DANIEL LAURENT (LORD-MAIRE) : « L'être humain est au cœur de mes préoccupations »

Daniel Laurent a été élu mardi lord-maire pour un mandat de deux ans, qu'il dit vouloir honorer « la tête haute ». Pour ce faire, il privilégie l'homme et le place « au cœur de la ville ». Sa vocation dans la politique tire ses sources de son engagement dans le social. Le nouveau maire récuse dès lors le terme de « fausses promesses », soutenant que son travail reposera « sur l'honnêteté et la sincérité ». Voulant faire de Port-Louis une ville éclairée, il prévoit de lui redonner vie la nuit en permettant aux Portlouisiens de redécouvrir la capitale sous un regard neuf. Et à travers la Fête des voisins, Daniel Laurent veut apporter un rapprochement dans chaque quartier. Se qualifiant comme quelqu'un d'émotif qui « finn gagn leker mama », il se dit « sensible face à la misère d'autrui ».

Les Portlouisiens voudraient connaître mieux le nouveau lord-maire. Qu'avez-vous à leur dire  ?
J'ai 40 ans, je suis marié à Vanessa et père de trois filles, Anastasia, Anne Chloé et Adrielle, et je me demande si je ne suis pas le plus jeune lord-maire. Mon père a eu 73 ans en août dernier et ma mère aura le même âge en juillet. Je suis le benjamin d'une famille de quatre enfants (deux frères et une sœur). Manager chez Furniture On Time, j'habite à Cité Briquetterie, Sainte-Croix. C'est un endroit qui a longtemps été négligé et c'est une des raisons qui m'a poussé à m'investir dans le social. Ma sœur Pamela était la présidente du groupe YMCB et un de mes frères a présidé un autre groupe, AJCB; tous deux ont donc œuvré dans le social. Nous voulions nous engager pour la cause des jeunes, les tirer de ce fléau que représente la drogue. Ensuite, chacun de nous a grandi et a emprunté des voies différentes.

À quel moment avez-vous choisi de faire de la politique  ?
Ma vocation pour la politique tire ses sources de mon engagement dans le social. Je voulais améliorer les choses sans faire de fausses promesses. J'ai débuté comme activiste et ma rencontre avec Mahen Jhugroo, que je considère comme mon mentor, a été l'élément catalyseur. Je me suis intégré au régional No 4 et Mahen m'a dit : « Si tu veux faire quelque chose pour ton endroit, engage-toi ! » En 2012, j'ai fait mon entrée dans l'arène politique comme candidat du MSM. Je me rappelle avoir reçu mon ticket vers 00h30 la veille du Nomination Day et, le lendemain, j'étais élu en tête de liste. Pour les élections municipales, c'était le remake : on a travaillé avec le MMM et lors de la cassure, je me suis retrouvé dans les rangs de l'opposition. En 2015, je me suis porté de nouveau candidat et j'ai été réélu en tête de liste en tant que senior counselor. Durant six mois, j'ai eu la chance d'être l'adjoint au maire et cela m'a préparé aujourd'hui à ma mission de lord-maire, qui consiste à être à l'écoute des besoins des Portlouisiens.

Justement, vos priorités pour ce mandat s'articulent autour de quels projets  ?
Il y en a beaucoup, mais je prônerai d'abord l'honnêteté et la sincérité, sans fausses promesses. Ma priorité actuelle consiste à revoir la maintenance des drains, l'asphaltage des rues ainsi que la construction de centres communautaires et d'un “open gym”. On aménagera un terrain synthétique reliant Cité Briquetterie et Riche-Terre. Je souhaite surtout rester près de ceux qui sont dans le besoin.
Mardi, suite à mon élection comme lord-maire, une femme de 83 ans est venue vers moi pour me remercier de l’avoir aidée pour qu'elle ait accès à l'électricité. C'était bien avant mon mandat… Vous savez, on me dit toujours que je suis émotif. Mo finn gagn leker mama, mo bien sansib fas a lamizer lezot. On ne fait pas de politique “pou gagn laglwar”, mon combat à moi est une politique où l'être humain devient le centre de mes préoccupations.

Que prévoyez-vous pour les marchands ambulants  ?
Le gouvernement relogera ces marchands ambulants en appliquant la décision de la cour. Je dis aux marchands de ne pas s'inquiéter car il y aura toujours des solutions à travers le dialogue. Ce qu'ils doivent se mettre en tête, c'est qu'ils deviendront locataires dans un bon emplacement. Avec la mise en place du métro express, il y aura plusieurs développements touristiques et les marchands ambulants ont beaucoup à y gagner.

Qu'en est-il du projet de réaménagement de Port-Louis (Port-Louis Development Initiative) ? Quel rôle la municipalité jouera-t-elle dans ce projet  ?
C'est Jean-Claude de L'Estrac qui en a eu l'idée et la municipalité de Port-Louis est partie prenante de ce concept de développement. Pour l'instant, je ne me prononce pas trop, en attendant une rencontre avec le concepteur du projet. Je dois dire cependant que tout comme Curepipe est connue sous l'appellation de la Ville Lumière, en tant que nouveau lord-maire de Port-Louis, je m'attends à ce que Port-Louis devienne une ville éclairée. Il y a eu Porwli by Light et nous nous voulons que, la nuit, Port-Louis devienne le carrefour des rencontres. Que les Portlouisiens puissent marcher sans peur d'y être attaqués, qu'ils redécouvrent la capitale avec un regard neuf et qu'ils soient fiers d'être Portlouisiens. Il faut donner aux citadins cette envie de rester dans leur ville et, pour cela, il faudrait que Port-Louis retrouve son rayonnement. Le Champ de Mars, lui, disposera de son parking payant. On va juste s'attaquer aux terrains marécageux et décongestionner les routes dans cette partie sans toucher à l'hippodrome, entre autres.

Beaucoup sont préoccupés par les chiens errants. Comment comptez-vous y remédier  ?
Le chien est l'ami de l'homme et il faut arrêter ces cruautés envers les animaux. J'ai ma petite idée pour trouver un emplacement où on pourrait y mettre des bénévoles pour s'occuper de ces chiens. Ces chiens pourront par la suite être recueillis par des familles. C'est un concept que je vais analyser.

Pour permettre à Port-Louis de regagner en popularité, n'est-il pas temps de mettre en place des activités collectives  ?
Pour valoriser chaque coin et chaque recoin de Port-Louis, je mettrai en place la formule de la Fête des voisins. Ainsi, dans chaque quartier, une personne se chargera de réunir tous ses voisins autour du partage d'un repas. Du coup, nous valoriserons la culture, l'endroit et ce sera un excellent moyen de se connaître davantage les uns les autres, d'écouter les doléances de tout un chacun et de trouver une solution pour améliorer son quartier, et par extension sa ville. Je prendrai note des attentes des habitants et, en fonction de cela, la municipalité essaiera d'améliorer le quotidien de chacune des familles. C'est dans le partage, et à travers le dialogue et l'écoute, qu'on pourra apporter un changement dans la vie des Portlouisiens.

En tant que nouveau lord-maire, quels défis pensez-vous devoir affronter  ?
D'abord, c'est une lourde responsabilité qui m'incombe et je rassure les Portlouisiens que je travaillerai toujours avec honnêteté et droiture. Si le Premier ministre a reconnu ma sincérité et ma loyauté, il est de mon devoir d'être un maire exemplaire. Mon défi, c'est d'apporter un changement dans la ville de Port-Louis tout simplement en plaçant l'homme au cœur de mes actions.

Vous avez un rêve pour votre ville  ?
Plus qu'un rêve… Moi qui vis à Cité Briquetterie, Sainte-Croix, je connais la réalité de la vie et ma vision est de faire de Sainte-Croix un lieu qui abritera une école de musique de même qu'un amphithéâtre, qui mettra en relief les talents des jeunes. J'espère aussi développer l'enfant dès son jeune âge grâce à la poésie et le dessin. Nous pourrons, en ce sens, exploiter la foire et trouver un espace pour donner libre cours à la créativité. J'ai la sagesse de croire que chaque action entraînera une réaction positive. Et je souhaite terminer mon mandat de deux ans avec un bilan positif, où chaque Portlouisien aura retrouvé à la fois un rayonnement au sein de sa ville et un rayonnement intérieur.

Que pensez-vous des élections partielles à Quatre-Bornes  ?
Je ne me prononcerai pas dessus. Moi, j'ai été appelé à travailler pour la ville de Port-Louis.