Daniel Marie s’en est allé sur la pointe des pieds aux petites heures du matin, à 5h32 précisément, soit quelques jours seulement après avoir fêté ses 52 ans. Il s’est éteint progressivement pendant cette dernière semaine et avait choisi de rentrer dans sa demeure de Tamarin pour son dernier grand voyage.
Finalement, son cancer de l’estomac a eu raison de lui après un combat de presque deux ans, forçant l’admiration de ses médecins par tant de combativité dans cette bataille inégale et injuste. Depuis de nombreux mois, on a vu la silhouette de ce solide gaillard se raffermir dans les couloirs de l’entreprise, qu’il quitta définitivement il y a quelques mois pour ne plus jamais y retourner, malgré une volonté affirmée chaque semaine de reprendre son poste. 
Depuis la triste découverte, il vivait un long calvaire qu’il tentait de feindre parce que plus pénible encore pour cet homme d’action, que sa maudite maladie a contraint à une inactivité qui le rongeait. Comment pouvait-il en être autrement pour ce bosseur hors pair qui, au long de ses 30 ans de carrière, n’a connu que le seul emploi de secrétaire de rédaction au sein du Mauricien ? Il était devenu un véritable pilier du journal, qu’il avait rejoint à 22 ans, en 1987, au secrétariat de rédaction, métier qu’il a embrassé à tous les échelons avant d’en devenir la cheville ouvrière et le chef incontesté. Il a côtoyé de nombreux rédacteurs en chef, à qui il a montré la voie, son soutien critique et, surtout, son dévouement et son expertise appréciée de tous. 
Avant de rejoindre le milieu professionnel, Daniel Marie était un élève de Notre Dame de la Confiance et du Lycée Labourdonnais, Amateur d’échec et ancien joueur de rugby, il a aussi avalé des kilomètres à vélo dans sa constante quête de découverte et de recherches de nouvelles sensations et de passions. Daniel Marie était un personnage haut en couleur, comme traduit par ses chemises bigarrées et colorées  qu’il portait ostensiblement autour d’un embonpoint qui lui valut le sobriquet de « BIG », et n’a jamais caché son admiration pour le personnage de Gaëtan Duval, dont une photo sur un cheval trônait sur son bureau. C’est la raison pour laquelle il a finalement hérité du surnom de « BIG JOE ».
Big Joe était aussi un responsable rigoureux et sans concession quand il s’agissait de travail, et ils ne sont pas nombreux ceux ayant réussi à faire taire la grande gueule de ce grand têtu devant l’éternel. Comme tout humain normalement constitué, il lui arrivait, sous la pression ou devant la « paresse » de certains, de prendre un peu le large, mais il était le premier à reconnaître sa faute et savait s’excuser quand il fallait le faire. 
Derrière cette dureté de façade et son air de gros dur se cachait en fait pourtant un coeur d’artichaut ou d’or, un fidèle en amitié, le type de personnage dont on est fier de dire et d’être un ami. Après les montées d’adrénaline du travail, il savait aussi faire la fête et entraîner ses pairs et sa bande dans ses rires et ses débordements de bonheur. Ceux ayant participé à sa vie sociale savent comment il était un bon vivant aimant la bonne chère et le bon alcool, et les… dont il a sans doute un peu (trop) abusé. Sa joie de vivre, il l’a transmise à nombre d’entre nous.
Les couloirs du Mauricien seront désormais moins bruyants à la mi-journée et les vendredis soirs un peu moins festifs après le travail, mais son âme et sa mémoire seront à jamais présentes tandis que son souvenir habitera chacun de tous ceux qui l’ont connu et côtoyé, lorsqu’ils passeront au 2e étage. 
Nos pensées et nos condoléances vont à sa mère, Ginette, à son épouse, Ginette, à sa soeur jumelle, Dominique et son mari Jacques, à sa soeur Carletta et à son frère, Patrick. 
Au nom de l’ensemble de tes collègues du Mauricien et du Mauricien Ltd, de la direction du Mauricien Ltd et du personnel et au nom de tes plus proches collaborateurs Patrick et Husna, au nom de la bande à YéYé et de tous ceux qui ont eu la chance de te connaître et de te côtoyer, nous te saluons, Monsieur Daniel Marie ! Merci pour tout !