DANIELLE WONG : « Il faut “deregister” le CSR »

Notre invitée de ce dimanche est Danielle Wong, présidente jusqu’à la fin de décembre du National CSR Committee. Dans l’interview réalisée mercredi dernier, elle fait le bilan de son action et nous donne son point de vue sur la lutte contre la pauvreté, l’action des ONG et le remplacement du NCSRC par une fondation à partir du 1er janvier.
Comment passe-t-on de 33 ans à défendre les intérêts du patronat du secteur textile au bénévolat, à la philanthropie, en devenant la présidente du National CSR Committee ?
 Pour parler comme dans le textile, disons que je me suis recyclée. Mais je fais du bénévolat et je défends la solidarité responsable depuis des années. Au niveau de la MEXA, je devais faire respecter les rules and regulations des normes internationales dont la responsabilité sociale des entreprises dans le traitement de leurs employés. Je ne me suis pas réveillée un beau matin pour décider de faire de la philanthropie. J’ai été guide dans mon enfance, et mes parents et ma foi religieuse m’ont éduquée pour être toujours à l’écoute, au service des autres. Le fait d’avoir été  pendant 33 ans à la MEXA m’a fait connaître toutes les entreprises et leurs patrons. Pendant que j’étais à la MEXA, j’ai essayé d’humaniser davantage la zone franche et je crois avoir pu faire quelque chose dans cette voie.
Et comment avez-vous atterri à la direction du National CSR Commitee en 2015 ?
 C’est Vishnu Lutchmeenaraidoo, alors ministre des Finances, qui m’a proposé de prendre la présidence. Au départ, je pensais qu’il s’agissait de revenir dans le textile et j’aurais dit non parce que je pense qu’il ne faut jamais revenir dans un secteur qu’on a quitté. L’histoire locale nous montre qu’avec l’expérience acquise dans le passé qu’on ne fait pas forcément mieux en revenant dans le même secteur. Donc, il m’a proposé de gérer ce comité national et j’ai dit oui.
À quoi servait ce National CSR Committee qui a été enterré dans le dernier budget du troisième ministre des Finances du gouvernement actuel ?
 Le comité n’a pas été tout à fait enterré, pour reprendre votre expression, puisque le ministre des Finances a annoncé qu’il sera remplacé par une fondation.
Dont on ne connaît les règles de fonctionnement et encore moins ceux qui vont la diriger. Tout cela, pour dire le moins, est très flou !
 C’est vrai qu’il existe un flou autour de cette question. Mais il fallait remplacer le National CSR Committee qui n’a pas de statut légal. J’avais d’ailleurs proposé de créer une agence nationale pour s’occuper de la lutte contre la pauvreté et de tout ce qui concerne l’intégration sociale dans des structures bien définies. J’espère que la CSR Foundation va faire ce travail.
Si le National CSR Committee n’avait pas de statut légal, il faut quand même reconnaître le travail extraordinaire fait, depuis des années, par des centaines d’ONG et de volontaires pour venir en aide à des milliers de Mauriciens, les plus pauvres d’entre nous, dans tous les sens du terme...
 Vous avez raison, ces ONG et ces volontaires ont fait, avec plus de bonne volonté naturelle que de connaissances techniques, un travail extraordinaire à Maurice. Ici on a tendance à ne pas reconnaître ou carrément à sous-estimer la solidité du tissu social soutenu par les ONG. Mais, malheureusement, aujourd’hui dans ce domaine, comme dans d’autres d’ailleurs, la bonne volonté ne suffit plus pour faire avancer les choses. C’est d’ailleurs pour pallier ce manque que j’ai créé, avec l’aide des uns et des autres, une plate-forme en-ligne qui va permettre aux ONG de se faire connaître des compagnies et des individus qui souhaitent leur venir en aide. Il existe à Maurice des individus qui veulent aider financièrement les ONG mais qui ne savent pas où et à qui donner. Cette plate-forme va faire circuler l’information dans les deux sens : celui des projets et celui des donateurs qui peuvent les financer. L’adresse de cette plateforme est www.csrmeetup.org.
Pourquoi avez-vous créé cette plate-forme alors que vous disposiez des réseaux du CSR ?
 J’ai créé cette plate-forme après quelques mois passé au NCSRC où je m’étais rendu compte que chacun avait sa petite ONG, sa fondation, ses contacts. Les ONG qui gravitaient autour étaient tranquilles, pouvaient obtenir leurs budgets, mais les autres, les moins connues, devaient continuer à aller frapper aux portes ou organiser des quêtes sur les rues pour financer leurs projets. J’ai trouvé qu’il fallait faire quelque chose pour elles, pour leur permettre de faire leur travail dans de meilleures conditions, d’où l’idée de la plate-forme. Cette année et demie passée au sein d’un comité national sans guidelines m’a permis de mieux comprendre le tissu social mauricien et la contribution des ONG à son maintien en bon état.
Le fonctionnement de l’administration du CSR n’a pas toujours fait l’unanimité chez les ONG. On se souvient d’avoir entendu dire que le comportement et le langage des employés chargés de faire fonctionner ce fonds étaient inacceptables...
 Je ne peux pas répondre pour ce qui s’est passé avant moi dans le secteur du CSR. Quand Rama Sithanen a mis en place le CSR, c’était dans un contexte précis et depuis les choses ont évolué. Les entreprises payaient 15% d’impôts et après elles devaient donner 2% deleurs profits, c’était comme si on devait jeter un peu d’argent dans un portefeuille. Ce n’était pas sustainable sur le long terme parce que le chiffre d’affaires d’une entreprise n’est pas forcément le même chaque année, ce qui pouvait modifier les sommes allouées pour des projets spécifiques. Il faut que la responsabilité sociale soit intégrée au budget de l’entreprise et que les projets sociaux financés depuis le départ, pas uniquement à partir des profits après taxe. Aujourd’hui les choses ont “évolué” de telle manière qu’on ne voit plus les pauvres, on les a fait disparaître en les envoyant dans les ghettos. Les Mauriciens qui ont des moyens vivent dans des résidences barricadées, ne voient plus les pauvres parce qu’ils ne veulent plus les voir. On ne veut plus leur être confronté, comme c’est aussi le cas avec les handicapés.
Vous avez évoqué les guidelines du CSR qui avaient été annulées. Pour quelle raison ?
 Parce qu’elles étaient trop lourdes administrativement. Les projets et les dossiers traînaient, prenaient un temps fou pour être traités. Tout bon fonctionnaire doit prendre du temps pour vérifier les papiers, les données, voir s’ils sont compatibles avec les règlements, entrent dans un cadre administratif autorisé. Ce sont des procédures qui, au lieu de soulager la misère, ne font que les augmenter, souvent dans de grandes proportions. C’est en tout cas ce qu’on m’a dit. Au risque de choquer certaines personnes, je pense qu’il faudrait deregister le CSR, et laisser aux entreprises et aux personnes la possibilité de donner librement.
Est-ce que le problème du CSR ne réside pas dans la volonté politique, gouvernementale, de vouloir tout contrôler, surtout les dons du secteur privé ?
 Le désir de contrôler fait partie profondément de l’âme humaine. Ce désir de contrôle augmente du fait que l’argent du CSR n’est pas celui de l’État et on multiplie les contrôles pour qu’il soit bien géré. Pour ne pas être critiqué ou attaqué si les choses se passent mal.
Mais en enlevant ces fameuses guidelines, on a tout simplement enlevé les contrôles.
 Oui et non. Sans guidelines, certaines entreprises ont développé des politiques très intéressantes, elles se sont organisées sur trois ans, ont fait des projets sur le long terme...
Alors que d’autres ont profité de l’absence de guidelines pour donner moins ou pas du tout...
 Dans tout système il y aura toujours de mauvaises herbes, mais si le système fonctionne bien, elles s’éliminent d’elles-mêmes. Il y a des firmes qui refilent leurs produits périmés aux ONG, se servent du CSR pour passer dans la presse et la télévision pour faire de la communication.
C’est une exploitation éhontée de la misère et de la pauvreté des Mauriciens...
 C’est vrai. Mais pour certains, toutes les occasions sont bonnes pour faire du PR ! Cela dit, il faut reconnaître que nous avons subi un échec économique mondial et qu’il faut aujourd’hui aller plus vers de l’entrepreneurship social.
En dehors de votre plate-forme, quel est le bilan de votre action en tant que présidente du National CSR Committee ?
 Mais bien sûr que j’ai un bilan qui n’est pas financier avec le nombre de projets financés, etc.
 Mais si vous avez un bilan, pourquoi votre comité national va-t-il être remplacé par une fondation ?
 J’ai dit dès le départ que le comité ne pouvait pas fonctionner dans la mesure, qu’avec l’enlèvement des guidelines nous n’avions plus de statut juridique. Le comité n’avait pas de budget, n’était en fait qu’un sous-comité au sein du ministère des Finances, avec deux personnes pour débloquer les projets au fur et à mesure. Avec ce manque de moyens, je voulais me concentrer sur l’élaboration d’une politique mais j’ai été obligée de faire de l’opérationnel. Malgré tout, j’ai réussi à faire concevoir cette plate-forme qui va permettre, je le souhaite en tout cas, aux personnes de réaliser que ce n’est pas parce qu’on est petit qu’on doit toujours se mettre dans la situation de celui qui tend la main.
Dans le discours du ministre des Finances pour le budget, on lit que « la fondation est créée pour plus de transparence et une meilleure utilisation des fonds du CSR, dont des millions ne sont pas utilisés et reviennent dans les caisses de l’État. » C’est vrai ?
 Oui, mais parce que les gens ne savent pas comment fonctionne le CSR, sauf les ONG très organisées. Il y a eu des abus, certes. Mais au-delà de tout cela, il y a de multiples projets qui sont en cours à Maurice animés par des personnes qui ne savent pas ce qu’il faut faire pour obtenir un budget CSR. Il y a eu des compagnies qui ne donnaient pas.
On a aussi dit que les fonds du CSR bénéficient plus aux organisations évoluant dans le giron des églises chrétiennes très bien organisées...
 Mais les entreprises ont une tendance naturelle et logique à soutenir des ONG connues, organisées, qui savent comment écrire et défendre un projet. Il est certain qu’un projet bien présenté, bien écrit va plus retenir l’attention qu’un autre gribouillé, avec une très bonne idée parfois, mais mal présentée. On a suffisamment dénoncé l’amateurisme à Maurice pour ne pas tomber à bras raccourci sur ceux qui travaillent de manière professionnelle.
 Il y avait donc des raisons objectives pour fermer le National Committee du CSR. Mais est-ce qu’on est en train de faire ce qu’il faut pour faire fonctionner le secteur CSR ?
 Je ne sais pas. Je trouve qu’on tourne sur le CSR tracking. Ce n’est parce que l’argent est bien dépensé que les choses sont mieux. Je crois qu’il faudrait plus impliquer les entreprises au départ même. Travailler que pour gagner de l’argent et faire des profits est un concept dépassé aujourd’hui.
Allez dire ça aux actionnaires et aux directeurs des compagnies locales !
 Je sais et je leur pose la question : est-ce qu’on vit mieux dans des cages dorées avec barrières en fer barbelé, des chiens et des gardes de sécurité ? Il y a une forte demande mondiale pour revoir notre système, notre mode de vie. À Maurice aussi il faut une remise en cause de notre manière de travailler et je crois qu’il faut inclure la fondation CSR dans cette démarche. Il ne faut pas préempter que la fondation va mal fonctionner. Cela va beaucoup dépendre des personnes qui seront nommées à sa tête. Si elles ont la volonté de changer les choses ou si elles vont se contenter de gérer ce qui existe.
N’est-ce pas inquiétant que ceux qui doivent gérer la fondation, qui entre en fonction le 1er janvier 2017, n’ont pas encore été nommés ?
 Je voudrais être beaucoup plus optimiste que vous. Je crois qu’il y a dans tout cela un problème de communication. Qu’est-ce qu’on veut ? Comment veut-on faire les choses ? Est-ce qu’on a les moyens de ses ambitions ?
Savez-vous à qui vous allez faire le handing over de la présidence du National CSR Committee ?
 Non, je ne le sais pas.
Tout cela ne fait-il pas amateur dans un secteur que l’on affirme vouloir professionnaliser ?
 Je me demande si nos dirigeants sont au courant de la situation sur le terrain. Face à la diminution des fonds, des ONG ont déjà commencé à réduire leurs activités ou à carrément fermer leurs portes. D’autres vont les suivre. Il existe un fort sentiment d’incertitude dans le milieu des ONG — qui, il faut le souligner, ont fait un énorme travail pour aider les plus pauvres de nos concitoyens. Ces ONG se demandent aujourd’hui, avec raison, si cela vaut la peine de continuer. Certaines d’entre elles ne savent pas comment faire pour payer les salaires et les frais de la fin du mois. C’est pourquoi je fais un appel à toutes les entreprises...
Dont certaines ont profité de l’annonce des mesures budgétaires pour diminuer ou stopper carrément leurs dons !
 Certaines l’ont fait. J’ai appelé leurs dirigeants en leur disant de continuer à soutenir les ONG pour éviter que le tissu social ne se déchire, avec les conséquences que l’on peut imaginer. Si les pauvres ne sont pas aidés, si les ONG ne fonctionnent pas, l’incertitude va augmenter et se transformer en tension sociale. Nous n’avons pas eu d’explosion sociale depuis 1999. Est-ce qu’il faut une nouvelle affaire Kaya pour réfléchir sur les conséquences d’un climat social tendu ? Moi, je dis aux entreprises qu’il ne faut pas attendre le CSR pour donner aux ONG qui font un excellent travail sur le terrain. Il faut continuer à financer ces ONG pour leur permettre de continuer leur excellent travail jusqu’à ce que la fondation arrive à se mettre en place. J’espère qu’il y aura une continuité dans le travail commencé par les ONG, et qu’il sera respecté et encouragé par la fondation. En ce qui me concerne, avec ou sans CSR, je vais continuer à aider les ONG, peut-être plus celles qui travaillent avec les handicapés, pour des raisons évidentes.
Vous pensez que la future fondation va permettre une meilleure gestion du secteur et l’épanouissement des ONG et, surtout, de ceux dont elles s’occupent ?
 Il faut donner le temps à cette fondation de commencer à travailler avant de la critiquer. J’espère qu’elle ne va pas faire table rase du passé et tout recommencer à zéro. Car en dépit de tout ce qu’on a pu dire et des critiques justifiées, il y a eu du bon travail accompli par les précédentes institutions et surtout par les ONG, sans qui Maurice n’aurait pas été ce qu’elle est aujourd’hui. Le CSR était, dit-on généralement, mal géré. Mais son budget n’était que de Rs 200 millions, alors que celui de la Sécurité sociale tourne autour de Rs 23 milliards, et dans beaucoup de cas elle a démissionné et son travail est fait par des ONG. Il y a plein de choses à faire dans notre pays dans le domaine de la lutte contre les inégalités. Est-ce que vous savez que les allocations pour les enfants handicapés sont inférieures à celles des enfants “normaux” ? Tant que l’on continuera à considérer la misère et le handicap comme une tare qui relève de la responsabilité des parents ou de l’ONG qui s’en occupe et pas celle de la société dans son ensemble, les choses n’avanceront pas.
Abordons un sujet qui a choqué le monde des ONG. Quel est votre sentiment sur l’affaire Lovebridge dans laquelle un précédent ministre des Finances a alloué la somme de Rs 110 millions des caisses de l’État à une ONG pour un projet pilote ?
 I beg to differ. J’étais dans le comité qui a pris cette décision. Cette somme ne venait pas des caisses de l’État. C’était l’argent du secteur privé qui n’avait pas été utilisé et qui avait été retourné à la Mauritius Revenue Authority. J’avais demandé que cette somme soit allouée aux ONG mais je n’avais pas de projets à présenter alors que celui de Lovebridge, qui doit se juger dans le long terme, était prêt.
Alors que des dizaines d’ONG vont fermer faute de moyens financiers, Lovebridge a eu Rs 110 millions des fonds de l’État. Et qui plus est, elle n’a pas pu les dépenser et a placé Rs 96 millions en banque pour obtenir des intérêts, et ça ne vous choque pas ?
 Moi, je considère plus le projet Lovebridge sur le long terme et qui va apporter une révolution sociale à Maurice. Dans le secteur des ONG, il y a plein de contradictions. Pour moi c’en est une. La fondation va avoir un budget de Rs 500 millions à gérer, j’espère qu’on ne va pas lui taper dessus.
Merci d’apporter de l’eau à notre moulin. La fondation qui va gérer l’ensemble du secteur ONG aura Rs 500 millions et une ONG a eu Rs 110 millions pour son projet ! Comment doit se sentir la toute petite ONG, tout à fait au bas de l’échelle du CSR, qui n’aura pas les dizaines de milliers de roupies nécessaires pour éviter sa fermeture ? Et les bénéficiaires des actions des ONG, est-ce qu’on pense à eux dans tout ça ? Que vont-ils devenir ?
 Là, je suis d’accord avec vous. Trop souvent on oublie de penser à ceux qui bénéficient directement et durablement de l’action, du travail des ONG. Comme je vous l’ai déjà dit, elles contribuent pour beaucoup à maintenir en place le tissu social de Maurice. Sans elles et sans les moyens de continuer leur travail, je redoute une explosion sociale. J’ai rencontré l’association des comptables, les responsables des trusts et des fondations au cours de mon mandat. Je voudrais qu’ils donnent au-delà de ce qu’ils sont obligés de donner. Je voudrais que les projets des ONG ne soient pas considérés seulement pour satisfaire les règlements financiers imposés par le gouvernement, mais qu’ils soient considérés au-delà. Je voudrais que les entreprises soient partie prenante des projets avec la responsabilité de soutenir les bénéficiaires, même si on change les données en cours de route.
Est-ce que ce discours est compris, accepté par les entreprises ?
 Il a été entendu. Je ne sais pas s’il a été accepté. Je dis aux entreprises de ne pas oublier que les bénéficiaires des projets ONG, ce sont leurs prochains clients et qu’ils sont capables de réfléchir et de soutenir ceux qui leur sont venus en aide. On ne respecte pas assez la dignité du pauvre. Tant qu’on ne reconnaîtra pas la dignité humaine de la personne pauvre, on gardera toujours cette espèce de condescendance qui n’aide pas à établir des relations de confiance. Il faut regarder les pauvres de manière différente, humaine. Je dis également qu’on ne met pas assez l’accent sur les bénéficiaires des projets. Il faut certes parler des projets et des ONG, mais ne pas oublier que tout cela est fait pour l’amélioration des conditions de vie des bénéficiaires.
Avez-vous eu les moyens de faire fonctionner le comité que vous présidiez ?
 Je vous ai déjà dit que j’avais un staff réduit au minimum. Je n’ai pas eu beaucoup d’argent et d’un côté ça m’a libérée en m’obligeant à faire autre chose. La plate-forme, en l’occurrence. Mais il faut également se dire que l’argent n’est pas tout dans la vie et même dans le secteur des ONG. Les meilleurs projets ne sont pas ceux qui sont lourdement financés.
Que souhaitez-vous dire en quittant la présidence du National CSR Committee ?
 Que je pars sans amertume et ayant fait ce que je pouvais en fonction des moyens dont je disposais. Je voudrais également dire que cette année et demie aura été riche en expérience humaine. Je savais qu’il y avait des gens pauvres à Maurice, mais il ne m’était pas arrivé de partager un moment de leur quotidien. Et je peux vous dire que ce moment de partage change votre regard sur le monde, la vie et votre rôle dans la société. Pour terminer, je rappelle que j’avais suggéré la création d’une agence pour s’occuper de l’ensemble des activités CSR. Le gouvernement a préféré créer une fondation. J’espère qu’il a fait le bon choix.