tiens à adresser un merci spécial aux dirigeants de la Pro Touch CT pour m’avoir choisi comme leader. J’étais un domestique au sein de l’équipe où j’étais auparavant. J’ai vraiment eu de la chance. »
Cinquième à 2’33 du leader Olivier Lecourt, le Sud-Africain souhaite encore faire parler son talent. « Je suis venu pour remporter le Tour. Mais avec 2’33, ça risque d’être un peu plus difficile. » Réaliste avec ça. Mais il promet de ne pas se rendre sans se battre. « Je vais encore essayer des choses, peut-être même encore une victoire d’étape. »
Il parle également du sponsor, Pro Touch, une entité qui « fait beaucoup pour les jeunes. » De quoi le rassurer, alors qu’il a hérité pour le Tour de Maurice du statut de leader. « Je pense que les jeunes coureurs ont besoin de soutien. Par exemple, l’encadrement est toujours à nos côtés, ils nous donnent un soutien. Je tiens d’ailleurs à leur dire un grand merci également. »
Il revient sur sa victoire, alors qu’il était déjà dans le rouge. Il se souvient avoir été à court de ravitaillement au moment d’aborder la dernière partie de la course. « Je ne pouvais plus demander de quoi manger. » Il va alors aller aux frontières de ses limites. « Cette victoire, j’ai été la chercher au plus profond de moi, en serrant les dents et en poussant un peu plus mon corps à chaque coup de pédale. »
À l’arrivée, il ne lève pas les bras. Mais il montre son maillot. Celui qu’il aura mouillé pour sa première victoire de l’année…


Dans les coulisses
Trois maillots rouges
pour une étape

Situation des plus cocasses hier au cours de la deuxième étape du Tour à Curepipe. Trois coureurs ont pris le départ avec des maillots rouges. Il s’agissait de Christopher Lagane (MRI-MCB), Guillaume Gaboriaud (KFC Team) et Martin Freyer, porteur du maillot de la combativité. Renseignement pris, les deux premiers portaient tout simplement un coupe-vent.

Résultats en attente…
C’est la même rengaine tous les ans. Après chaque étape, c’est un parcours du combattant pour obtenir les résultats et les différents classements. Pourtant, nous pouvons affirmer que les résultats ont été envoyés par courriel à 20h24 aux dirigeants de clubs. La presse, elle, n’avait toujours pas reçu les classements officiels à 23 heures passées. Oubli ? Boycott ? Des questions qui méritent d’être posées en tout cas.

Le beau geste de
la sélection mauricienne

Myles Musschenbroek, vainqueur de la deuxième étape hier à Curepipe, peut remercier la sélection mauricienne. En effet, c’est la Team Maurice qui lui a prêté un de ses vélos de rechange. Un geste qui lui a, semble-t-il, porté chance, puisqu’il est allé s’imposer en solitaire au terme des 108,6 km de l’étape.

Pavlov le revenant
Le nom d’Alex Pavlov est un nom qui ne dit peut-être rien. Mais le coureur de 35 ans a à son palmarès une deuxième place sur le Tour de Maurice. C’était en 2006 et il avait terminé derrière un certain Chris Froome, aujourd’hui vainqueur de quatre Tours de France. Onze ans plus tard et avec 35 ans au compteur, il est de retour, avec des ambitions plus modestes toutefois. Une victoire d’étape suffirait à son bonheur.


Ils ont dit
Myles Musschenbroek (vainqueur d’étape) :
« Une victoire avec le cœur »

« J’ai été chercher cette victoire avec tout ce que j’avais, mes tripes. J’ai réalisé que j’étais à court de ravitaillement avant la grosse bosse. Je décidé de puiser dans tout ce que j’avais. Ce n’était plus mes réserves. C’est une lutte entre le cœur et la tête. C’est le cœur qui a gagné. Je suis un peu déçu, je cherchais le maillot jaune. Mais je ne vais pas lâcher l’affaire. Il reste encore le chrono (ndlr : couru ce matin) et je tourne plutôt bien sur cet exercice. On avisera pour la suite, d’autant que les choses vont aller en se compliquant avec l’étape de montagne. »

Alex Pavlov (2e de l’étape) :
« Musschenbroek était le plus fort »

« Quand nous sommes sortis avec Seyfertt, on avait décidé de tenter un coup de poker. En gros, ce n’était pas une si mauvaise journée. Je suis venu pour remporter une victoire d’étape. Je la rate de peu. J’ai le maillot de la combativité par contre. Avec les deux autres coureurs, c’était un peu dur devant. Ils ont roulé pour se refaire au classement général. Chapeau à Musschenbroek. Il était vraiment le plus fort. »

Olivier Lecourt (maillot jaune) :
« On garde les adversaires à distance »

« C’était une journée relativement tranquille au début. Mais il fallait réagir à un moment. Lorsque l’échappée est partie, personne n’a paniqué. On a préféré contrôler avec les coéquipiers. Cela dit, il a fallu réagir. Je l’ai fait dans la montée Lapeyre et il n’y a que Yannick qui a suivi. J’ai vu que Gaboriaud était un peu juste. La journée était plutôt bonne; on garde les adversaires à distance. »

Michel Thèze (directeur sportif MRI-MCB) :
« Pas aussi calme que ça »

« Cette journée n’était pas aussi calme que ça. Mais elle a été bien pour nous. Lorsque les trois ont fait leur petit numéro devant, la course reposait sur nous. On a donc commencé à rouler. Les gars ont su quand faire quoi. L’équipe a donc tiré profit de sa journée. En outre, Gaboriaud ne semblait pas très à l’aise dans la côte. Il était essentiel de l’attaquer à ce moment. À l’arrivée, ça donne une minute de marge. »